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Accueil » Environnement » Le monde selon Monsanto de Marie-Monique Robin : un livre et un documentaire

Le monde selon Monsanto de Marie-Monique RobinMarie-Monique Robin sort un livre le 6 mars 2008 : "Le monde selon Monsanto – De la dioxine aux OGM, une multinationale qui vous veut du bien", coédition Arte éditions / La Découverte.

En parallèle à cette sortie, Arte diffusera un documentaire, réalisé par l’auteur et produit par Arte, le 11 mars 2008 à 21h.

Monsanto est le leader mondial des OGM, mais c’est aussi l’une des entreprises les plus controversées de l’histoire industrielle. Production de PCB , de polystyrène, d’herbicides dévastateurs (agent orange) ou d’hormones de croissance bovine et laitière (interdites en Europe) : depuis sa création, en 1901, la firme a accumulé les procès en raison de la toxicité de ses produits. Pourtant, aujourd’hui, Monsanto se présente comme une entreprise des "sciences de la vie", récemment convertie aux vertus du développement durable. Qu’en est-il exactement ? Quels sont les objectifs de cette entreprise, qui, après avoir longtemps négligé les impacts écologiques et humains de ses activités, s’intéresse tout à coup au problème de la faim dans le monde ?

Fruit d’une enquête exceptionnelle de trois ans qui a conduit Marie-Monique Robin dans trois continents (Amérique du Nord et du Sud, Europe et Asie), ce livre retrace l’histoire fort mal connue de cette entreprise.

Marie-Monique Robin est une journaliste française, qui a obtenu le Prix Albert Londres en 1995 pour Voleurs d’yeux. Fille d’agriculteurs, aujourd’hui retraités, du Poitou-Charentes, elle a vu depuis toujours l’emprise des pesticides…

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21 Commentaires

  1. delgui dit :

    Une émission de France Inter par Isabelle Giordano en mp3

    .

  2. Candide dit :

    Bonjour,
    Je salue avec grand respect et intense gratitude, comme j’avais voulu le faire pour Rachel Carson et son « Printemps silencieux », l’imposant et merveilleux travail d’éveil des consciences réalisé par Marie-Monique Robin.

    Je ne pourrais mieux faire pour rendre à son travail tout l’honneur qu’il mérite que de reprendre les paroles mêmes qu’Haroun Tazieff avait eu la gentillesse d’écrire pour la préface de notre recherche sur « La mort des abeilles » :

    « L’inconscience est une chose, la complicité est une autre.
    Que l’administration, dont la plupart des membres ignore la réalité des problèmes énergétiques, se laisse convaincre par des arguments fallacieux qu’il faut en passer à l’électro-nucléaire, cela se comprend sans peine. Que, pour ne pas déplaire aux puissants groupes financiers qui ont tout intérêt à l’électronucléaire, la même administration refuse d’entendre les arguments économiques irréfutables qui démontrent que cette politique énergétique à courte vue est à la fois catastrophique et inutile, n’est pas, en régime démocratique, admissible.

    Que l’administration, par ignorance, autorise l’usage abusif des pesticides, des herbicides et des médicaments, cela peut se comprendre. Que la même administration, pour ne pas faire la moindre peine aux puissants groupes financiers qui ont intérêt à l’utilisation massive de cette chimie, redoutable et polluante, refuse l’évidence et tolère les empoisonnements, n’est pas, en régime démocratique, admissible.

    En ce dernier quart de siècle, l’inconscience et la rapacité criminelle de certains groupes de pression multinationaux ont anéanti des douzaines d’espèces vivantes, animales et végétales. Des équilibres naturels délicats et précieux sont détruits à jamais. Mais, seuls encore agriculteurs, éleveurs, forestiers, pêcheurs et naturalistes s’en aperçoivent.

    La lèpre chimique, inutile en fait, mais pour une minorité infime infiniment rentable, cependant progresse et s’étale. Si l’on n’y met un rude, rapide et résolu hola, des catastrophes sont imminentes.

    L’une des sonnettes d’alarme est notre vieille et très fidèle amie, l’abeille. Les pesticides les tuent par millions, et ces millions d’abeilles stupidement massacrées préludent à d’autres massacres.
    Hommes, femmes, réveillez-vous !
    Haroun Tazieff, 1979
    Directeur de Recherche
    Au C.N.R.S. Paris
    H.R.

  3. Rog dit :

    Comment une journaliste ayant aucune base scientifique peut-elle écrire des chose pareilles !!!! Sachez que le reportage que j’ai visionné il y a quelques jours sur LA UNE interprète mal les études scientifiques et leurs fait dire ce qu’elles ne disent pas.

    Je ne prône pas pour autant les OGM ou Monsanto, mais je trouve honteux de diffuser des émissions comme ca. Ce côté manipulation qu’elle critique chez Monsanto est retrouvé dans son reportage (elle manipule le gens qui n’ont pas les bases scientifiques pour comprendre).
    Je ne peux que conseiller à toutes personnes ouvertes de se renseigner par eux même sur les OGM et de lire ce livre avec beaucoup de reculs.

    Voici un texte qui dit en quoi ce reportage est à regarder avec recul:
    .

