Blog du Bio


Mot Clé : grenelle environnement

La loi Grenelle 2 adoptée à l'Assemblée Nationale

Adoption Loi Grenelle 2Le Parlement a adopté le 29 juin 2010, une dernière fois, le projet de loi Grenelle 2 qui détaille les grands engagements pris dans le Grenelle 1, sur l'isolation des bâtiments, l'agriculture bio, la mobilité urbaine ou encore la protection des espèces et des écosystèmes.

L'opposition (le PS, les Verts et le PCF) ont voté contre, car comme nombre d'ONG, elle déplore que le "new deal écologique" annoncé en octobre 2007 par le chef de l'Etat ait perdu beaucoup de son ambition et de son éclat. Avec les propos de Nicolas Sarkozy au Salon de l'Agriculture - "l'environnement, ça commence à bien faire" - on craint un manque de portage politique au moment de la territorialisation du texte, car au-delà du contenu du texte, les interrogations portent sur sa déclinaison concrète puisque selon le ministère, quelque 190 décrets doivent maintenant être rédigés pour assurer sa mise en oeuvre complète.

La secrétaire d'Etat à l'Ecologie, Chantal Jouanno, reconnaît "un risque évident" de démobilisation. Elle entend d'ailleurs poursuivre à l'automne (Marseille, Lyon...) un "tour de France" entamé il y a plusieurs mois "pour que la population se saisisse du sujet". "En France, quand on a voté une loi, on ne s'intéresse absolument pas à sa mise en oeuvre, on a l'impression que le boulot est fait, ce qui, dans le domaine de l'environnement, est encore plus faux qu'ailleurs", met-elle en garde.

Mesure emblématique de ce Grenelle : les trames verte (sur terre) et bleue (sur l'eau), sorte de maillage d'espaces naturels qui doit permettre le développement des écosystèmes ou le déplacement des espèces, ont subi un coup de rabot de dernière minute. Par exemple, le vocabulaire a certaines fois été changé : les grandes infrastructures (autoroutes et lignes à grande vitesse) n'auront plus à être "compatibles" avec les trames verte et bleue mais se contenter de les "prendre en compte".

"C'est un acquis historique au sens où cela a eu lieu", reconnaît le député Verts Yves Cochet. Cependant, déplore-t-il, une série de décisions ou d'amendements ont "cassé une partie de l'élan" né des groupes de travail de 2007 et le processus s'est "effrité".

Le projet de loi Grenelle 2 adopté mais vidé de son contenu

Grenelle 2Hier, l'Assemblée nationale a adopté le projet de loi Grenelle 2, qui comporte une série de mesures écologiques et environnementales. Les députés socialistes, Verts, communistes et du Parti de gauche se sont prononcés contre le texte qu'ils critiquent notamment pour ses dispositions concernant les éoliennes et les pesticides.

La pression des lobbies de l'énergie, de la chimie, des transports et de l'agriculture l'a emporté face aux écologistes. Ainsi, la taxe sur les poids lourds est reportée à 2012, l'enquête publique pour qu'une centrale nucléaire augmente ses rejets n'est plus nécessaire, les éoliennes sont bridées puisque repoussées à 500 m des habitations et groupées par cinq... La baisse de 50% de l’utilisation des pesticides d’ici 10 ans, n'est plus qu'un rêve puisque le rapport très favorable aux pesticides publié par 2 sénateurs il y a quelques jours a fait autorité : pour retirer de la vente un pesticide, il faudra dorénavant consulter l’Agence française de sécurité sanitaire des aliments et évaluer d’abord les effets socio-économiques et environnementaux, ce qui signifie concrètement que ce sera mission impossible. Pour l'agriculture, il est créé une nouvelle certification Haute valeur environnementale (HVE), pour "les exploitations agricoles utilisant des modes de production particulièrement respectueux de l’environnement" : tout comme "l'agriculture raisonnée", ça ne veut rien dire, et ça décrédibilise l'agriculture biologique.

Un grand gâchis, une entourloupe politique et une manipulation des lobbies, encore une fois...

Début des débats sur la loi Grenelle 2

Du 4 au 7 mai 2010, les députés sont invités à débattre de la loi Grenelle 2...bien écornée comme le dénoncent les ONG ayant pour certaines participé aux travaux d'octobre 2007. L'abandon de la taxe carbone, les déclarations de Nicolas Sarkozy sur l'environnement "qui commence à bien faire" au Salon de l'agriculture, le report à 2012 de l'écotaxe sur les poids lourds, l'autorisation de circuler dès cet été pour les camions de 44 tonnes, les amendements pour limiter le développement de l'éolien, la remise en cause de l'objectif de division par deux des pesticides d'ici 2018 par l'Office parlementaire d'évaluation des choix scientifiques et technologiques : ça fait beaucoup... Les lobbies (agriculteurs, transporteurs routiers, industriels) sont actifs et ils obtiennent malheureusement des résultats.

Vincent Feltesse, Alain Rousset, Philippe Plisson, Noël Mamère publient une Lettre ouverte à Jean-Louis Borloo, dans le Monde, dans laquelle ils dénoncent "les amendements du rapport Ollier (qui) viennent insidieusement, mais très directement, menacer la filière industrielle française de l'éolien. Dans un contexte économique dégradé, c'est une perte potentielle inestimable en termes de nouveaux emplois" en accusant "c'est l'intérêt bien compris des groupes de pression des énergies fissile et fossile, qui encourage de tels amendements". Ils invitent les parlementaires à plus de discernement : "D'un point de vue purement économique, le débat stérile entre les "pour" et les "contre" mérite d'être dépassé. Ne séparons plus la pensée de l'écologie et celle de l'économie. Envisageons-les ensemble et dans le même temps. Que les autorités cessent cette déplorable confusion des discours. Qu'elles octroient à leurs objectifs ambitieux les moyens correspondants, au lieu de se rendre complices de leur désaveu". Ils en appellent à Jean-Louis Borloo : "l'ensemble des restrictions du rapport Ollier conduira à rendre quasi impossible la création de parcs éoliens".

