Nicolas Sarkozy a clôturé le «Grenelle de l’environnement», hier soir, en présentant ses arbitrages :
- Suspension de la culture commerciale des OGM pesticides dans l’attente d’une expertise conduite par une nouvelle instance qui sera créée avant la fin de l’année (transposition de la directive européenne OGM au printemps 2008).
- création d’une TVA à taux réduit sur les produits écologiques, réflexion sur la création d’une taxe climat-énergie sur les énergies fossiles en contrepartie d’un allègement de la taxation du travail, taxation des produits importés de pays qui ne respectent pas le protocole de Kyoto, taxation des camions qui traversent la France et utilisent le réseau routier français, taxe écologique annuelle sur les véhicules neufs les plus polluants.
- gel de la construction de nouveaux sites nucléaires, lancement d’un programme national des énergies renouvelables pour dépasser l’objectif européen de 20% de la part de consommation d’énergie à l’horizon 2020, construction d'éoliennes sur les friches industrielles, priorité au développement des biocarburants de 2e génération, interdiction des appareils les plus consommateurs d’énergie dès qu’une alternative se présente à un prix raisonnable.
- construction de 2.000 kilomètres de lignes nouvelles de TGV d’ici à 2020, plan d’investissement dans les liaisons fluviales «qui retirera des routes un million de camions en 2020», plan de redressement des ports, rétablissement d’une participation de l’Etat pour la construction de voies de bus, de tramways ou de voies cyclables, gel des autoroutes et aéroports, et coup de frein à l'extension des routes.
- tous les bâtiments neufs construits en France répondront aux normes de «basse consommation» d’énergie avant 2012, à l’échéance 2020, les bâtiments neufs seront à énergie positive, c’est-à-dire qu’ils produiront plus d’énergie qu’ils en consomment, plan de rénovation de 400.000 logements anciens par an.
- l'Etat consacrera un milliard d’euros sur quatre ans à la recherche sur les énergies et les moteurs du futur, la biodiversité et la santé environnementale.
- un repas «bio» sera proposé au moins une fois par semaine par les cantines publiques, et les cahiers des charges de la restauration collective incluront des produits labellisés ou issus d’exploitations certifiées.
- porter la part du « bio » dans l'agriculture française à 6% en 2012 et 20% en 2020, contre 2% actuellement, avec un doublement du crédit d'impôts aux agriculteurs déterminés à passer à la culture biologique.
- les ministères et les administrations feront un bilan carbone dès 2008 et engageront un plan pour améliorer de 20% leur efficacité énergétique. Les nouveaux véhicules des administrations devront être propres dès 2009.
- interdiction en urgence des pesticides les plus dangereux : plan de réduction de 50% des pesticides, «si possible dans les dix ans qui viennent», plan d’éradication du saturnisme et une nouvelle loi sur l’air, insonorisation des logements dégradés à proximité des aéroports d’ici cinq ans.
- adoption d'une loi de programme qui fixera les principes et les objectifs de la politique française de développement durable à long terme, création d’un droit à l’alternative pour tous, afin que des décisions environnementales «ne laissent personne dans une situation insoutenable». Tous les grands projets publics seront arbitrés en intégrant leur coût pour le climat, leur «coût en carbone». Un projet dont le coût environnemental est trop lourd sera refusé. Les décisions non écologiques devront être motivées et justifiées comme «dernier recours». Création d’un droit à la transparence totale des informations environnementales et de l’expertise.
Même si on peut mettre des bémols et qu'il faille rester vigilant, il faut bien reconnaître que c'est un énorme pas en avant.