    J’espère que vous ne pratiquerai pas la censure de ce message tout en critiquant la censure d’études de Monsanto.

    Salutation

  4. h2so4 dit :

    Regardez ceci :
    (par AFIS, Marcel Kuntz – Avant-propos de Michel Naud)

    Marie-Monique Robin est journaliste d’investigation. Elle a atteint la notoriété avec la réalisation en 1995 du reportage controversé « Voleurs d’yeux » sur la légende urbaine des trafics d’enfants afin de réaliser des prélèvements illégaux d’organes [1]. Elle a réalisé depuis de nombreux autres reportages. Une de ses productions précédentes, diffusée sur CANAL+ en 2004 puis rediffusée sur ARTE en 2006, « Le sixième sens : science et paranormal » [2], avait de nouveau attiré notre attention, en ce qu’il témoignait pour le moins d’une grande complaisance pour les pseudo-sciences et de difficultés réelles pour distinguer ce qui relève de l’imposture et ce qui relève de l’évaluation scientifique.

    Son reportage « Le monde selon Monsanto », diffusé le 11 mars 2008 en première partie de soirée par la chaîne franco-allemande ARTE, est présenté comme la conclusion d’une « enquête magistrale et alarmante » qui mettrait en lumière « un projet hégémonique menaçant la sécurité alimentaire du monde mais aussi l’équilibre écologique de la planète » [3].

    Nous aurions pu décider d’ignorer ce reportage. Notre décision de ne pas le faire a été mûrement pesée. Certes, après tout, le titre du film annonçait un regard pour le moins critique sur cette entreprise multinationale mais il ne présupposait pas pour autant une attitude hostile ou réservée envers les biotechnologies végétales. Par ailleurs, nous n’ignorions pas que le fait de commenter ce reportage, qui plus est de façon critique, ne manquerait pas d’être commenté dans les réseaux hostiles à l’utilisation des biotechnologies végétales dans l’agriculture et l’alimentation comme une complaisance coupable avec la société Monsanto.

    Pour prendre notre décision, nous avons donc attendu de visionner le reportage, ce que nous avons pu faire puisqu’il a déjà été diffusé sur d’autres chaînes francophones (RTBF1, TSR2). Après visionnage de ce reportage, il apparaissait, en se limitant au seul champ de l’information scientifique, qu’il était truffé de contrevérités et d’approximations relayées sans esprit critique.

    Nous avons donc considéré qu’il était de notre responsabilité d’alerter les téléspectateurs francophones contre les allégations colportées malheureusement une nouvelle fois avec ce reportage.

    Nous nous devons d’ailleurs de regretter publiquement que ce soit une chaîne audiovisuelle du service public, réputée de qualité, qui se prête, alors que la représentation nationale est saisie de l’examen du projet de loi sur les biotechnologies, à une entreprise qu’il faut bien qualifier de désinformation.

    Les passions se faisant volontiers véhémentes sur ce sujet sensible, nous entendons être clairs sur l’attitude qui est la nôtre au regard de cette alerte que nous lançons. Nous ne cherchons pas à identifier les motivations de l’auteure du reportage et ne lui prêtons aucune intention : seuls les propos tenus et rapportés dans le reportage sont traités. Nous ne nous préoccupons pas dans notre commentaire présent du reportage en général, des thèses (économiques, sociales, politiques, éthiques, etc.) qui peuvent se trouver y être véhiculées en particulier, ou encore des thèmes abordés qui sont sans rapport avec les biotechnologies végétales (agent orange, hormones de croissance, etc.) : nous avons réalisé le choix éditorial de nous borner à constater que, dans le déroulement de ce qu’elle considère comme étant sa démonstration, la documentariste relaie des informations fausses ou inappropriées relatives aux plantes génétiquement modifiées ; nous entendons rétablir la matérialité des faits en ce qui concerne les biotechnologies végétales ; nous restons en conséquence très factuels, avec des références précises, en reprenant les allégations du reportage dans l’ordre chronologique de leur apparition.
    Michel Naud, 5 mars 2008
    Le film « Le monde selon Monsanto » part du postulat que le passé (années 60 et début 70, voire avant) de la firme chimique Monsanto « éclaire ce qu’elle est ou prétend être aujourd’hui ». Les culpabilités passées, si elles sont avérées, amenant à la conclusion, leitmotiv du film, « on ne peut pas faire confiance à Monsanto, jamais ! ».

    La posture générale peut être ainsi synthétisée :
    a) les biotechnologies sont intrinsèquement dangereuses ;
    b) les risques ne sont pas évalués comme ils devraient l’être ;
    c) cette insuffisance est imputable à l’influence de Monsanto sur les instances d’évaluation.

    Le cas de la production du L-Tryptophane serait l’illustration première de la déficience des instances d’évaluation : il s’agit bel et bien d’un véritable accident industriel imputable à une mauvaise filtration pouvant laisser passer un contaminant (Belongia et al. (1990). An Investigation of the Cause of the Eosinophilia-Myalgia Syndrome Associated with Tryptophan Use", The New England Journal of Medicine, 323(6) :357-365) ; signalons d’ailleurs qu’il ne s’agissait pas d’un produit végétal mais bactérien, et que la firme responsable n’était pas Monsanto, ni même américaine, puisqu’elle était japonaise (Showa-Denko KK).