Outre l'éolien, d'autres dossiers font l'objet de controverses :
- plan local d'urbanisme (PLU) intercommunal : les maires de droite et de gauche s'y opposent,
- division par deux des pesticides d'ici à 2018 : la FNSEA est contre,
- la "prise en compte" de la biodiversité par les documents d'urbanisme n'est pas un niveau de protection suffisant,
- responsabilité sociale et environnementale des entreprises : des indicateurs au niveau des groupes plutôt qu'au niveau des filiales ne seraient pas fiables,
- péages urbains :les tester dans lesvilles de plus de 300.000 habitants ?
- une disposition facilite les rejets radioactifs et chimiques et les prélèvements d'eau des installations nucléaires.

L'INRA veut reprendre des essais de vignes OGM

OGM j'en veux pasL'Institut national de recherche agronomique (Inra) de Colmar demande au ministère de l'Agriculture l'autorisation de poursuivre des essais de plants de vignes OGM. Depuis 2005, ils menaient ces essais sur 70 plants de vignes OGM. Achevés fin 2009, les plants ont été saccagés en septembre dernier.

Le 4 avril 2010, le Haut conseil des biotechnologies, instance créée à l'issue du Grenelle de l'environnement, a rendu un avis favorable. Selon la procédure, après le feu vert du Haut Conseil, le public est appelé à s'exprimer jusqu'à ce soir sur cet essai via internet. Ensuite, le ministre de l'Agriculture devra donner son autorisation après accord du ministre chargé de l'Ecologie.

L'expérimentation de l'INRA vise à rendre les porte-greffes résistants au "court-noué", une maladie virale présente dans la quasi-totalité des régions viticoles du monde où elle provoque la mort des vignes et rend les terres impropres à la viticulture. A ce jour, aucun traitement efficace contre cette maladie n'existe.

Le 19 novembre 2009, le militant anti-OGM avait été condamné par le tribunal correctionnel de Colmar à 2.000 euros d'amende et un euro symbolique de dommages et intérêts pour avoir saccagé les 70 ceps. Par la suite, le tribunal administratif (TA) de Strasbourg avait déclaré fin septembre la parcelle illégale. Dans un communiqué diffusé vendredi, le ministère de l'Agriculture précise qu'il prendra en compte les arguments mis en avant par le TA pour qui le ministère n'avait pas été suffisamment exigeant auprès de l'Inra sur ce qu'il adviendrait du matériel après l'essai. Le ministère de l'Agriculture et l'Inra ont fait appel de cette décision. Le résultat de cet appel est attendu pour septembre, selon le ministère.

Donnez votre avis avant le 30 avril au soir sur l'expérimentation d'une vigne OGM !

Edit 19 mai 2010 : le ministre de l'agriculture, Bruno Le Maire, a annoncé, mardi 18 mai 2010, avoir signé un arrêté autorisant la poursuite en Alsace d'un essai en champ portant sur une vigne transgénique.

Un rapport parlementaire en faveur des pesticides !

Demandé à l'Office parlementaire d'évaluation des choix scientifiques et technologiques (Opecst) et conduit par le député UMP Claude Gatignol, vétérinaire, et le sénateur UMP Jean-Claude Etienne, professeur de médecine, le rapport parlementaire "Pesticides et santé" publié hier met en garde contre une diminution "trop brutale" de l'utilisation de certains pesticides en France, comme le prévoit le Grenelle de l'environnement et conseille plutôt une simplification de la réglementation ! On croit rêver !!!

Les rapporteurs soutiennent l'utilisation des pesticides car leur usage garantit à l'agriculteur "la sécurité de revenus stables", et au consommateur des produits "accessibles au plus grand nombre", ajoutant à propos des effets sur la santé, que "aucune étude scientifique n'est en mesure aujourd'hui de faire chez l'homme un lien entre la consommation d'aliments issus de l'agriculture conventionnelle qui utilise des produits phytopharmaceutiques et la survenue de maladies".

Le Mouvement pour le droit et le respect des générations futures (MDRGF) a réagi par la voix de François Veillerette, estimant que "Ils passent à côté d'une grande partie du problème", s'interrogeant sur leur manque d'intérêt pour la production intégrée, qui évite au maximum les pesticides, et l'absence de prise en compte d'études montrant des effets sur la santé des populations. Pour lui, plutôt que de simplifier la réglementation, il faudrait "renforcer" la législation.

Ce rapport parlementaire relève de la désinformation et surtout, c'est la preuve encore une fois que le lobby des industries chimiques et des industries agroalimentaires fait pression auprès de nos dirigeants pour faire perdurer son business...

Nicolas Hulot claque la porte du Grenelle de l'Environnement

Fondation Nicolas Hulot quitte le Grenelle de l'EnvironnementSuite au report sine die de la taxe carbone, la Fondation Nicolas Hulot a décidé de suspendre sa participation aux groupes de travail menés par le gouvernement dans le cadre des Grenelle de l'environnement et de la mer. Elle l'a expliqué dans un communiqué :

"L'abandon pur et simple de la taxe carbone, alors qu'un processus de concertation était en cours, est symptomatique d'un net recul de la classe politique qui, à droite comme à gauche, n'a pas pris la mesure des enjeux écologiques, et les considère essentiellement comme une variable d'ajustement politique. La prise en compte de l'écologie ne doit pas être opportuniste."

Une lettre ouverte destinée aux 750.000 signataires du pacte écologique, permet à la Fondation Nicolas Hulot d'expliquer sa décision : "Avec le Grenelle de l'Environnement, nous pensions le constat partagé, nous pensions pouvoir nous concentrer sur la recherche de solutions, il n'en est rien. Les mots-clefs des années à venir sont exclusivement la compétitivité, l'emploi, la santé, comme si toutes ces questions ne dépendaient pas profondément de l'état de notre environnement."

