Blog du Bio


Environnement

La loi Grenelle 2 adoptée à l'Assemblée Nationale

Adoption Loi Grenelle 2Le Parlement a adopté le 29 juin 2010, une dernière fois, le projet de loi Grenelle 2 qui détaille les grands engagements pris dans le Grenelle 1, sur l'isolation des bâtiments, l'agriculture bio, la mobilité urbaine ou encore la protection des espèces et des écosystèmes.

L'opposition (le PS, les Verts et le PCF) ont voté contre, car comme nombre d'ONG, elle déplore que le "new deal écologique" annoncé en octobre 2007 par le chef de l'Etat ait perdu beaucoup de son ambition et de son éclat. Avec les propos de Nicolas Sarkozy au Salon de l'Agriculture - "l'environnement, ça commence à bien faire" - on craint un manque de portage politique au moment de la territorialisation du texte, car au-delà du contenu du texte, les interrogations portent sur sa déclinaison concrète puisque selon le ministère, quelque 190 décrets doivent maintenant être rédigés pour assurer sa mise en oeuvre complète.

La secrétaire d'Etat à l'Ecologie, Chantal Jouanno, reconnaît "un risque évident" de démobilisation. Elle entend d'ailleurs poursuivre à l'automne (Marseille, Lyon...) un "tour de France" entamé il y a plusieurs mois "pour que la population se saisisse du sujet". "En France, quand on a voté une loi, on ne s'intéresse absolument pas à sa mise en oeuvre, on a l'impression que le boulot est fait, ce qui, dans le domaine de l'environnement, est encore plus faux qu'ailleurs", met-elle en garde.

Mesure emblématique de ce Grenelle : les trames verte (sur terre) et bleue (sur l'eau), sorte de maillage d'espaces naturels qui doit permettre le développement des écosystèmes ou le déplacement des espèces, ont subi un coup de rabot de dernière minute. Par exemple, le vocabulaire a certaines fois été changé : les grandes infrastructures (autoroutes et lignes à grande vitesse) n'auront plus à être "compatibles" avec les trames verte et bleue mais se contenter de les "prendre en compte".

"C'est un acquis historique au sens où cela a eu lieu", reconnaît le député Verts Yves Cochet. Cependant, déplore-t-il, une série de décisions ou d'amendements ont "cassé une partie de l'élan" né des groupes de travail de 2007 et le processus s'est "effrité".

Le projet de loi Grenelle 2 adopté mais vidé de son contenu

Grenelle 2Hier, l'Assemblée nationale a adopté le projet de loi Grenelle 2, qui comporte une série de mesures écologiques et environnementales. Les députés socialistes, Verts, communistes et du Parti de gauche se sont prononcés contre le texte qu'ils critiquent notamment pour ses dispositions concernant les éoliennes et les pesticides.

La pression des lobbies de l'énergie, de la chimie, des transports et de l'agriculture l'a emporté face aux écologistes. Ainsi, la taxe sur les poids lourds est reportée à 2012, l'enquête publique pour qu'une centrale nucléaire augmente ses rejets n'est plus nécessaire, les éoliennes sont bridées puisque repoussées à 500 m des habitations et groupées par cinq... La baisse de 50% de l’utilisation des pesticides d’ici 10 ans, n'est plus qu'un rêve puisque le rapport très favorable aux pesticides publié par 2 sénateurs il y a quelques jours a fait autorité : pour retirer de la vente un pesticide, il faudra dorénavant consulter l’Agence française de sécurité sanitaire des aliments et évaluer d’abord les effets socio-économiques et environnementaux, ce qui signifie concrètement que ce sera mission impossible. Pour l'agriculture, il est créé une nouvelle certification Haute valeur environnementale (HVE), pour "les exploitations agricoles utilisant des modes de production particulièrement respectueux de l’environnement" : tout comme "l'agriculture raisonnée", ça ne veut rien dire, et ça décrédibilise l'agriculture biologique.

Un grand gâchis, une entourloupe politique et une manipulation des lobbies, encore une fois...

Début des débats sur la loi Grenelle 2

Du 4 au 7 mai 2010, les députés sont invités à débattre de la loi Grenelle 2...bien écornée comme le dénoncent les ONG ayant pour certaines participé aux travaux d'octobre 2007. L'abandon de la taxe carbone, les déclarations de Nicolas Sarkozy sur l'environnement "qui commence à bien faire" au Salon de l'agriculture, le report à 2012 de l'écotaxe sur les poids lourds, l'autorisation de circuler dès cet été pour les camions de 44 tonnes, les amendements pour limiter le développement de l'éolien, la remise en cause de l'objectif de division par deux des pesticides d'ici 2018 par l'Office parlementaire d'évaluation des choix scientifiques et technologiques : ça fait beaucoup... Les lobbies (agriculteurs, transporteurs routiers, industriels) sont actifs et ils obtiennent malheureusement des résultats.

Vincent Feltesse, Alain Rousset, Philippe Plisson, Noël Mamère publient une Lettre ouverte à Jean-Louis Borloo, dans le Monde, dans laquelle ils dénoncent "les amendements du rapport Ollier (qui) viennent insidieusement, mais très directement, menacer la filière industrielle française de l'éolien. Dans un contexte économique dégradé, c'est une perte potentielle inestimable en termes de nouveaux emplois" en accusant "c'est l'intérêt bien compris des groupes de pression des énergies fissile et fossile, qui encourage de tels amendements". Ils invitent les parlementaires à plus de discernement : "D'un point de vue purement économique, le débat stérile entre les "pour" et les "contre" mérite d'être dépassé. Ne séparons plus la pensée de l'écologie et celle de l'économie. Envisageons-les ensemble et dans le même temps. Que les autorités cessent cette déplorable confusion des discours. Qu'elles octroient à leurs objectifs ambitieux les moyens correspondants, au lieu de se rendre complices de leur désaveu". Ils en appellent à Jean-Louis Borloo : "l'ensemble des restrictions du rapport Ollier conduira à rendre quasi impossible la création de parcs éoliens".