    Afin d’examiner la validité scientifique du film, ce texte se concentrera sur les seuls arguments scientifiques relatifs aux seuls OGM. Les autres thèmes, Agent Orange, hormone de croissance bovine recombinante et l’herbicide RoundUp, tout comme les autres aspects (économiques, sociaux, etc.), mériteraient aussi d’être commentés mais le choix a été réalisé de se focaliser sur les arguments scientifiques maltraités dans le reportage.
    Argument n° 1 : le principe d’équivalence substantielle aurait conduit à considérer les OGM comme équivalents aux autres aliments, et donc à ne pas les évaluer

    Dans les années 90, un débat a porté sur les risques potentiels des applications de la transgénèse (sont-ils de nature différente de ceux des autres variétés végétales ?) et sur la façon de les évaluer. Le concept de substantial equivalence a été proposé comme un outil d’évaluation des incertitudes, dans un cadre d’harmonisation des approches étatsunienne et européenne (1). Il s’agit d’une méthode comparative de l’OGM avec un organisme reconnu comme sûr (en raison d’un long usage antérieur), c’est-à-dire la variété non-OGM la plus proche (hormis le transgène). La réalisatrice du film a, quant à elle, compris qu’il s’agissait d’un principe dispensant l’OGM d’études ! Il s’agit donc d’un contre-sens complet.

    Ce principe a évolué depuis l’origine : il est aujourd’hui considéré comme une étape (impliquant des analyses vérifiant expérimentalement la composition équivalente en substances chimiques) vers d’autres études (tests toxicologiques sur rongeurs par exemple), si nécessaire.

    La principale faiblesse de ce passage du film est qu’il assimile des risques théoriques à des risques avérés, et un débat sur ces risques à une preuve de la dangerosité.
    Argument n° 2 : le « lanceur d’alerte » Arpad Pusztai aurait été sanctionné car ses travaux montreraient la dangerosité des OGM

    Le 10 août 1998, Arpad Pusztai annonça à la télévision britannique qu’il était en mesure de prouver que les plantes transgéniques pouvaient entraîner des effets inattendus (sur des rats en l’occurrence). Il s’agissait d’une lignée de pomme de terre expérimentale (n’appartenant pas à Monsanto). Que cette annonce ait suscité une excitation médiatique est étonnant en soi car, dans un passé récent, trois variétés de pomme de terre conventionnelles n’ont pu être commercialisées pour cause de présence intempestive de substances toxiques, sans que cela n’attire l’attention de la presse … De plus, si une variété OGM devait se révéler, à l’étude, impropre à la consommation, elle ne serait pas commercialisée, sans que cela préjuge du cas des autres OGM : les évaluations se font, et doivent se faire, au cas par cas.

    Contrairement à ce qui est dit dans le film, le directeur de l’Institut de recherche de Pusztai n’était pas au courant des soi-disant résultats de son chercheur : submergé d’appels de la presse le lendemain de l’interview, incapable de répondre, il mena une enquête qui lui suggéra qu’aucune donnée fiable n’était en possession de Pusztai. Ce dernier n’a d’ailleurs jamais publié dans un journal scientifique ses affirmations médiatiques (sa publication d’octobre 1999 ne reprend pas la plupart de ses allégations de 1998). Il y a donc eu une entorse grave à la déontologie scientifique qui veut que les données soient d’abord publiées dans un journal scientifique (et ainsi soumises pour examen critique par tous) avant médiatisation : dans le cas contraire, les affirmations ne peuvent être vérifiées, ce qui ouvre la voie à toutes les allégations fantaisistes.

    Pusztai persiste aujourd’hui dans sa posture victimaire, mais en fait il n’a jamais convaincu la communauté scientifique, et encore moins la commission qui l’a entendu et qui a conclu a des résultats « deeply flawed ». Tous les éléments du dossier sont présentés dans la référence (2, de manière équilibrée (y compris sa défense par quelques personnes qu’il a lui-même sollicitées).
    Argument n° 3 : l’évaluation du soja transgénique serait insuffisante et montrerait des anomalies sur les animaux

    Parmi les amis de Pusztai figure Ian Pryme (ils ont collaboré à de nombreuses reprises). Dans le film, Pryme « décortique » une publication de Hammond et collaborateurs (3) décrivant l’évaluation du soja génétiquement modifié (GTS ou 40-3-2) de Monsanto. Bien que publiée dans un journal scientifique reconnu, l’étude de Hammond et al. serait, pour Pryme, « de peu de valeur » et de la « mauvaise science ». Précisons que Pryme était un scientifique compétent, mais que l’on voit mal en quoi ses travaux scientifiques lui permettent de remettre en cause une publication peer-reviewed et qui, depuis sa publication en 1996, n’a été contestée par aucun spécialiste du domaine.