La décision n'est pas forcément irréversible puisqu'il s'agit d'une "suspension" mais la Fondation Nicolas Hulot conditionne clairement son retour autour de la table à "des décisions fortes (qui) remettent le développement durable au cœur des politiques publiques." C'est pas gagné quand on voit que Chantal Jouanno, secrétaire d'Etat à l'Ecologie, se fait taper sur les doigts par Sarkozy puis par Fillon parce qu'elle s'est dite "désespérée" de l'abandon de la taxe carbone...

Sarkozy enterre le Grenelle de l'environnement pour les agriculteurs

Sarkozy au Salon de l'agriculture 2010Alors qu'il se rendait au Salon International de l'Agriculture, samedi 6 mars 2010, Nicolas Sarkozy a promis aux agriculteurs de "changer les méthodes de mise en oeuvre des mesures environnementales". Visiblement, il n'a donc aucun scrupule à enterrer le Grenelle de l'Environnement pour essayer de gagner quelques voix chez les agriculteurs à la veille des élections régionales... Décidément, ces politiques n'ont aucune morale.

Jean-Louis Borloo, ministre de l'écologie, se veut rassurant et parle d'un "problème de paperasse et de modalités qu'il faut revoir". Bruno Le Maire, ministre de l'agriculture, refuse de parler "de remise en cause du Grenelle", il préfère indiquer qu'il faut "prendre en compte les difficultés des agriculteurs face aux règles environnementales". Ah la langue de bois, ce langage des politiques auquel nous sommes bien hermétiques en tant que citoyens !

Sarkozy voudrait bien repousser une des principales mesures du Grenelle de l'environnement qui est de diviser par deux l'usage des pesticides d'ici dix ans. Pascal Ferey, chargé des questions d'environnement à la FNSEA (syndicat classé à droite) se réjouit de ce recul : "Financièrement, je ne sais pas, mais psychologiquement, ça compte. On voit que nous perdons du terrain par rapport à nos voisins, et que la France fait la course en tête sur beaucoup de sujets environnementaux." Il cite les périmètres de protection de captages d'eau potable, la couverture des sols obligatoire en hiver d'ici à 2012, la taxe carbone (dont les agriculteurs sont exonérés à 75 %), les coûts de transports, et surtout le retrait de produits chimiques autorisés chez certains voisins, comme l'Espagne ou les Pays-Bas. Selon la FNSEA, la suspension des pesticides jugés toxiques pour les abeilles a coûté à la filière des plants maraîchers 8 % de son chiffre d'affaires.

Philippe Collin, porte-parole de la Confédération paysanne (syndicat classé à gauche), n'est pas du tout d'accord : pour lui, "les mesures environnementales et les difficultés économiques des agriculteurs ne sont absolument pas liées. C'est un problème de marché." Quant à la distorsion de concurrence sur les produits chimiques, elle devrait être réglée par une harmonisation "par le haut" au niveau européen. Il s'agit d'une "manoeuvre électoraliste" de Sarkozy.

Les grandes surfaces abusent sur les prix du bio

Prix du bio en grandes surfacesL'UFC-Que Choisir démontre dans une étude que s'approvisionner en "bio" dans les grandes surfaces reste inabordable pour la plupart des consommateurs. Et elle demande des comptes aux grandes surface !

C'est pourtant contraire aux principes du Grenelle de l'Environnement qui veut développer l'Agriculture Biologique, mais il n'en reste pas moins que l'enquête réalisée par les associations locales de l'UFC-Que Choisir dans 1624 magasins et publiée aujourd'hui le prouve. Le marché des produits biologiques ne doit pas rester un marché de niche, réservé aux ménages les plus aisés, il faut le démocratiser ! En effet, l'objectif de tripler les surfaces cultivées en bio défini par le Grenelle de l'environnement, ne pourra être atteint que s'il est relayé par une augmentation parallèle de la demande des consommateurs.

Outre le faible nombre de produits proposés, c'est surtout le prix qui rend ces produits inaccessibles. Le panier de produits bio à marques de distributeurs (MDD) est 22 % plus cher que le panier de marques nationales conventionnelles. Pire, il est 57 % plus cher que le panier de MDD non bio.

Certes, une partie de cet écart est justifiée. L'agriculture biologique s'interdisant l'usage d'engrais et de pesticides de synthèse, le rendement moindre qui en découle rend les productions biologiques plus chères. Dans le cas particulier des produits transformés, les fabricants des filières bio mettent en avant la qualité de leurs recettes intégrant moins d'additifs et plus d'ingrédients nobles, ce qui a également pour effet de renchérir le prix.

Mais il n'en reste pas moins que d'autres raisons expliquant ces écarts sont en revanche inadmissibles. Au stade de la production agricole, le montant des aides de la PAC est historiquement lié au rendement à l'hectare, ce qui avantage les modes d'exploitations intensifs au détriment des producteurs biologiques, obligés de vendre plus chers pour équilibrer leur budget.

La grande distribution contribue également à renchérir les fruits et légumes Bio. Alors que la marge est en moyenne de 50 centimes d'Euro pour les pommes standard*(1), elle atteint 1,09 euros pour les pommes Bio*(2). Quant aux carottes, leur marge passe de 80 centimes en conventionnel1 à 1,33 euros pour le Bio*(2) !

L'UFC-Que Choisir exige :
- Un calcul plus équitable des aides de la PAC, permettant un rééquilibrage des aides en faveur des exploitations en agriculture biologique.
- Que la grande distribution rende le bio accessible au plus grand nombre, en augmentant le nombre de références en rayon et en appliquant les mêmes marges que celles qu'elle applique aux produits conventionnels.
- Que l'Observatoire des Prix et des Marges éclaire la formation du prix des produits biologiques.

(1) : Marges moyennes de la grande distribution, pour les fruits et légumes, calculées par l'Observatoire des prix et des marges pour la période d'octobre 2010.

(2) : Différence entre la cotation de Rungis donnée par le Service des Nouvelles des Marchés pour la période d'octobre 2010 et les prix moyens relevés par nos enquêteurs dans les rayons de la grande distribution.