Outre l'éolien, d'autres dossiers font l'objet de controverses :
- plan local d'urbanisme (PLU) intercommunal : les maires de droite et de gauche s'y opposent,
- division par deux des pesticides d'ici à 2018 : la FNSEA est contre,
- la "prise en compte" de la biodiversité par les documents d'urbanisme n'est pas un niveau de protection suffisant,
- responsabilité sociale et environnementale des entreprises : des indicateurs au niveau des groupes plutôt qu'au niveau des filiales ne seraient pas fiables,
- péages urbains :les tester dans lesvilles de plus de 300.000 habitants ?
- une disposition facilite les rejets radioactifs et chimiques et les prélèvements d'eau des installations nucléaires.

Un rapport parlementaire en faveur des pesticides !

Demandé à l'Office parlementaire d'évaluation des choix scientifiques et technologiques (Opecst) et conduit par le député UMP Claude Gatignol, vétérinaire, et le sénateur UMP Jean-Claude Etienne, professeur de médecine, le rapport parlementaire "Pesticides et santé" publié hier met en garde contre une diminution "trop brutale" de l'utilisation de certains pesticides en France, comme le prévoit le Grenelle de l'environnement et conseille plutôt une simplification de la réglementation ! On croit rêver !!!

Les rapporteurs soutiennent l'utilisation des pesticides car leur usage garantit à l'agriculteur "la sécurité de revenus stables", et au consommateur des produits "accessibles au plus grand nombre", ajoutant à propos des effets sur la santé, que "aucune étude scientifique n'est en mesure aujourd'hui de faire chez l'homme un lien entre la consommation d'aliments issus de l'agriculture conventionnelle qui utilise des produits phytopharmaceutiques et la survenue de maladies".

Le Mouvement pour le droit et le respect des générations futures (MDRGF) a réagi par la voix de François Veillerette, estimant que "Ils passent à côté d'une grande partie du problème", s'interrogeant sur leur manque d'intérêt pour la production intégrée, qui évite au maximum les pesticides, et l'absence de prise en compte d'études montrant des effets sur la santé des populations. Pour lui, plutôt que de simplifier la réglementation, il faudrait "renforcer" la législation.

Ce rapport parlementaire relève de la désinformation et surtout, c'est la preuve encore une fois que le lobby des industries chimiques et des industries agroalimentaires fait pression auprès de nos dirigeants pour faire perdurer son business...

L'appel de 400 scientifiques contre Claude Allègre

Appel des scientifiques contre AllègreDepuis la parution de "L'imposture climatique" de Claude Allègre, qui bénéficie d’une large exposition médiatique (télés, radios, journaux), les climatologues ont refusé de se taire : cette fois ci, ils n'ont pu laisser passer les mensonges d'Allègre aux citoyens, qui usurpe une position d’expert alors qu’il est incompétent et de mauvaise foi... Déjà plus de 400 scientifiques ont donc signé cette lettre ouverte :

Mme la Ministre de la Recherche,
M. le Directeur de la Recherche,
M. le Président de l’Académie des Sciences Mmes et MM. les Directeurs des acteurs de la recherche publique regroupés au sein de l’Alliance thématique AllEnvi (BRGM, CEA, CEMAGREF, CIRAD, CNRS, CPU, IFREMER, INRA, IRD, LCPC, Météo France, MNHN) M. le Président de l’Agence d’Évaluation de la Recherche et de l’Enseignement Supérieur M. le Président du Comité d’Éthique du CNRS.

Nous, scientifiques du climat, attachés au devoir de rigueur scientifique, interpellons les structures référentes de la recherche scientifique française, face aux accusations mensongères lancées à l’encontre de notre communauté.

Un pacte moral relie les scientifiques et la société. Rémunérés principalement par les crédits publics, les scientifiques doivent déployer une rigueur maximale, pour la conception, la réalisation, la publication de leurs travaux. Leurs pairs sont les arbitres de cette rigueur, à travers les processus critiques de relecture, de vérification, de publication des résultats. Les hautes instances scientifiques sont les garants de cette rigueur. C’est sur cette éthique scientifique que repose la confiance que la société peut accorder à ses chercheurs (cf. image de la démonstration par Grudd du trucage de son graphique par Claude Allègre).

Reconnaître ses erreurs fait également partie de l’éthique scientifique. Lorsqu’on identifie, après la publication d’un texte, des erreurs qui ont échappé aux processus de relecture, il est d’usage de les reconnaître, et de les corriger, en publiant un correctif. Ainsi, des glaciologues ont mis en évidence une erreur dans le tome 2 du 4ème rapport du Groupe d’expert intergouvernemental sur Page 1/17 l’évolution du climat («Impacts, Adaptation et Vulnérabilité, chapitre 10 : Asie») concernant le devenir des glaciers de l’Himalaya. En l’absence de procédure formelle d’«erratum», le GIEC a publié son «mea culpa» ( http://www.ipcc.ch/pdf/presentations/himalaya-statement-20january2010.pdf), reconnaissant l’erreur, et soulignant que les processus de relecture du rapport n’avaient pas fonctionné pour ce paragraphe. En cela, le GIEC a respecté la déontologie scientifique.

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Nicolas Hulot claque la porte du Grenelle de l'Environnement

Fondation Nicolas Hulot quitte le Grenelle de l'EnvironnementSuite au report sine die de la taxe carbone, la Fondation Nicolas Hulot a décidé de suspendre sa participation aux groupes de travail menés par le gouvernement dans le cadre des Grenelle de l'environnement et de la mer. Elle l'a expliqué dans un communiqué :

"L'abandon pur et simple de la taxe carbone, alors qu'un processus de concertation était en cours, est symptomatique d'un net recul de la classe politique qui, à droite comme à gauche, n'a pas pris la mesure des enjeux écologiques, et les considère essentiellement comme une variable d'ajustement politique. La prise en compte de l'écologie ne doit pas être opportuniste."