    Examinons en détail l’un des arguments à charge contre le soja GTS de Pryme. La publication montrerait une coloration plus prononcée du foie de rats gavés de ce soja ! Précisons d’abord que cette publication jugée « minimaliste » a examiné les effets sur des rats mais aussi sur des poulets, des poissons et des vaches laitières (sans anomalies). Que lisons-nous page 723 ? Plusieurs individus ont présenté une coloration plus sombre du foie (tous les autres paramètres étant normaux) chez les rats gavés du soja GTS. Effectivement. Ce que Pryme omet de préciser est que cette même caractéristique a également été observée chez les rats nourris de soja contrôle (non OGM) et n’est donc pas liée à la modification génétique, mais plus probablement à la consommation, en quantité élevée, de soja cru.

    Précisons, car le film omet de le mentionner, que deux autres publications de 1996 montrent, pour ce même soja, par rapport à un soja contrôle, une composition similaire en nutriments et anti-nutriments (4) et que la protéine spécifique du soja GTS ne montre pas d’effet dans des tests de toxicité aigüe (5). De plus, une publication de 2005 montre que l’introgression du transgène dans d’autres variétés de soja ne change pas leur composition en substances principales (6). Mêmes résultats quand le soja est cultivé en Europe (Roumanie) (7). Une étude de l’Université d’Etat du Dakota du Sud, sur plusieurs générations de souris nourries de ce soja, n’a pas révélé d’anomalies (8). Toujours dans la liste des omissions du film, une étude d’un groupe hospitalier danois qui ne montre pas de problème d’allergie pour ce soja (9). Et pour finir, citons l’avis européen (10).
    Argument n° 4 : les échecs du coton Bt pousseraient les paysans indiens au suicide

    L’efficacité du cotonnier Bt n’est pas celle du maïs Bt. Les générations actuelles de cotonniers génétiquement modifiés permettent de réduire significativement le nombre d’épandages d’insecticides (d’un facteur trois à quatre) mais ne les abolissent pas pour autant complètement : les variétés actuelles de cotonnier ne sont pas protégées contre tous les ravageurs et cette protection est variable suivant la saison (11, 12, 13).

    Même si certains épandages restent nécessaires, ces résultats positifs des cotonniers Bt, cultivés dans neuf pays en 2007, suffisent à expliquer que la part des agriculteurs indiens acquérant des semences biotechnologiques soit passée de 0 (en 2001) à 63 % (en 2007 ; soit 3, 8 millions d’agriculteurs) (14). Les difficultés rencontrées localement doivent être analysés en fonction des situations locales (15), sans oublier qu’en Inde ont pignon sur rue des vendeurs de variétés non-certifiées, quelquefois vendues comme transgéniques (Bt) alors qu’elles ne le sont pas.

    En résumé, le film met en scène des événements dramatiques, réalise une sélection partielle et partiale de l’information et désigne un coupable – les OGM – : il relègue artificiellement au second plan le rôle des facteurs les plus souvent invoqués pour expliquer ce phénomène initialisé bien antérieurement à l’introduction des semences biotechnologiques, à savoir le surendettement et l’usure (16) et omet totalement les études qui montrent des bénéfices pour les cultivateurs de Bt (17). Le film omet aussi de mentionner que l’entreprise américaine Monsanto n’est plus la seule à vendre des semences biotechnologiques de cotonnier en Inde (18, 19) et que la recherche publique y développe ses propres variétés OGM (20).
    Argument n° 5 : le maïs transgénique envahirait le Mexique et produirait des formes monstrueuses

    Le film donne le beau rôle à Ignacio Chapela qui prétend avoir détecté, au Mexique, la présence de transgènes en provenance de maïs OGM des États-Unis. Le fait que les travaux de ce chercheur ait été contestés, contredits par d’autres et désavoués par la revue Nature (voir 21, pages 28-29) est passé sous silence dans le film : Chapela serait la victime d’une « campagne de diffamation » ! N’est pas mentionnée non plus la réflexion exemplaire, déjà menée, sur les implications qu’auraient l’utilisation de maïs transgéniques au Mexique (22), ni l’analyse de Bellon et Berthaud (23) montrant que ce n’est pas la présence d’un transgène qui nuirait à la biodiversité du maïs dans ce pays mais l’abandon des pratiques de sélection traditionnelle des fermiers paysans.

    Des sommets sont atteints lorsque sont montrées des images de mutation affectant la morphologie florale et qui seraient susceptibles de se diffuser dans les maïs mexicains. Ce qui est montré (le film parle d’une espèce locale) est en fait une crucifère nommée Arabidopsis thaliana, plante modèle de laboratoire, utilisée entre autres pour étudier le développement floral, grâce notamment à ces mutations (dites homéotiques). Précisons, pour sortir de la vision apocalyptique du film, que certaines de ces mutations, qui peuvent apparaître spontanément, procurent le caractère « fleurs doubles » particulièrement apprécié des amateurs de fleurs ! Pour faciliter la recherche, ces caractères peuvent être créés par transgénèse, grâce à la propriété du transgène de s’insérer aléatoirement dans le génome (au moment précis de la transformation, mais plus dans les lignées sélectionnées). Le film insinue que ces événements aléatoires pourraient survenir par croisements d’une lignée transgénique de maïs avec des variétés non-transgéniques. Ce qui est faux puisque la lignée transgénique commercialisée possède une seule insertion, qui est stable, et ne saute plus aléatoirement dans le génome. Ces affirmations sont, de plus, parfaitement grotesques quand on sait que plus de la moitié du patrimoine génétique du maïs est formée, sous l’effet des mécanismes de l’évolution (mutations, sélection naturelle), d’éléments génétiques résultant d’insertions de fragments d’ADN, générés par le maïs lui-même nommés rétro-transposons…