Nouvelle campagne sur la réduction des déchets

Campagne de réduction des déchetsJean-Louis Borloo, ministre d’État, ministre de l'Écologie, de l’Énergie, du Développement durable et de la Mer, Chantal Jouanno, secrétaire d’État chargée de l’Écologie et Philippe Van de Maele, président de l’Agence de l’Environnement et de la Maîtrise de l’Energie (ADEME) viennent de lancer la nouvelle campagne de prévention et de sensibilisation multi-support (TV, presse écrite, radio, Internet) autour de la réduction de déchets à destination du grand public, des entreprises et collectivités locales.

Le Grenelle de l'Environnement en a fait une priorité et a fixé des objectifs très clairs : diminuer la production d’ordures ménagères et assimilées de 7 % par habitant pendant 5 ans, soit une diminution de plus de 5 kg par an et par habitant.

Avec l’évolution de nos modes de vies, des habitudes alimentaires et de consommation, en 40 ans, la production d'ordures ménagères a doublé. Aujourd’hui, chacun d’entre nous produit 590 kg de déchets par an et par habitant dont :
- 390 kg dans nos poubelles et les conteneurs de tri,
- 200 kg en déchetterie…

Chaque Français pousse en moyenne 530 kg/an dans son chariot d’hypermarché, ce qui représente en bout de chaîne 73 kg de déchets par an ! Réduire les déchets, cela commence donc dans un magasin au moment de l’achat, se poursuit à la maison ou sur le lieu de travail, et cela continue devant une poubelle et les conteneurs de tri.

La présente campagne de mobilisation nationale de réduction des déchets va se prolonger sur 3 ans pour inciter à consommer autrement. A travers 12 gestes simples, la campagne propose donc des solutions concrètes facilement applicables au quotidien. La Semaine européenne de la réduction des déchets qui se tiendra du 21au 29 novembre 2009 relaiera encore le message.

Les enquêtes publiques menacées par Devedjian

Devedjian contre les enquêtes publiquesLe ministre de la Relance, Patrick Devedjian veut limiter le recours aux enquêtes publiques pour accélérer le démarrage des travaux. Les défenseurs de l'environnement ne l'entendent pas ainsi.

Devedjian déclare "Je viens de proposer à la consultation interministérielle un texte relevant les seuils de déclenchement obligatoire des enquêtes dites Bouchardeau, comme je m'y étais engagé lors de la discussion devant le Parlement. Je me suis aperçu, à cette occasion, que ce seuil n'avait pas été revalorisé depuis plus de vingt ans".

En 1983, Huguette Bouchardeau, ministre de l'Environnement, a fait voter une loi qui prévoit qu'un projet d'aménagement susceptible de porter atteinte à l'environnement doit être soumis à l'avis du public : les aménagements, ouvrages ou travaux susceptibles d'affecter l'environnement, exécutés par des personnes publiques ou privées, doivent être précédés d'une enquête publique. Un dossier doit être présenté, doté d'une étude d'impact dans la majorité des cas. L'ensemble de la procédure dure en moyenne un mois et se déroule sous le contrôle d'un commissaire enquêteur. Les coûts sont supportés par le maître d'ouvrage. Chaque année, 17.000 enquêtes publiques sont réalisées.

Devedjian voudrait satisfaire ainsi à un amendement UMP qui vise à relever de 1,9 à 5 millions d'euros le niveau à partir duquel un projet d'infrastructure de transport est soumis à enquête publique : un projet de construction ou de doublement d'une route ignorerait donc les habitants alentours !

Jacques Breton, le président de la Commission nationale des commissaires enquêteurs qui compte 3.600 adhérents, a indiqué qu'une telle mesure "irait à contre-courant du Grenelle de l'environnement et de la convention européenne sur l'accès à l'information et à la justice en matière d'environnement, dite convention d'Aahrus. Consulter le public permet d'améliorer les projets et évite un grand nombre de contentieux".

Le ministère du Développement durable ne semble pas être favorable à cette mesure puisque le projet de loi Grenelle de l'environnement, voté quasiment à l'unanimité en première lecture à l'Assemblée et au Sénat, prévoit dans son volet gouvernance environnementale d'améliorer le dispositif de participation du public. Malheureusement, le gouvernement n'est plus à une contradiction prêt...

Grenelle de la mer pour une politique maritime durable

Grenelle de la merLe ministre de l'Ecologie Jean-Louis Borloo a lancé, aujourd'hui, le "Grenelle de la Mer", sur une péniche à Paris, en présence de la secrétaire d'Etat à l'ecologie Chantal Jouanno. Il doit permettre de définir les grandes lignes d'une politique maritime française, à l'issue d'une série de consultations et de quatre groupes de travail réunissant Etat, collectivités territoriales, professionnels de la mer, associations de protection de l'environnement et experts scientifiques.

Les thèmes de ces groupes de travail sont "favoriser le développement harmonieux du littoral en améliorant l'interface terre-mer", "promouvoir le développement d'activités maritimes compétitives et soutenables sur le plan environnemental", "valoriser les métiers de la mer et d'oeuvrer à l'attractivité des activités maritimes", "instaurer une nouvelle gouvernance aux niveaux infra-national, national, européen et mondial".

Ils autont 3 mois pour plancher et présenter leurs conclusions. S'en suivra un échange avec la population en juin et juillet 2009 (?), de sorte que le tout soit bouclé "avant la fin de l'année", selon le Ministre.

Pour info, la France a le deuxième domaine maritime mondial (11 millions de km²), et plus de 600.000 emplois sont liés directement ou indirectement au secteur maritime. En Europe, la mer fait vivre environ 4 millions de personnes. Avec plus de 1.000 milliards d'euros de richesse créée, elle représente 3 à 5% du PIB européen.

Comme a déclaré Jean-Louis Borloo, "C'est la mer qui sauvera la terre" ?!...

Le Grenelle 1 de l'environnement adopté par le Sénat

Vote de la loi OGM au SénatLe Sénat a adopté hier soir à l'unanimité moins l'abstention du PCF, en première lecture, le projet de loi sur le Grenelle 1 de l'environnement, après cinquante heures de débat et l'adoption de 263 amendements.