Une lettre ouverte destinée aux 750.000 signataires du pacte écologique, permet à la Fondation Nicolas Hulot d'expliquer sa décision : "Avec le Grenelle de l'Environnement, nous pensions le constat partagé, nous pensions pouvoir nous concentrer sur la recherche de solutions, il n'en est rien. Les mots-clefs des années à venir sont exclusivement la compétitivité, l'emploi, la santé, comme si toutes ces questions ne dépendaient pas profondément de l'état de notre environnement."

La décision n'est pas forcément irréversible puisqu'il s'agit d'une "suspension" mais la Fondation Nicolas Hulot conditionne clairement son retour autour de la table à "des décisions fortes (qui) remettent le développement durable au cœur des politiques publiques." C'est pas gagné quand on voit que Chantal Jouanno, secrétaire d'Etat à l'Ecologie, se fait taper sur les doigts par Sarkozy puis par Fillon parce qu'elle s'est dite "désespérée" de l'abandon de la taxe carbone...

Nanoproduits : l'Afsset reconnait des risques possibles

Martin Guespéreau, Directeur de l'AfssetL'Afsset (Agence française de sécurité sanitaire de l'environnement et du travail) vient de confirmer que l'innocuité des nanotechnologies est loin d'être avérée (structures ou particules dont l'une au moins des dimensions est comprise entre 1 et 100 nanomètres ou milliardième de mètre). Du coup, "le principe de précaution s'impose", selon son directeur général, Martin Guespéreau, qui recommande un étiquetage clair, voire des interdictions. Il présentait hier un rapport sur les risques liés aux nanomatériaux pour la population et pour l'environnement.

Plus de mille produits de consommation courante - raquettes de tennis, crèmes solaires, sel de cuisine, emballages alimentaires, vêtements - peuvent contenir des nanomatériaux. Dans la moitié des cas, il s'agit des nanoparticules d'argent dont les propriétés antimicrobiennes sont exploitées pour des applications très diverses : chaussettes sans odeur, ustensiles de cuisine, pansements, tissus pour les grands brûlés, produits d'hygiène...

A l'échelle des nanoparticule, la matière acquiert des propriétés nouvelles, et la petite taille peut suffire à "changer l'effet" d'une matière, mais trop d'inconnues demeurent sachant que seulement 2% des études publiées sur les nanomatériaux concernent leurs risques éventuels, alors que tout le reste est consacré à leur développement. L'Afsset annonce qu'elle devrait, d'ici deux ans, établir une "grille d'évaluation" permettant un premier classement en fonction des risques.

L'Afsset a passé au crible 4 des 246 produits de consommation avec nanos identifiés sur le marché français : chaussettes "antibactériennes", lait solaire contenant des nanoparticules de dioxyde de titane (Ti02) pour mieux protéger contre les UV, ciment auto-nettoyant au Ti02 pouvant présenter des risques pour les bricoleurs ou professionnels, silice alimentaire nanométrique pour éviter que sel ou sucre en poudre s'agglomère.

Le jugement final est "plutôt sévère pour les chaussettes" qui peuvent avoir "un impact sur l'environnement absolument majeur" à cause du nanoargent disparaissant dans l'eau de lavage et risquant de perturber les stations d'épuration ou certains poissons, selon M. Guespéreau, qui recommande leur interdiction.

"Ne revivons pas le scandale de l'amiante", lance le directeur de l'Afsset en pensant aux salariés exposés.

Une pub choc de Greenpeace pour dénoncer la déforestation

Greenpeace propose une pub choc, "Have a break ?", pour dénoncer l'utilisation d'huile de palme par les géants de l'alimentation, notamment dans les barres chocolatées. En effet, pour produire cette huile, la forêt des îles de Sumatra et de Bornéo est détruite pour être remplacée par des palmiers à huile : l'habitat des singes, des tigres et des éléphants diparait ainsi et les émissions de gaz à effet de serre de l'Indonésie augmentent.

Nestlé - mis en cause dans cette parodie d'une pub Kitkat - a annoncé la rupture de son contrat avec un grand producteur d'huile de palme indonésien et a dit qu'elle s'engageait, d'ici 2015, à utiliser uniquement de l'huile de palme certifiée. Déjà deux géants de l'agroalimentaire, Unilever et Kraft, ont résilié leurs contrats avec les producteurs indonésiens d'huile de palme.

Corinne Lepage démisionne du Modem pour se rapprocher d'Europe Ecologie

Corinne Lepage démissionne du ModemLa députée européenne Corinne Lepage, ancienne ministre de l'environnement et présidente du mouvement écologiste Cap21, a annoncé sa démission du MoDem, dans une interview au Monde.

Elle critique la stratégie de François Bayrou, qui n'entend pas les électeurs et n'a qu'un objectif : l'élection présidentielle. Elle constate que les objectifs initiaux du Modem - dialogue démocratique moderne et ouvert sur la société et développement soutenable - ne sont pas atteints, donc elle en tire les conclusions. Elle reste une défenseuse acharnée d'un "projet écologique et démocrate", et ajoute que "dans cet esprit, je suis bien entendu tout à fait ouverte à travailler avec Europe Ecologie".

Une décision qui semble assez logique et qui était devenue évidente depuis quelque temps...

Incertitudes sur la création de la taxe carbone

Hier, le ministre du budget, Eric Woerth, a déclaré : "La taxe carbone, elle se fera selon le rythme qui conviendra à la compétitivité du pays". Pourtant, la "contribution climat énergie" doit toujours entrer en vigueur le 1er juillet 2010. Sarkozy l'avait réaffirmé juste après la censure de la loi par le Conseil constitutionnel, et le ministre de l'écologie, Jean-Louis Borloo vient encore de le rappeler...

Comme cette mesure est loin de faire l'unanimité dans la majorité, que le chef de l'Etat avait depuis écarté toute entrée en vigueur sur le territoire français avant la mise en place d'une taxe carbone aux frontières de l'Europe, on se demande si la taxe carbone va vraiment aboutir...