    Ces connaissances scientifiques n’empêchent pas un militant anti-OGM – que l’on voit manipuler sans scrupules des paysans en leur montrant des images de « monstres » (par exemple, plantes avec trois épis) – de prétendre qu’il s’agit de maïs transgéniques, qu’il faut arracher sous peine de les voir envahir les champs de maïs traditionnel.
    En guise de conclusion

    À la formulation d’une hypothèse classique selon laquelle les biotechnologies végétales constitueraient, pour l’entreprise américaine Monsanto, un choix stratégique en faveur de la biologie la repositionnant par rapport à la chimie, son métier d’origine, le film préfère prêter à Monsanto l’intention de « contrôler la nourriture » et les « populations du monde ». L’objet du reportage est de documenter cette opinion, mais force est de constater qu’il est truffé d’allégations pseudo-scientifiques. Comme la plupart des personnes convaincues par avance du caractère néfaste des OGM tout comme des motivations des entreprises biotechnologiques, la réalisatrice, non outillée pour faire le tri entre le vrai et le faux sur le plan scientifique, ne se montre ainsi perméable qu’aux seuls arguments allant dans le sens de ses a priori et expose aux téléspectateurs l’image d’un monde binaire, avec des bons et des méchants.
    Marcel Kuntz, 3 mars 2008

    Références

    (1) .
    (2) .
    (3) .
    (4) .
    (5) .
    (6) http://highwire.stanford.edu/cgi/me
    (7) http://highwire.stanford.edu/cgi/me
    (8) http://highwire.stanford.edu/cgi/me
    (9) http://highwire.stanford.edu/cgi/me
    (10) http://ec.europa.eu/food/dyna/gm_re
    (11) http://www.iisc.ernet.in/currsci/ju
    (12) http://www.iisc.ernet.in/currsci/ma
    (13) .
    (14) http://www.isaaa.org
    (15) .
    (16) .
    (17) .
    (18) . ?infoId=15663
    (19) .
    (20) .
    (21) .
    (22) .
    (23) .

    [1] Le reportage traitait du cas d’un enfant dont, d’après le témoignage de la mère, on aurait « volé les yeux » dans l’objectif d’y prélever les cornées pour une greffe. Une contre-expertise, suite à la sortie du film, par les professeurs Gilles Renard (service d’ophtalmologie de l’Hôtel-Dieu de Paris), Marc Gentilini (maladies infectieuses et tropicales à la Pitié-Salpêtrière) et Alain Fischer (immunopédiatrie à l’hôpital Necker-Enfants malades) concluait : « Il n’y a pas eu de vol des yeux de cet enfant », l’enfant a toujours ses globes oculaires et est atteint d’une kératite bilatérale sévère avec ulcération profonde de la cornée, consécutive à une affection diarrhéique. Le prix Albert Londres avait été décerné avant la connaissance de ce dénouement. Sources : article de Jean-Yves Nau paru dans l’édition du 19.09.95 du quotidien Le Monde et consultable dans les archives électroniques payantes du journal : Un rapport médical contredit un reportage sur un trafic d’organes en Colombie ; Le jury Albert-Londres, qui a primé « Voleurs d’yeux », est embarrassé par une expertise française ; un article d’accès gratuit dans le quotidien l’Humanité .

    [2] 17 septembre 2006, 23h55. Le paranormal est-il soluble dans la science ? Notre cerveau possède-t-il des capacités encore insoupçonnées ? Une voyante, un extralucide et un guérisseur se prêtent aux expérimentations des scientifiques… avec des résultats étonnants.

    [3] 11 mars, 21h00. Du continent américain à l’Inde en passant par l’Europe, une enquête magistrale et alarmante sur la multinationale américaine qui commercialise 90 % des OGM dans le monde. Ce reportage a précédemment été diffusé par la chaîne belge RTBF1 et la chaîne helvétique TSR2.

  5. b3us dit :

    L’AFIS est une association de scientifique, dont le président est un industriel métallurgiste.

    Après quelques recherches sur Google, il s’avère que cette association et en particulier Mr Naud son président et Mr Kuntz sont particulièrement pro-OGM. (voir http://nonaumoratoire.free.fr/ )

    Quant à la tentative de discrédit de Marie-Monique Robin par la mise en cause de son reportage "voleurs d’yeux" je vous propose de jeter un oeil sur cet article :
    .
    (l’Humanité dont Mr Naud préconise la lecture, mais je n’ai pas trouvé d’article discréditant Mme Robin, comme Mr Naud ou Kuntz semble l’entendre)

    Pourquoi cette obstination à défendre les OGM sans qu’on est évalué, par des études indépendantes et réalisées sur une durée suffisemment longue (ce qui n’est pas le cas actuellement), la dangerosité de ces OGM ?