Le ministre de l'écologie, Jean-Louis Borloo, a déclaré : "La France est aujourd'hui dans un consensus républicain" pour cette "mutation aussi importante que complexe", que représente ce "pacte écologique".

Le Grenelle 1 fixe les grandes orientations de la France en matière de transport, d'énergie et d'habitat dans le souci de préserver l'environnement et le climat. Il doit encore être soumis à une deuxième lecture dans les deux Chambres. L'examen du Grenelle 2, application technique du Grenelle 1, doit débuter en mars.

Parmi les amendements adoptés par les sénateurs qui ne sont pas du goût des associations environnementales, figure celui qui stipule que les "grands itinéraires autoroutiers largement engagés seront menés à bonne fin dans les meilleurs délais".

Les socialistes votent le texte du Grenelle de l'Environnement

Le PS vote le Grenelle de l'environnementLes députés socialistes voteront le projet de loi de mise en oeuvre du Grenelle de l'environnement cette après-midi, dans le but de donner "un signe fort" de leur engagement pour le développement durable :

Le président du groupe socialiste Jean-Marc Ayrault a indiqué : "Nous voulons donner un signe fort de notre volonté de nous mobiliser pour le plan climat européen. Aujourd'hui il y a des remises en cause de ce plan climat-énergie par certains pays, l'Italie, la Pologne". Mais il reste prudent en ajoutant : "Entre les intentions du gouvernement et la réalité budgétaire, il y a un fossé considérable. Les intentions, l'affichage, la proclamation d'une ambition écologique pour la France c'est bien, mais les actes c'est mieux".

150 amendements déposés par le groupe PS ont été adoptés lors du débat de la semaine dernière. Les députés communistes et Verts ont pour leur part décidé de s'abstenir afin d'appeler le gouvernement à "faire mieux en deuxième lecture", selon Noël Mamère. Les Verts déplorent trois reculs par rapport au Grenelle : l'amendement Ollier sur l'isolation des logements, les dispositions sur les incinérateurs et les autoroutes. Cependant, cinq communistes devraient voter contre, et le député Vert François de Rugy votera pour.

Le Ministre de l'Environnement, Jean-Louis Borloo, a déclaré : "Je suis content" du vote positif des socialistes, "c'est un grand texte", en insistant sur le fait que c'est la première fois du quinquennat Sarkozy que les députés PS approuvent un projet de loi d'importance.

Le Grenelle de l'Environnement devant les députés

Grenelle 1 devant les députésC'est aujourd'hui que le Grenelle de l'environnement va commencer à être examiné par les députés, qui sont surveillés de près par les acteurs du Grenelle n'entendant pas que les ambitions du Grenelle soient revues à la baisse.

Le texte Grenelle 1 doit traduire sur un plan législatif, les 268 engagements adoptés à l'issue des débats d'il y a un an. Mais le texte initial, d'une cinquantaine d'articles, fait déjà l'objet de multiples amendements de la part du gouvernement lui-même et des députés. L'ensemble du calendrier Grenelle accuse déjà un retard important sur les ambitions initiales de boucler les deux lois avant la fin de l'année, en raison d'un ordre du jour parlementaire surchargé.

"Globalement, le texte sort enrichi des multiples amendements qui lui ont été apportés", estime Sandrine Bélier, directrice de la fédération France Nature Environnement (FNE, 3000 associations). Mais elle note "trois points noirs" concernant l'énergie, les transports routiers et l'incinération des déchets. "Il y a eu de belles avancées du Grenelle sur l'abandon du tout routier, pour le fret notamment, qui supposaient de repenser l'aménagement du territoire: or, c'est un des sujets qui fait l'objet des amendements les plus nombreux", regrette-t-elle.

Dans un communiqué, Greenpeace résume les inquiétudes de nombreux partenaires du Grenelle qui redoutent "que la lessiveuse parlementaire UMP ne délave encore un texte déjà bien affaibli", comme ce fut le cas lors de l'adoption de la loi OGM au printemps.

"Il faut maintenant que cette idée de développement écologique passe rapidement dans les faits : aux parlementaires de comprendre qu'une vision à long terme doit prévaloir sur le temps politiques. Sans opposer la lutte contre l'effet de serre au développement économique", note le climatologue Jean Jouzel, qui participait il y a un an au groupe de travail sur le changement climatique.

Eco-PTZ : un prêt à taux zéro écolo, pour 2009

Un dispositif de prêt à taux zéro, nommé "éco-PTZ", fait partie du projet de budget 2009, selon le quotidien économique Les Echos daté d'aujourd'hui. Il est destiné à financer des travaux pour améliorer les performances énergétiques des logements. Ce prêt serait plafonné à 30 000 euros et le montant des travaux ne devra pas dépasser 300 euros par mètre carré. Aucune condition de ressources ne serait demandée, ce qui n'est pas le cas de l'actuel prêt à taux zéro destiné, lui, à financer l'acquisition d'un premier logement.

Selon le journal, le coût de cette mesure, prévue pour durer jusqu'en 2014, "pourrait dépasser 1 milliard d'euros en année pleine". Le prêt éco-PTZ ne sera pas cumulable avec le crédit d'impôt accordé actuellement par l'Etat pour l'achat de nouveaux équipements économes en énergie : "ce prêt ne sera consenti que pour un programme associant, par exemple, une rénovation de toiture, des changements de fenêtres et l'installation d'une chaudière écologique. La simple installation de laine de verre dans un grenier ne suffira pas à y avoir droit", précisent Les Echos.

La France s'est engagée à diviser ses émissions de CO2 par quatre, avec le Grenelle de l'environnement : il est temps que des mesures incitatives soient mises en oeuvre !

La loi sur la responsabilité environnementale (LRE) adoptée par le Parlement

Pollueur payeurLe Parlement a adopté définitivement hier la loi sur la responsabilité environnementale (LRE), transposant la directive européenne du 21 avril 2004 dans le droit français : le principe pollueur/payeur est donc confirmé. Mais si le ministre de l'Ecologie et du Développement durable, Jean-Louis Borloo, s'en félicite, certaines ONG regrettent que le principe soit adopté à minima.

