Résidus de médicaments dans l'eauUn comité national de pilotage, chargé de l'élaboration et du suivi du futur plan national sur les résidus de médicaments dans les eaux a été mis en place lundi par la ministre de la Santé Roselyne Bachelot-Narquin et la secrétaire d'Etat à l'Écologie, Chantal Jouanno. Le comité comprend des représentants des ministères, des agences sanitaires (Afssa, Afsset, Afssaps), des agences de l’eau, des industries pharmaceutiques et des professionnels de santé. Les acteurs du secteur devraient être consultés jusqu'à la fin de l'année.

On sait que les Français sont de gros consommateurs de médicaments et après leur passage dans l’organisme, ces substances actives (antibiotiques, hormones, antidouleurs, antidépresseurs…) sont modifiées et éliminées dans les eaux usées ou dans les sols. Malheureusement, on ne sait pas bien les traiter : 60% de ces substances ne sont pas filtrées. Du coup, on peut en retrouver des traces dans les rivières, les nappes phréatiques ou l'eau du robinet.

Les conséquences pour l’environnement et pour la santé humaine ne sont pas anodines. On constate déjà une baisse de population de certaines espèces aquatiques, ainsi qu’un taux anormalement important de poissons femelles, qui pourraient être liées aux rejets d’hormones (pilules contraceptives). En ce qui concerne les antibiotiques, ce phénomène a un effet sur la résistance des bactéries aux médicaments.

La poursuite des études sur les effets des médicaments, même à faible concentration, dans les milieux aquatiques et pour la santé humaine, doit donc se poursuivre afin qu'on limite les risques en réduisant les sources de pollution.