    Je suis stupéfait par ce comportement de l’AFIS qui est composée de scientifiques…

    En qui peut-on faire confiance maintenant ?

  6. marcel chevallier ou chevallier marcel et alors dit :

    ne pas croire ce que j’entends, ce que je voie,ce qui est dit

  7. Albert dit :

    A propos des "voleurs d’yeux".
    .

  8. Pol dit :

    Marie-Monique Robin a fait aussi un excellent reportange et un livre où elle montre que le paranormal, les cuillers qui se tordent, la transmission de pensée, ça marche et c’est scientifique. Là aussi les scientifiques s’y opposent.

  9. Pat dit :

    Excellent reportage. Quand je vois la façon de faire de monsanto, le fait de s’accaparer les sociétés semencières de par le monde, le fait d’envoyer des pseudo détectives chez les agriculteurs, les poursuites avec leur horde d’avocats, ca me fait vomir. Que font les gouvernements ??? Rien, ils touchent leurs envelloppes ou tirent profit d’une manière ou d’une autre de cette plaie qui s’abat sur le monde.
    Ca m’étonne qu’aucun agriculteur ne se soit pas encore servi de ces soi-disant détéctive monsanto comme fertilisant.
    .
    Toutes les infos si vous voulez agir.

  10. BURN BABYLON BURN ! dit :

    Veuillez lire les articles présents sur ce site pour élargir votre opinion.

    Sachez que l’agriculture mondiale produit de quoi nourrir 12 milliards d’être humains et que nous sommes moitié moins nombreux sur Terre.

    Que les excédents sont brûlés pour maintenir les cours.

    Qu’une personne qui meure de faim , meure vraiment, hein, c’est pas un film à la télé, alors imaginez votre mère, votre fils, votre épouse en train de creuver de faim parce-que monsieur TRADER GOLDEN BOY de merde boursicotte devant son mac book dorée …

    Sachez également, que NiKola TESLA a découvert au début du 20ème siècle le moyen de produire de l’électricité GRATUITEMENT et que monsieur JP MORGAN , qu’il soit maudit, a tout fait pour que ses recherches n’aboutissent pas. En effet il avait pas mal d’action dans la General Electric et si on peut produite de l’électricité gratos, comment se faire des couilles en or pendant 200 ans ??? Réponse, bah on ne peut pas… Solution, on l’enterre lui et ses découvertes.
    Ok c’est grave quand même non ? On a eu le charbon et les désastres associés, on a eu le nucléaire et les désastres associés… Et je continue à payer comme un con ma facture EDF, de merde !

    Sachez en point final, qu’il n’y a pas de riches , sans pauvres et que 20 personnes détiennent à elles seules 660 millliards de dollars d’argent de poche.
    Que le budget de l’armée américaine cette année sera de 1000 milliards de dollars.
    Tout ce fric pourrait servir à changer de système économique, basé sur l’humanisme et le partage.

  11. Sangchaud2 dit :

    Pas l’ tout de rester ronger son frein devant son poste après l’émission, bougeons notre popotin ! On aura besoin de plein de monde dans les champs quand ça les reprendra d’y ressemer leurs saletés de PGM. Déjà, en attendant, tous à la manif du 29 mars pour empêcher la fameuse loi OGM telle qu’elle a été trafiquée par certains sénateurs à la solde d’on ne sait qui… suivez mon r’gard. Empêchons qu’elle ne repasse telle-quelle à l’assemblée nationale en avril. Sans cela on l’a dans l’fion les amis.
    Pour l’Ouest grand rassemblement à la gare de Rennes à 12 h ce 29 mars. Il y aura à manger que des bonnes choses et plein de gens intéressants à qui causer. Des gens qu’on voit aussi dans l’poste.

  12. chapeldunak dit :

    Pour vous , b3us,

    CHERCHEURS = PRO OGM ???
    RECHERCHE SUR GOOGLE = TRAVAUX D’INVESTIGATIONS (tiens ça me rappelle un certain reportage ?)

    Voici l’article dont parle Kuntz, (pour chercher sur google , enlever les moufles !!)

    .

    Un reportage sous le feu de la critique

    DES médecins colombiens de l’hopital Salazar-de-Villeta, se sont-ils ou non livrés à un trafic d’organes portant sur les yeux ? Oui, affirmait-on dans un reportage – intitulé « Voleurs d’yeux » – de la journaliste Marie-Monique Robin, produit par l’agence Capa, qui a été couronné en mai 1995 par le prix Albert-Londres (investigations journalistiques) pour l’audiovisuel. On y traitait notamment du cas de Wensi Jaison Cruz Vargas, un enfant âgé de cinq mois à l’époque, qui aurait été victime, dans cet hôpital, d’une ablation des yeux dans l’unique but de récupérer ses cornées pour les greffer. L’enquête était corroborée par le témoignage de la mère de Jaison affirmant que l’on avait « volé les yeux » de son enfant.