Le texte voté prévoit, à la charge des exploitants, des obligations précises en matière de prévention et de réparation des éventuels dommages causés aux sols, aux eaux, aux espèces et aux habitats naturels. La répression de la pollution maritime est également renforcée.

"Ce texte marque une étape majeure dans la construction d'un cadre juridique capable de répondre aux comportements les plus dommageables pour notre environnement", a indiqué la secrétaire d'Etat à l'Ecologie, Nathalie Kosciusko-Morizet, qui estime que cette loi "est un progrès considérable qui a été rendu possible grâce au Grenelle de l'environnement".

La fédération France Nature Environnement (FNE) reconnaît "des choses positives", mais regrette "une occasion ratée avec une loi qui manque de souffle" : "on avait l'occasion d'envoyer un signal fort et la France se contente d'adapter une directive européenne a minima". France Nature Environnement espère toutefois que les dispositions actuelles seront améliorées en intégrant notamment "le préjudice écologique et l'assurance environnementale", "conformément à la promesse du président de la République qui a annoncé une loi Grenelle II pour la fin de l'année".

Projets retenus de 22 centrales biomasse en France

Centrales biomasse22 projets de centrales de production d’électricité et de chaleur alimentées à partir de biomasse ont été sélectionnés, à l’issue d’un appel d’offres, par Jean-Louis Borloo, ministre d’État, ministre de l’Écologie, de l’Énergie, du Développement durable et de l’Aménagement du territoire et Nathalie Kosciusko-Morizet, secrétaire d’État chargée de l’Écologie.

Ces centrales biomasse, c’est-à-dire dont le combustible est d’origine organique (le bois, mais aussi la paille voire le marc de raisin), pourront bénéficier d’un tarif préférentiel d’achat de l’électricité. Les projets sont répartis dans 11 régions : 3 en Aquitaine, 1 en Bourgogne, 4 en Champagne-Ardenne, 3 en Franche-Comté, 1 en Haute-Normandie, 2 en Languedoc-Roussillon, 1 en Lorraine, 1 en Picardie, 2 en Poitou-Charentes, 2 en Provence-Alpes-Côte d’Azur, et 2 en Rhône-Alpes.

Il s’agit d’une application concrète du Grenelle Environnement, qui fixe comme objectif de porter à au moins 20 % la part des énergies renouvelables dans la consommation d’énergie à l’horizon 2020. La puissance électrique cumulée de ces centrales, qui devront être mises en service avant 2010, est de 300 mégawatts (MW), soit l’équivalent du tiers de la puissance d’un réacteur nucléaire. La chaleur produite par ces centrales est estimée à 450 000 tonnes équivalent pétrole.

Pour accélérer le développement des énergies renouvelables et compte tenu du succès de cet appel d’offres, le Ministère a décidé de lancer un nouvel appel d’offres dans les prochaines semaines. Le cahier des charges de cet appel d’offres intègrera des critères d’aménagement du territoire, de sorte à favoriser la construction de telles centrales sur l’ensemble du territoire national.

Un deuxième réacteur nucléaire de type EPR ?

Deuxieme epr nucleaireLors de sa longue émission télévisée sur France 2, hier soir, le Premier ministre François Fillon a indiqué que le gouvernement réfléchissait à la construction d'un deuxième réacteur nucléaire de type EPR ("European Pressurised water Reactor"). Apparemment, c'est la réponse à la flambée des prix de l'énergie : "On est en train de réfléchir avec le président de la République et avec le ministre de l'Industrie au lancement de la construction d'un deuxième EPR". "Nous voulons que l'énergie nucléaire soit une des réponses principales à la crise du pétrole que l'on connaît", a-t-il ajouté.

Un réacteur nucléaire de troisième génération EPR, développé par le groupe nucléaire français Areva et l'allemand Siemens, est déjà en cours de construction en Finlande et à Flamanville dans la Manche. Le projet date de 1992 mais le chantier du deuxième EPR au monde, à Flamanville, a commencé en décembre 2007. Malheureusement, les travaux ont été suspendus le 21 mai dernier après que l'Autorité de sûreté nucléaire (ASN) ait relevé des "anomalies"... En France, près de 80% de l'électricité est produite à partir d'énergie nucléaire.

Les ONG écologistes qui ont participé au Grenelle del'Environnement n'ont jamais entendu parler de cet éventuel second EPR. Les réactions ont donc été vives :

- Pour Greenpeace, c'est une "idée absurde et saugrenue". "Le nucléaire ne produit que de l'électricité et ne fait pas avancer les voitures", "Les besoins couverts par le nucléaire ne concernent que l'électricité soit environ 17% de la consommation d'énergie en France. Le nucléaire est inopérant pour les transports qui représentent plus de la moitié de la consommation française de pétrole."

- Pour France Nature Environnement qui rassemble 3000 associations, il s'agit d'une "décision irrationnelle et s’interroge sur l’opportunité d’organiser un simulacre de débat public sur la création de ce deuxième EPR puisque, une fois de plus, les jeux sont faits par avance." "La décision de créer un nouveau réacteur nucléaire EPR n’est pas une réponse à la flambée des prix du pétrole mais une atteinte très grave à l’espoir de démocratie écologique qu’avait fait naître le Grenelle de l’environnement."

"Est-ce au lobby nucléaire de toujours décider de la politique énergétique de ce pays ?" ajoute FNE

Nicolas Hulot en voudrait plus dans le Grenelle de l'Environnement

Nicolas Hulot et le projet de loi Grenelle de l'environnementLe Monde daté du 12 juin 2008 publie un entretien avec Nicolas Hulot. Le projet de loi du Grenelle de l' Environnement a été présenté en conseil des ministres, ce matin, Nicolas Hulot invite les députés à "amender le texte" de loi "à la hausse, car la crise écologique s'emballe".