Pour entrer en vigueur à la date prévue, la taxe carbone doit être présentée en conseil des ministres dans les toutes prochaines semaines et passer devant le Parlement en juin. Le délai semble bien court.

Encore une mesure très médiatisée qui va mourir dans l'oeuf ?!

Sarkozy enterre le Grenelle de l'environnement pour les agriculteurs

Sarkozy au Salon de l'agriculture 2010Alors qu'il se rendait au Salon International de l'Agriculture, samedi 6 mars 2010, Nicolas Sarkozy a promis aux agriculteurs de "changer les méthodes de mise en oeuvre des mesures environnementales". Visiblement, il n'a donc aucun scrupule à enterrer le Grenelle de l'Environnement pour essayer de gagner quelques voix chez les agriculteurs à la veille des élections régionales... Décidément, ces politiques n'ont aucune morale.

Jean-Louis Borloo, ministre de l'écologie, se veut rassurant et parle d'un "problème de paperasse et de modalités qu'il faut revoir". Bruno Le Maire, ministre de l'agriculture, refuse de parler "de remise en cause du Grenelle", il préfère indiquer qu'il faut "prendre en compte les difficultés des agriculteurs face aux règles environnementales". Ah la langue de bois, ce langage des politiques auquel nous sommes bien hermétiques en tant que citoyens !

Sarkozy voudrait bien repousser une des principales mesures du Grenelle de l'environnement qui est de diviser par deux l'usage des pesticides d'ici dix ans. Pascal Ferey, chargé des questions d'environnement à la FNSEA (syndicat classé à droite) se réjouit de ce recul : "Financièrement, je ne sais pas, mais psychologiquement, ça compte. On voit que nous perdons du terrain par rapport à nos voisins, et que la France fait la course en tête sur beaucoup de sujets environnementaux." Il cite les périmètres de protection de captages d'eau potable, la couverture des sols obligatoire en hiver d'ici à 2012, la taxe carbone (dont les agriculteurs sont exonérés à 75 %), les coûts de transports, et surtout le retrait de produits chimiques autorisés chez certains voisins, comme l'Espagne ou les Pays-Bas. Selon la FNSEA, la suspension des pesticides jugés toxiques pour les abeilles a coûté à la filière des plants maraîchers 8 % de son chiffre d'affaires.

Philippe Collin, porte-parole de la Confédération paysanne (syndicat classé à gauche), n'est pas du tout d'accord : pour lui, "les mesures environnementales et les difficultés économiques des agriculteurs ne sont absolument pas liées. C'est un problème de marché." Quant à la distorsion de concurrence sur les produits chimiques, elle devrait être réglée par une harmonisation "par le haut" au niveau européen. Il s'agit d'une "manoeuvre électoraliste" de Sarkozy.

La simplicité volontaire contre le mythe de l'abondance de Paul Ariès

La simplicité volontaire contre le mythe de l'abondanceLa simplicité volontaire contre le mythe de l'abondance de Paul Ariès est sorti le 3 février 2010 (La Découverte). Militant écologiste, rédacteur au journal La Décroissance, directeur du journal Le Sarkophage, Paul Ariès fut l’un des organisateurs du Contre-Grenelle de l’environnement à Lyon le 6 octobre 2007. Il fut témoin au procès de José Bové. Il a déjà publié "Apprendre à faire le vide : pour en finir avec le “toujours plus”" (Milan, 2009), "La décroissance : un nouveau projet politique" (Golias, 2007), "Le Mésusage : essai sur l’hypercapitalisme" (Parangon, 2007).

Longtemps les gauches se sont crues en pays de cocagne : il fallait toujours faire croître le gâteau (PIB) avant de pouvoir le répartir plus équitablement. Il est maintenant évident qu’il n’est pas possible d’avoir une croissance infinie dans un monde fini. L’enjeu est donc d’apprendre à vivre beaucoup mieux avec beaucoup moins. La crise est l’occasion de démentir tous ceux qui rêvaient d’une société d’abondance. Apprenons à devenir des "partageux" !

Paul Ariès pulvérise avec brio les idéologies du progrès et de la croissance qui continuent à coloniser notre imaginaire. À partir d'un (re)lecture systématique de tous les courants des gauches (socialiste utopique, libertaire, chrétien, marxiste officiel et hétérodoxe), il revient sur le combat qui oppose depuis deux siècles gauches productiviste et antiproductiviste. L'effondrement environnemental peut être une chance pour inventer une gauche antiproductiviste et optimiste. Il montre également comment l'histoire sociale a été truquée : les milieux populaires ont toujours été antiproductivistes.

L'enjeu est de réinventer l'avenir autour de l'idée de gratuité. Pourquoi payer son eau le même prix pour faire son ménage et remplir sa piscine privée ? Pourquoi payer son énergie le même prix pour une consommation normale et un gaspillage ?

Yvo de Boer, Mr climat de l'ONU, démissionne

Yvo de Boer à BaliYvo de Boer est le plus haut responsable de l'ONU pour le climat et il démissionne 2 mois après l'échec du sommet de Copenhague, et au moment où les démêlés du Groupe intergouvernemental d'experts sur l'évolution du climat (Giec) font l'actualité. Secrétaire exécutif de la Convention de l'ONU sur les changements climatiques (UNFCCC) depuis quatre ans, Yvo de Boer quittera son poste le 1er juillet 2010, cinq mois avant la prochaine conférence climat qui doit avoir lieu dans la station balnéaire de Cancun, au Mexique.

Ce néerlandais de 55 ans était un personnage central des conférences climat. Il rejoindra le groupe de conseil KPMG. Alors que son mandat expirait en septembre et que son secrétariat soulignait, il y a quelques semaines, qu'il escomptait bien être reconduit à l'automne, cela peut paraitre surprenant.

Pour Wendel Trio, de Greenpeace International, la démission de M. de Boer démontre avant tout à quel point son poste est "extrêmement difficile" : "Tout ce qui s'est passé à Copenhague avec la présence de 128 chefs d'Etat avait créé d'énormes attentes et les regards étaient braqués sur le secrétaire général de l'UNFCCC pour qu'il obtienne un résultat", souligne-t-il.