    L’établissement et les médecins incriminés avaient démenti. Et demandé à trois spécialistes français internationalement reconnus – les professeurs Gilles Renard (service d’ophtamologie de l’Hôtel-Dieu de Paris), Marc Gentilini (maladies infectieuses et tropicales à la Pitié-Salpêtrière) et Alain Fischer (immunopédiatrie à l’hôpital Necker-Enfants malades) – de procéder à un examen médical de l’enfant, aujourd’hui âgé de douze ans. Il a eu lieu le 3 août dernier et « le Monde », dans son édition daté d’aujourd’hui, en révèle les conclusions.

    Elles sont formelles : « Il n’y a pas eu de vol des yeux de cet enfant », est-il écrit dans le rapport des trois professeurs. « On peut affirmer avec certitude, précisent-ils, que l’enfant que nous avons examiné possède toujours ses globes oculaires et que ceux-ci n’ont donc été enlevés à aucun moment de sa maladie. » Cette maladie, une kératite bilatérale sévère avec ulcération profonde de la cornée, consécutive à une affection diarrhéique, est, selon eux, « loin d’être rare dans les pays sous-développés ». Ils démontrent également qu’il est impossible que l’on ait pu enlever les cornées tout en laissant les globes oculaires. Enfin, ils estiment que l’état infectieux de l’enfant constituait en lui-même une contre-indication médicale absolue au prélèvement d’organe ou de tissu, vus les risques de contamination pour le receveur.

    Interrogé par « le Monde », Henri Amouroux, président du jury du prix Albert-Londres, juge qu’« un tel document est indiscutable ». « Nous n’entendons pas le contester », ajoute-t-il en précisant que les membres du jury seront réunis « le plus tôt possible » afin « de savoir quelles conclusions nous devons tirer de ces nouveaux éléments ».

  13. b3us dit :

    Quoiqu’il en soit Monsanto a trop pris les gens pour des cobayes et n’a trop penser qu’en termes financiers.
    Maintenant c’est aux citoyens de montrer leur pouvoir afin que de tels abus ne se reproduisent plus.
    Comme le dit Sangchaud2 l’heure est à l’action, reportage de Marie-Monique Robin ou pas, il y a eut trop d’abus (mensonges, manipulations, corruption, etc…) et il faut montrer notre désaccord avec de tels pratiques !

  14. b3us dit :

    Citation :
    "CHERCHEURS = PRO OGM ???
    RECHERCHE SUR GOOGLE = TRAVAUX D’INVESTIGATIONS (tiens ça me rappelle un certain reportage ?)"

    1°/ chercheurs = pro-ogm : pas tous, heureusement !
    2°/ je n’ai jamais prétendu faire de l’investigation !

    Ce que je vois c’est que vous essayez de discréditer un reportage par des moyens plus que douteux… Ce que je sais, c’est que certains éléments de son reportage sont indiscutables et suffisent amplement a jeté un sérieux doute sur la philanthropie de Monsanto et sur certains organes de décisions.
    Ce que les citoyens attendent ce sont des études sérieuses et en aucun cas être pris pour des cobayes comme ils l’ont été de trop nombreuses fois par le passé (un petit rafraichissement de mémoire : l’amiante, le sang contaminé, l’amiante, les farines animales, les pesticides dans les îles, le nuage de Tchernobyl pour ne citer que les derniers plus connus).

    Toujours est-il que même si les OGM sont moins dangereux que les pesticides, les citoyens avant d’accepter ce fait veulent être surtout sûr que les OGM ne sont pas pires. Et ça, c’est loin d’être prouvé !!!

    En tout cas les pratiques avérées de Monsanto (qui doit employer parmis les meilleurs scientifiques au monde) fait tellement peur à des gens comme moi que je ne comprend pas pourquoi plus de scientifiques ne jettent leur discrédit sur de telles pratiques. Car Monsanto jettent, si ce n’est le discrédit, en tout cas une certaine suspicion des citoyens sur leur profession de scientifique !

    Les citoyens ont perdu confiance dans les OGM en parti à cause des pratiques de Monsanto, aux scientifiques de la regagner si cela en vaut la peine !

    En attendant je manifesterais autant que possible contre cette vision du progrès et surtout sur les moyens mis en oeuvre pour atteindre ce progrès, manipulations, mensonges, corruption, autant de pratiques indignes de pdg, de politiciens et sutout de chercheurs ! Pratiques qui ont été la cause de tant de drames par le passé !

    Le progrès oui mais pas à n’importe quel prix !

  15. independante dit :

    Essaye t’on de nous rendre plus bêtes que l’on est., ceci malgré les nouvelles technologiques qui diffusent des in formations. Monsanto essaye partout dans le monde de faire pression sur les politiques et certaines entreprises avec son argent.De plus, on autoriserait d’une part à Monsanto ses ventes de produits " dangereux pour la santé" et d’autre part on interdirait la manipulation génétique dans la biotechnique. Ne sommes-nous pas manipulés? N’oubliez pas les essais nucléaitres dans les années 1970 env. dans le pacifique.