Il reconnait que si le texte est voté au Parlement, "la France se sera remise à niveau de façon spectaculaire" et se réjouit que "la France passe enfin à l'acte", mais - il y a un mais - il regrette que "des mesures importantes ont été oubliées" et que "la plus grande faiblesse du projet concerne la fiscalité écologique".

A propos des manifestations pour obtenir une baisse du prix des carburants, il est extrêmement clair : "Il faut dire la vérité aux gens : la situation ne va pas s'arranger. Aujourd'hui, le politique réagit toujours dans l'urgence. En pleine crise, on distribue de l'argent à tout le monde, on baisse les taxes, mais dans six mois on devra recommencer. Si nous continuons dans cette voie, les conséquences sociales seront extrêmement lourdes. Pour nous préparer au chocs futurs, nous avons besoin de planification, même si ce mot fait peur. Il faut un plan Marshall européen pour aider à la reconversion dans certaines professions".

Il défend l'instauration d'une "contribution climat-énergie" par laquelle "donner un prix au carbone, pour orienter les investissements des entreprises et des consommateurs, est le seul moyen de préparer l'envolée future du coût de l'énergie qui est inéluctable".

Pour Nicolas Hulot, "bien sûr, le Grenelle ne suffira pas" et "il faut maintenant porter des mesures beaucoup plus radicales au niveau européen".

La "résistance au Grenelle", en France, ne vient pas forcément du président de la République, "mais au plus haut niveau de l'Assemblée nationale, à Matignon, dans l'entourage du président, on ne sent pas un grand enthousiasme".

La phrase qui ne va pas lui faire que des amis : "Bernard Kouchner m'a dit n'être qu'à moitié convaincu sur tous ces sujets. Entendre cela en 2008, c'est consternant".

Les lois Grenelle 2 et 3 seront adoptées en octobre/novembre 2008

Acteurs du Grenelle inquietsLe ministre de l'Ecologie Jean-Louis Borloo, a indiqué que les lois Grenelle 2 et 3, textes d'application des mesures du Grenelle de l'environnement, seront présentées au Conseil des ministres "avant l'été" pour une adoption en octobre/novembre.

La loi d'orientation du Grenelle - Grenelle 1-, qui sera soumise au conseil des ministres mercredi matin, est pour le moment victime des embouteillages parlementaires, a indiqué le ministre.

Un premier examen avant la fin de la session, qui semble cependant compromis, pourra avoir lieu indifféremment à l'Assemblée nationale ou au Sénat: "On démarrera là où il y aura de l'espace".

Le texte "est le premier en liste d'attente : ce sera le dernier de la session ou le premier de la rentrée", a assuré M. Borloo devant des journalistes.

C'est pour rassurer Nicolas Hulot, qui s'inquiétait des lenteurs de la concrétisation du Grenelle de l'Environnement ?!...

Nicolas Hulot regrette les lenteurs de la concrétisation du Grenelle de l'Environnement

Nicolas Hulot et le concret du Grenelle"Si la réponse à la crise écologique est une priorité du gouvernement, pourquoi faut-il tant de temps pour entrer dans le concret ?" C'est l'interrogation de Nicolas Hulot, dans un rapport d'étape publié sur son site internet du Pacte Ecologique.

Il rappelle que le projet de loi Grenelle présenté fin avril devait initialement être discuté au Parlement en juin, et il note qu'il "est aujourd'hui question de repousser cette échéance à l'automne", ce qui est dommage car "l'adoption de la loi en juin donnerait un signal positif à nos partenaires européens, à la veille de la présidence française de l'Union européenne" à partir du 1er juillet 2008.

Il demande la publication des conclusions de Bercy sur la "Contribution Climat Energie", la taxe carbone - à l'origine une proposition du Pacte écologique - "avant l'été" pour une entrée en vigueur en janvier 2009. Bercy est en retard car ses conclusions devaient être rendues avant le printemps...

"Comme à l'automne 2007, la question du financement du Grenelle reste posée", mais il espère quand même que la "mutation écologique" de la France, sera "l'une des grandes priorités du projet de loi de finances triennal pour 2009-2011". Il s'interroge sur le fait que "certaines des mesures les plus structurantes ont été affaiblies ou ont disparu"...

A propos des lois censées être les déclinaisons techniques de mesures arrêtées notamment sur le bâtiment, les transports ou l'agriculture, "il est impératif que ces lois soient votées avant la fin de l'année 2008". "Ces délais sont d'autant plus préoccupants qu'on assiste, aujourd'hui, à une spectaculaire convergence des crises", notamment par la hausse du prix du pétrole, le déséquilibre climatique aggravé et la crise alimentaire.

Pour les élections européennes de 2009, une liste de rassemblement des écologistes autour de Daniel Cohn-Bendit, José Bové et Nicolas Hulot avait été envisagée. Nicolas Hulot a indiqué que "rien n'est fermé", mais que d'ici à fin juin 2008, sa décision ne sera pas prise.

Deux études démontrent l'abondance des pesticides dans l'alimentation

Deux études montrent l'importance de l'exposition aux pesticides par voie alimentaire. La direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF) a publié fin avril une étude montrant que 6 % des fruits et légumes testés présentaient des teneurs en pesticides dépassant la limite maximale de résidus (LMR). L'Institut national de l'environnement industriel et des risques (Ineris), a elle publié le 7 mai 2008, une étude concluant que "les enfants franciliens sont exposés à des pesticides variés, dont certains interdits depuis plusieurs années, alors que leurs parents ne sont pas professionnellement exposés".

Pesticides dans l'alimentationLes légumes testés par la DGCCRF : 6,3 % des échantillons sont non conformes, car excédant la LMR. Les fruits sont encore plus empreints de pesticides : 58,6 % des échantillons comportaient des résidus à des teneurs inférieures au maximum autorisé et 5,5 % étaient non conformes.

François Veillerette, président du Mouvement pour les droits et le respect des générations futures (MDRGF), indique que ces chiffres "montrent l'urgence de mettre en application la mesure de réduction de l'usage des pesticides prise dans le cadre du Grenelle".