On s'interroge sur qui sera nommé, par le secrétaire général de l'Onu Ban Ki-moon, comme successeur d'Yvo de Boer... Pas facile... Un négociateur européen fait remarquer qu'"il n'y a eu jusqu'ici (à la tête de l'UNFCCC) que des gens du Nord, il est probable et souhaitable que ce soit quelqu'un du Sud", ajoutant que le véritable problème actuel des négociations climat est en réalité "un manque cruel d'impulsion politique".

"Aujourd'hui, la question est de savoir qui pilote, qui donne le la".

Copenhague : tout ça pour ça...

Les vingt-sept chefs d'Etat ou de gouvernement viennent de se mettre d'accord sur un "Accord de Copenhague", dont le statut juridique n'est pas clair, car il n'est pas signé donc n'est pas un traité. Tout ça pour 3 pages loin d'être à la hauteur des attentes que la conférence avait soulevées.

Le texte affirme la nécessité de limiter le réchauffement planétaire à 2°C par rapport à l'ère préindustrielle, mais ne comporte aucun engagement chiffré de réduction des émissions de gaz à effet de serre, se contentant de prôner la "coopération" pour atteindre un pic des émissions "aussi tôt que possible". Le "but de mobiliser 100 milliards de dollars par an en 2020" y figure mais sans aucune obligation. La prorogation du protocole de Kyoto au-delà de 2012 n'est pas prévue.

Les Etats-Unis et les grands pays émergents n'ont aucune contrainte forte. Heureusement, l'accord prévoit un financement à brève échéance de 30 milliards de dollars (21milliards d'euros) pour aider les pays pauvres et valide le mécanisme de lutte contre la déforestation REDD-Plus (pour Reducing Emissions from Deforestation and Degradation). Le texte prévoit que les pays communiqueront "tous les deux ans" les actions de réduction des émissions qu'ils entreprennent, ce qui va vers une participation à un régime général de réduction des émissions, mais cela reste volontaire et sans contrôle...

Le texte abandonne la philosophie du protocole de Kyoto, qui posait une contrainte de réduction des émissions de gaz à effet de serre à ses participants. La Chine et les Etats-Unis ont négocié jusqu'au bout, ce qui a mis de côté l'Union européenne.

Finalement, la conférence des Nations unies "prend note" de l'accord de Copenhague, mais ne l'entérine pas : les pays favorables et les pays opposés seront listés en annexe de l'accord. Selon Alden Meyer, directeur de l'Union of concerned scientists cité par l'AFP, le fait de "prendre note" "donne un statut légal suffisant pour rendre l'accord opérationnel sans avoir besoin de l'approbation des parties". Quelle absurdité !

Nouveau logo bio européen : choisissez le !

Le nouveau logo bio européen entrera en vigueur le 1er juillet 2010. En attendant, vous pouvez participer à son choix en votant pour celui que vous préférez, du 8 décembre 2009 au 31 janvier 2010. Ce nouveau logo officiel figurera sur les produits alimentaires bio préemballés produits dans l’Union européenne. Il restera facultatif pour les denrées alimentaires importées.

Les 3 logos proposés au vote en ligne ont été pré-sélectionnés suite au grand concours auquel ont participé plus de 3 400 étudiants en art et en design des 27 Etats membres de l’Union européenne :

Logo bio européen

La mention "bio" ou "biologique" sur l’étiquetage doit toujours être accompagnée de la référence à l’organisme ayant certifié le produit conformément au règlement, sous la forme de son numéro de code attribué par l'Etat Membre. Le logo bio européen figurera à côté des autres mentions obligatoires informant qu’il s’agit d’un produit bio certifié par un organisme certificateur agréé en France par les Pouvoirs publics pour son indépendance, sa compétence et son impartialité. Il doit être distinctif et attractif pour tous les pays de l’Union européenne, facilement reconnaissable et reproductible.

Le logo communautaire a pour objectif de permettre aux consommateurs d'identifier, avec certitude, des produits contenant au moins 95% d'ingrédients bio (hors eau et sel), la part restante n'étant pas disponible en bio et expressément autorisée.

"Par ce vote en ligne, la Commission entend garantir que le logo choisi plaise au plus grand nombre. Cette procédure de sélection ouverte répond en outre à un objectif plus ambitieux, celui de sensibiliser l'opinion à l'importance du secteur de l'agriculture biologique", a déclaré Mariann Fischer Boel, membre de la Commission chargé de l’agriculture et du développement rural.

Le nouveau logo doit représenter l'UE tant à l'intérieur qu'à l'extérieur de ses frontières. Il doit être facile à identifier et pouvoir évoquer l'UE et l'agriculture biologique sans contenir le moindre mot ni le moindre sigle.

Les logos nationaux, telle la marque AB en France, ainsi que les logos privés pourront toujours être utilisés. La marque AB répond aux mêmes conditions d’utilisation que le logo communautaire mais est également utilisable sur les productions non encore couvertes par la règlementation communautaire mais par une règlementation nationale (lapins, autruches, escargots, aliments pour animaux de compagnie).

Copenhague : 1200 limousines, 140 jets privés et des prostituées gratuites

HopenhagenDans le Daily Telegraph, Andrew Gilligan a publié un article le 5 décembre 2009 intitulé "Sommet sur le climat de Copenhague : 1200 limousines, 140 jets préivés et des toasts de caviar". On y apprend des choses étonnantes et totalement incohérentes avec l'objectif du sommet, ce qui laisse à penser que ce rassemblement est une vaste fumisterie dont uniquement les déplacements des participants vont produire 41.000 tonnes d'équivalent CO2, soit la quantité produite au cours de la même période par une ville de la taille de Middlesbrough (140.000 habitants).

La plus grande société de location de limousines de Copenhague dispose de 12 véhicules, mais pour répondre aux besoins du sommet, elle en aura 200 qu'elle fera venir d'Allemagne et de Suède. Au total, 1200 limousines seront présentes dans la ville de Copenhague, dont 42 pour la France, alors que seulement 5 voitures électriques seront recensées...