  16. camille dit :

    Il y aura une rediffusion de l’émission de arte sur "la vie selon Monsanto" le 19 avril sur la TNT a 9h45!! A voir ou revoir!
    Salutation

  17. nano718 dit :

    On peut se demander du serieux du documentaire "Le monde selon Monsanto"? Serait-il identique à un précédent (Voleurs d’yeux )? Attendons de connaitre les conclusions de l’enquête sur ce dernier reportage !
    Pour ma part lorsque le reportage n’est qu’à charge il ne peut être honnête . Et puis on y mélange tout : les OGM ,les herbicides , les pesticides , les insecticides ,la dioxine . Cette dernière qui est rejetée par nos incinérateurs bien Français ,mais n’appartenant pas à Monsanto ?
    Je conseille à Mme Robin qui travaille beaucoup de faire une étude sur les boues Françaises de station d’épuration ,du producteur au consomnateur ,vaste chantier ??? Merci à vous .

  18. Senot dit :

    engagé dans le developpement d’une filière agro-industrielle du Moringa en Afrique, je suis tout particulièrement concerné par ce livre.
    Je dois préciser à Marie-Monique Robin que le pouvoir de nuisance de Monsanto est encore plus fort qu"elle ne le croit.
    En effet, elle indique dans l’introduction de son livre que cette société, sur son site web, ne fait aucune mention des produits toxiques qui ont fait sa fortune, en citant entre autre le DDT. Marie-Monique Robin écrit le DDT, aujourd’hui interdit.
    Grave erreur, qui prouve le pouvoir de Monsanto.
    Depuis 2 ans, sans tambour ni trompette, l’OMS, oui je dis bien l’OMS a officiellement réautorisé l’usage du DDT!!!!!!!
    Cette réautorisation s’est faite en cachette!!!
    Réautorisé pour lutter contre le palud !!!
    J’ai de très bonnes raisons de penser que le palud est un faux nez pour relancer la commercialisation d’un produit toujours aussi dangereux que lors de son interdiction il y a plus de 30 ans.
    J’ai d’ailleurs dit à une dirigeante de l’OMS concernée par ce sujet ; " pauvre Afrique, vive l’Efrique".

  19. Alu dit :

    Bonjour,

    Il y a matière à s’entendre sur plusieurs points, pour peu qu’on fasse preuve de bonne volonté :

    1. Tout d’abord, la pratique de la science est réservée aux scientifiques, de sorte que la validité des résultats parus dans des revues à comité de lecture doit être discutée seulement par des scientifiques, ou plus exactement par ceux d’entre eux qui travaillent activement dans le même domaine (on comprend très bien pourquoi un physicien n’a pas à donner son avis scientifique sur des travaux de génétique, par exemple).

    2. L’utilisation que la société fait des résultats scientifiques doit être discutée et approuvée par les citoyens au moyen d’un débat que les journalistes sont priés de susciter et d’entretenir.

    Tant que chacun reste à sa place, tout va bien. Or, dans le débat sur les OGM (comme dans d’autres, hélas), de nombreux glissements de compétence ont nuit à la clarté du débat public :

    1. Certains scientifiques ont cru bon de s’exprimer en tant que "militants", et non en tant que chercheurs. Les convictions n’étant guère compatibles avec la rigueur scientifique, qui leur préfère les faits et l’expérimentation, ces scientifiques sont sortis du cadre de la science et doivent dès lors être entendus comme de simple citoyens (à plus forte raison s’ils ne publient pas ou ne travaillent pas activement dans le domaine concerné. L’étendue de la science empêche, de nos jours, de voir clair loin de sa spécialité).

    2. Certains journalistes se sont arrogé le droit de juger de la validité d’études publiées dans des revues à comité de lecture, ou d’émettre des doutes sur cette validité par l’entremise de prétendus "chercheurs" qui ne disposent pas d’objections solides. Là encore, cette attitude est néfaste et doit être combattue.

    Alors, qu’en est-il vraiment ?

    D’un point de vue technique, aucune étude parue à ce jour (Août 2008) dans une revue à comité de lecture n’indique sans équivoque que les OGM sont dangereux pour l’alimentation humaine (je suis en master de génétique. Ceci n’est pas une affirmation gratuite). Les prétendues malformations des foies de souris dont parlent les médias sont déclarées non significatives dans les articles concernés.

    Le citoyen peut en revanche désirer un autre type de société, voire une autre agriculture, où les OGM ne constituent pas une réponse adaptée. L’AFIS, petite association au public hélas trop restreint, joue donc pleinement son rôle en dénonçant la *confusion* qui règne sur deux choses pourtant très différentes :
    – d’un côté, ce qui est établi par les scientifiques et ne saurait être débattu sans preuve
    – et de l’autre, ce que la société souhaite.

    Je comprends que l’on puisse s’opposer aux OGM parce que le type de société auxquels ils se rattachent ne plaît pas. En revanche, j’attends de toute personne qui prétend que les OGM sont dangereux pour la santé humaine des preuves solides publiées dans des revues scientifiques à comité de lecture, non contredites par d’autres publications, et non entachées par un biais expérimental majeur. À ce jour (Août 2008), personne n’a fourni de telles preuves.

  20. Ciile. dit :

    Moi j’voudrais vraiment revoir le documentaire … pour essayer de mieux comprendre. Y’a pas possibilité de le revoir?

  21. raji dit :

    bien sûr : dans google écris "Le monde selon Monsanto". C’est tout !