L'étude de l'Ineris, réalisée avec l'université Paris-V, a évalué l'exposition aux pesticides de 130 enfants répartis dans l'Ile-de-France, 73 vivant en pavillon et 57 en appartement. Un total de 31 composés (insecticides, herbicides et fongicides) a été pris en compte et les prélèvements ont été effectués dans l'air, sur les poussières au sol et sur les mains des enfants. Les produits du métabolisme des insecticides ont été recherchés dans les urines.

Au moins un produit de type pesticide se trouvait dans 94 % des logements : insecticide dans 93 % des cas, fongicide pour les plantes dans 30 % des cas et herbicide dans 32 %. Le lindane, un insecticide désormais interdit en France, était le pesticide le plus fréquemment retrouvé dans l'air (88 % des logements).

Le fait le plus marquant porte sur les pesticides organophosphorés : 70 % des enfants excrétaient au moins l'un des six métabolites urinaires des organophosphorés, alors que ceux-ci étaient détectés moins fréquemment dans l'environnement intérieur.

"Cela peut signifier qu'il existe une autre source d'exposition que celles que nous avons recherchées. Cela pourrait être la voie alimentaire, indique Olivier Blanchard, responsable de l'étude. Des prélèvements alimentaires seraient donc indispensables pour passer au stade des certitudes sur la voie alimentaire d'exposition aux pesticides."

Inquiétant, non ?

Projet de loi d'orientation du Grenelle de l'Environnement dévoilé

Projet de loi sur le grenelle dévoiléLe ministre de l'Ecologie Jean-Louis Borloo a présenté hier le projet de loi d'orientation du Grenelle de l'Environnement, qui "reprend fidèlement les conclusions" du Grenelle de l'Environnement et sera soumis au Parlement avant l'été comme le président de la République s'y était engagé, a déclaré le Ministre.

"Nous avons besoin de cette révolution écologique. Il faut rentrer dans une économie sobre : on ne peut pas continuer comme cela avec le prix du pétrole qui explose, les émissions de CO2 qui continuent d'augmenter", a-t-il indiqué. "Une société économe en électricité, en fuel, en eau, en déchets, en énergie, c'est une société qui dépense moins d'argent", "L'ensemble du chantier est un programme d'investissements qui sera fondé pour l'essentiel sur les économies d'énergie induites" et devrait créer environ 500.000 emplois d'ici 2020, selon lui.

Le secteur du bâtiment, environ un quart des émissions de gaz à effet de serre en France et 40% de l'energie consommée, est visé en priorité. De nouvelles normes d'isolation vont être imposées dans le neuf. Un gros effort de rénovation va être entrepris dans l'ancien afin de réduire "d'au moins 38%" d'ici 2020 les consommations énergétiques du parc actuel. Borloo indique que "L'Etat va montrer l'exemple : 120 millions de m2 de bâtiments publics seront réhabilités, financés par les économies d'énergie ainsi réalisées"... De sorte que les particuliers suivent : "quand vous isolez votre logement, vous consommez moins de chauffage et votre facture se réduit".

Dans les transports, l'Etat entend créer 2.000 km de lignes supplémentaires pour les trains à grande vitesse (TGV) d'ici 2020 pour relier les capitales régionales.

Dans l'agriculture, l'objectif est d'augmenter la part du bio à 6% des surfaces cultivés en 2013 contre 2% actuellement et à 20% en 2020, tandis que les 30 produits phytopharmaceutiques "les plus préoccupants" seront retirés du marché d'ici fin 2008.

Si ce projet de loi est conforme au Grenelle, rien n'est dit sur les moyens budgétaires... Comme le fait remarquer Yannick Jadot, de Greenpeace : "On n'a peu ou pas de moyens mis en avant par l'Etat pour réussir ce changement de civilisation". Arnaud Gossement, porte-parole de France nature environnement (FNE), indique qu'"il va falloir trouver des financements. Le chantier ne fait que commencer et il est gigantesque. C'est seulement quand les projets de loi Grenelle II et III" qui doivent décliner les modalités techniques et réglementaires de ces objectifs, seront rédigés "qu'on pourra calculer combien tout cela va coûter".

La loi d'orientation (Grenelle I) devrait être examinée en Conseil des ministres fin mai avec le paquet Grenelle II, consacré aux dispositions réglementaires dans le bâtiment et les transports, pour une première lecture à l'Assemblée nationale avant l'été. Un Grenelle III, concernant notamment l'agriculture, arrivera au Parlement à l'automne.

Il y a encore du pain sur la planche !

Devant la FNSEA, Sarkozy élude le Grenelle de l'Environnement

FRANCE/Pour la première fois, un Président de la République s'est rendu hier au congrès annuel de la FNSEA, avec son ministre de l’Agriculture, Michel Barnier. Malgré la semaine du développement durable et le débat sur les OGM à l'Assemblée Nationale, il n'a pas du tout évoqué les engagements du Grenelle de l'Environnement qui concernent l'agriculture, s'en tenant simplement à remercier les agriculteurs de leur participation au Grenelle de l’environnement.

La réduction de moitié d’ici dix ans de l’usage des produits phytosanitaires ? Le développement de l’agriculture biologique ? Rien...

Juste un peu de clientélisme, puisqu'il a confirmé "le maintien du pouvoir d’achat des retraités agricoles", faisant passer le taux des pensions de reversion à 60 %, qu'il a promis une refonte des négociations commerciales avec la grande distribution et qu'il a annoncé le retour d’une "agriculture de production".

Nicolas Sarkozy s'est montré fermement décidé à aller se battre à Bruxelles, sur le dossier de la Politique agricole commune (PAC), et à Genève, dans le cadre de l’Organisation mondiale du commerce (OMC), pour trouver un accord sur les produits agricoles : "Je m’opposerai fermement à tout accord qui ne servira pas les intérêts de notre pays  ; cela sera un bon accord, ou pas d’accord".

Rappelons que la présidence française de l’Union européenne débutera le semestre prochain...

- page 1 de 3