L'aéroport de Copenhague attend, lui, 140 jets privés supplémentaires, ce qui est bien au delà de sa capacité. Du coup, les avions devront aller se garer dans les aéroports régionaux ou en Suède pour revenir à Copenhague uniquement pour chercher leurs passagers !

Au niveau des hommes, 15.000 délégués et fonctionnaires, 5000 journalistes et 98 dirigeants du monde, sont attendus dans la capitale danoise, dont des stars comme Leonardo DiCaprio, Daryl Hannah, Helena Christensen, l'archevêque Desmond Tutu ou le prince Charles. Les hôtels haut de gamme afichent tous complet (£ 650 la nuit) et proposent des menus spéciaux pour la Convention sur le climat avec coquilles Saint-Jacques, foie gras et toasts de caviar.

Et les prostituées "rebondissent" sur cette conférence mondiale : n'ayant pas apprécié une carte postale du Conseil invitant les délégués à "être durable et à ne pas acheter de sexe", le syndicat local des travailleurs du sexe a annoncé que ses 1400 membres offriront une passe à toute personne se présentant avec un pass de délégué à la conférence sur le climat !

Pour se rassurer, sachez que Copenhague est une ville habituellement remplie de bicyclettes, avec des bâtiments anciens rénovés pour être économes en énergie, et semble incarner un modèle de vie civilisée à faible production de CO2 !

Greenpeace s'invite au débat sur Copenhague à l'Assemblée Nationale

Greenpeace envahit l'Assemblée NationaleDes militants de Greenpeace ont envahi l'Assemblée Nationale qui débatait de la conférence de Copenhague, qui doit commencer le 7 décembre 2009. Déjà, à la mi-journée, plusieurs militants avaient brièvement investi le toit de l'Assemblée nationale. Le ministre de l'Ecologie, Jean-Louis Borloo, venait de terminer son intervention, quand les militants assis parmi le public dans les tribunes, ont retiré leurs vêtements pour exhiber des tee-shirts noirs où l'on pouvait lire "Greenpeace" et ont arboré des banderoles jaunes indiquant "Aux actes, monsieur le président".

Une militante a même réussi à descendre dans l'hémicycle au niveau des travées des députés UMP, grâce à une corde. Elle a été évacuée sans tarder, tout comme les autres manifestants et l'ensemble du public.

Les députés Verts Noël Mamère et Yves Cochet ont applaudi l'initiative des militants de Greenpeace. Les députés UMP et Nouveau Centre n'ont pas lésiné sur les insultes à leur égard : "complicité", "voyous", "fascistes"... Ils ont aussi dénoncé "l'indulgence" du patron des députés PS, Jean-Marc Ayrault, vis-à-vis des Verts. Il faut savoir que les tickets pour les tribunes du public sont attribués via les députés.

A l'extérieur de l'hémicycle, les manifestants ont fait l'objet de fouilles et de vérification d'identité par les gardes républicains.

Selon Greenpeace, "Copenhague n'a pas droit à l'échec. Aujourd'hui, rien n'est perdu. Toutes les options sont sur la table".

Pas de financement de la lutte contre le changement climatique pour le G20

G20 et réchauffeùment climatiqueLe G20 ne s'est pas mis d'accord sur le financement de la lutte contre le changement climatique, hier à Saint Andrews, en Ecosse. Ils devaient s'entendre pour accorder des financements aux pays les plus pauvres, pour les aider à réduire leurs émissions de gaz à effet de serre. Malheureusement, le G20-Finances n'a fait qu'une promesse de "travailler en vue d'un accord ambitieux à Copenhague"...

L'Union européenne a chiffré à 100 milliards d'euros par an entre 2013 et 2020 le surcoût de cette "révolution verte" pour les pays en développement, une somme qui serait financée en partie par ces Etats, mais aussi par des aides publiques des pays développés, et par les marchés de quotas de CO2. Mais elle s'est pour l'instant bien gardé de s'engager sur sa propre contribution à ce fardeau.

Selon plusieurs pays, ce problème devrait être débattu ailleurs, notamment entre tous les participants à la conférence de Copenhague, tout comme les objectifs de réduction des gaz à effet de serre, toujours objet de vifs débats. Certains pays proposent la création de contributions spécifiques à certaines industries polluantes, comme le transport aérien et maritime ; d'autres refusent.

"Ce groupe peut déverser de l'argent aux banques qui font faillite, mais est incapable de trouver les sommes nécessaires pour résoudre le défi encore plus grand pour l'économie mondiale du réchauffement climatique", a regretté de son côté Richard Dixon, directeur du WWF Ecosse.

Après l'échec des discussions de Barcelone, la conférence de Copenhague semble décidément très mal partie...

La conférence de Copenhague va vers l'échec

Négociations de BarceloneParvenir à un nouvel accord international sur la lutte contre le réchauffement climatique à Copenhague semble s'évanouir car les discussions de Barcelone - ultime session de négociations - qui s'achevaient vendredi n'ont pas permis d'avancer. Les délégations africaines présentes à Barcelone ont même boycotté le début de certaines discussions.

Au départ, la conférence de Bali, en 2007, il s'agissait de parvenir en 2009 à un accord censé donner une suite au protocole de Kyoto, qui arrive à expiration en 2012. Du 7 au 18 décembre 2009, la conférence de Copenhague, doit donc prolonger le premier texte international organisant la lutte contre le réchauffement climatique.

Malheureusement, les dirigeants politiques et les représentants de l'Onu ne veulent pas signer de texte juridiquement contraignant, préférant se mettre d'accord sur un accord politique fort. La fracture entre pays riches et pays pauvres est très marquée. Les Etats-Unis sont dans la ligne de mire des critiques.

"Les réductions (d'émissions) que les pays industrialisés ont mis sur la table sont à la limite basse des ambitions, à peine quelques points de pourcentage de plus que les engagements qu'ils avaient pris dans le cadre de l'accord originel de Kyoto", constate Bill Hare, scientifique de l'Institut Potsdam, un centre de recherches allemand.

Les négociations sur les réductions des émissions de gaz à effet de serre n'ont commencé que mercredi, avec quarante-huit heures de retard. "Parvenir à des progrès significatifs à Barcelone n'était probablement pas possible, du fait de ce contretemps, du fait de la perte de ces deux jours pour tenter d'arriver à une solution", reconnaît John Ashe, qui préside ces pourparlers.

Copenhague s'annonce déjà comme un échec... Maisil est encore temps de signer la pétition "ultimatum climatique" qui s'est fixé l'objectif de recueillir un million de signatures d'ici au 18 décembre 2009, dernier jour du sommet de Copenhague.

Les guerres du climat de Harald Welzer

Les guerres du climat de Harald WelzerHarald Welzer, psychosociologue allemand, vient de sortir un livre "Les guerres du climat", dans lequel il montre que l'inexorable dégradation de l'environnement et la baisse des ressources mondiales vont conduire à une multiplication des catastrophes sociales.

A force, le constat, par sa lucidité, est devenu un lieu commun : le modèle occidental d'exploitation des ressources naturelles arrive à sa limite ; les ressources vitales s'épuisent dans des régions de l'Afrique, de l'Asie, de l'Europe de l'Est, de l'Amérique du Sud, de l'Arctique et des États insulaires du Pacifique. Dans un magistral essai de configuration de notre avenir, nourri des enseignements tirés de situations historiques passées mais analysées dans leur spécificité respective, Harald Welzer jette un regard pour ainsi dire clinique et tire la conclusion de cette situation avérée : de plus en plus d'hommes disposeront de moins en moins de bases pour assurer leur survie. Des conflits violents opposeront tous ceux qui prétendront se nourrir sur une seule et même portion de territoire ou boire à la même source en train de se tarir. Bientôt la distinction entre les réfugiés fuyant la guerre et ceux qui fuiront leur environnement, entre les réfugiés politiques et les réfugiés climatiques, ne sera plus pertinente tant se multiplieront des guerres nouvelles générées par la dégradation du milieu. Les guerres induites par le climat seront la forme directe ou indirecte de la résolution des conflits du XXIe siècle et la violence est promise à un grand avenir : l'humanité assistera non seulement à des migrations massives, mais à des solutions violentes aux problèmes des réfugiés ; à des tensions dont l'enjeu sera les droits à l'eau et à l'exploitation, mais aussi à de véritables guerres pour les ressources ; à des conflits religieux comme à des guerres de convictions.

Harald Welzer est directeur de recherches en psychologie sociale à l'Université Witten/Herdecke et directeur du Centre de recherche inter- disciplinaire sur la mémoire à Essen. Il est l'auteur de Les exécuteurs. Des hommes normaux aux meurtriers de masse (Gallimard, 2007).

Les revenus d'un député Verts, François de Rugy

François de RugyFrançois de Rugy, député Les Verts, a dévoilé le montant de ses revenus (6.088 euros) et l'utilisation qu'il fait de son indemnité de frais de mandat (5.838 euros), pour être dans une dmarche de "transparence totale".

Il a expliqué toucher 5.261,01 euros par mois net d'indemnité parlementaire, un revenu auquel il ajoute 676 euros d'indemnité comme membre du bureau de l'Assemblée nationale, 945 euros comme conseiller communautaire de Nantes métropole et 501 euros comme administrateur dans deux organismes dans lesquels il représente Nantes Métropole. Il perçoit ainsi, une fois retiré 1.295 euros qu'il verse à son parti, Les Verts, un revenu mensuel net de 6.088 euros.

Il perçoit aussi mensuellement environ 5.838 euros d'"indemnité représentative de frais de mandat", non imposable. Même si "rien ne contraint les parlementaires à rendre compte" de l'utilisation de ces frais de mandat, le député établit le détail de ses dépenses : en moyenne annuelle entre 2007 et 2009, 39% de l'indemnité a été affectée à "la communication et information citoyenne" (2.150 euros par mois) ou encore 31% à sa permanence (1.850 euros par mois pour un local de 80 m2 au centre ville de Nantes).

François de Rugy bénéficie aussi comme député d'un crédit de 9.093 euros par mois pour rémunérer son conseiller parlementaire, son assistante parlementaire de circonscription et son assistant parlementaire à l'Assemblée nationale.

Il a affirmé utiliser uniquement le TGV pour ses déplacements à Paris (gratuité du réseau SNCF pour les députés) et n'avoir pris que trois fois l'avion depuis 2007 aux frais de l'Assemblée (alors qu'un député a droit chqaue année à 6 aller et retour pour une destination de son choix en métropole, et 40 aller et retour vers sa circonscription).

Avant lui, un autre député, Jean-Jacques Urvoas (Finistère) avait dévoilé ses revenus, mais s'était un peu pris les pieds dans le tapis...

Manifestations mondiales pour la journée du climat

Manifestations Journée pour le climatHier, samedi, le mouvement 350.org, organisateur des manifestations visant à mobiliser l'opinion publique mondiale sur le problème du réchauffement climatique, cinq semaines avant la conférence de Copenhague, a réussi à mobiliser des milliers de manifestants de Sydney à New York en passant par Paris, Londres, Berlin ou Madrid. La conférence de Copenhague, considérée comme cruciale, est destinée à établir un nouveau traité international sur le climat pour remplacer le Protocole de Kyoto qui expire en 2012.

Ils ont déployé des banderoles avec le nombre "350", allusion à la concentration de CO2 dans l'atmosphère : 350 parties par million (ppm), un chiffre à ne pas dépasser pour éviter un réchauffement climatique ingérable, disent certains scientifiques.

Des protestataires ont formé sur les marches de l'Opéra de Sydney le même nombre 350 avec leurs corps, tandis que les cloches de la cathédrale ont retenti 350 fois. A Londres plus de 600 personnes se sont rassemblées aux abords de la Tamise pour former le chiffre 5. Une photo aérienne de ce rassemblement sera ajoutée aux autres rassemblements qui ont formé ailleurs dans le monde les chiffres '3" et "O" afin d'écrire le nombre 350, a indiqué à l'AFP une porte-parole de l'organisation "Campaign against Climate change". A New York, une centaine de militants se sont rassemblés sous une pluie fine en brandissant des pancartes plastifiées sur lesquelles était inscrit le chiffre 350. Certains portaient des scaphandres "de survie", plusieurs écrans géants transmettaient des images du monde entier. A Paris, les manifestants deux cents personnes ont choisi un autre symbole : ils ont fait sonner leurs téléphones portables et de gros réveils à 12H18 précises, pour faire référence au jour de clôture de la conférence sur le climat prévue à Copenhague du 7 au 18 décembre. Les manifestants ont voulu ainsi "réveiller" les politiques, le président Nicolas Sarkozy en tête, afin qu'ils se préparent à cette conférence qui sera précédée d'un sommet européen les 29 et 30 octobre. "Nicolas, réveille-toi", pouvait-on lire sur une banderole.

A Stockholm, une trentaine de manifestants se sont rassemblés dans le centre-ville sous une banderole exigeant "des discussions sur le climat tout de suite". A Berlin, 350 manifestants, portant des masques à l'effigie de la chancelière allemande Angela Merkel, se sont réunis devant la Porte de Brandebourg, dans le centre de la capitale. "Le temps du "peut-être ben qu'oui, peut-être ben qu'non" est passé", affirmait une banderole. En Serbie, 350 personnes ont également écrit le chiffre 350 de leurs silhouettes. A Prague, une trentaine de militants écologiques ont distribué 350 ballons noirs avec l'inscription "CO2" sur la place de la vieille ville. Des militants pour la défense de l'environnement ont manifesté à Istanbul sur un bateau, déployant une banderole proclamant : "Le Soleil, le vent, maintenant". Ils avaient placé leur embarcation sous le principal pont qui enjambe le Bosphore et relie l'Europe à l'Asie. "Emplois, climat, justice", réclamait une autre banderole. Sur la Puerta del Sol, au centre de Madrid, des membres de la Plateforme contre le changement climatique, composée d'organisations sociales, écologistes et syndicales, ont mis en scène une parodie intitulée les "conséquences catastrophiques du changement climatique sur la planète".

Nouvelle campagne sur la réduction des déchets

Campagne de réduction des déchetsJean-Louis Borloo, ministre d’État, ministre de l'Écologie, de l’Énergie, du Développement durable et de la Mer, Chantal Jouanno, secrétaire d’État chargée de l’Écologie et Philippe Van de Maele, président de l’Agence de l’Environnement et de la Maîtrise de l’Energie (ADEME) viennent de lancer la nouvelle campagne de prévention et de sensibilisation multi-support (TV, presse écrite, radio, Internet) autour de la réduction de déchets à destination du grand public, des entreprises et collectivités locales.

Le Grenelle de l'Environnement en a fait une priorité et a fixé des objectifs très clairs : diminuer la production d’ordures ménagères et assimilées de 7 % par habitant pendant 5 ans, soit une diminution de plus de 5 kg par an et par habitant.

Avec l’évolution de nos modes de vies, des habitudes alimentaires et de consommation, en 40 ans, la production d'ordures ménagères a doublé. Aujourd’hui, chacun d’entre nous produit 590 kg de déchets par an et par habitant dont :
- 390 kg dans nos poubelles et les conteneurs de tri,
- 200 kg en déchetterie…

Chaque Français pousse en moyenne 530 kg/an dans son chariot d’hypermarché, ce qui représente en bout de chaîne 73 kg de déchets par an ! Réduire les déchets, cela commence donc dans un magasin au moment de l’achat, se poursuit à la maison ou sur le lieu de travail, et cela continue devant une poubelle et les conteneurs de tri.

La présente campagne de mobilisation nationale de réduction des déchets va se prolonger sur 3 ans pour inciter à consommer autrement. A travers 12 gestes simples, la campagne propose donc des solutions concrètes facilement applicables au quotidien. La Semaine européenne de la réduction des déchets qui se tiendra du 21au 29 novembre 2009 relaiera encore le message.

Réunion ministérielle sous-marine pour alerter sur le réchauffement climatique

Conseil des ministres sous-marinLe gouvernement des Maldives a organisé aujourd'hui sa réunion ministérielle sous l'eau, durant 30 mn, dans le but d'attirer l'attention sur les effets du réchauffement climatique menacant cet archipel de l'Océan indien, à moins de deux mois du sommet de Copenhague. Ce conseil des ministres sous-marin a donc adopté une résolution appelant à une action mondiale pour la réduction des émissions de CO2.

Le président Mohamed Nasheed a plongé le premier à six mètres de profondeur, suivi d'une dizaine de ministres en combinaisons et bouteilles qui s'étaient entraînés depuis deux mois et étaient accompagnés de leurs moniteurs pour cette plongée organisée près de l'île Girifushi, à 25 mn en bateau de la capitale de l'archipel, Male.

Plus de 80% des terres de cet archipel étant situés à moins d'un mètre au-dessus du niveau de la mer, une augmentation d'un mètre du niveau de l'océan suffirait à quasiment engloutir l'archipel, composé de 1.192 îles, destination exotique prisée des touristes fortunés. En 2007, la commission intergouvernementale des Nations unies sur le changement climatique a prévenu qu'une hausse du niveau de la mer de 18 à 59 cm d'ici 2100 serait suffisante pour rendre l'île inhabitable. La menace est telle que Mohamed Nasheed a affirmé que son gouvernement envisageait d'acheter de nouvelles terres au cas où l'archipel disparaîtrait sous les eaux.

A l'issue de cette réunion, les ministres ont signé leurs combinaisons pour les vendre aux enchères, et l'argent récolté servira à la protection du récif corallien.

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