Visitez notre nouveau site : Autourdubio.com

Accueil » Environnement » Nanoproduits : l'Afsset reconnait des risques possibles

Martin Guespéreau, Directeur de l'AfssetL’Afsset (Agence française de sécurité sanitaire de l’environnement et du travail) vient de confirmer que l’innocuité des nanotechnologies est loin d’être avérée (structures ou particules dont l’une au moins des dimensions est comprise entre 1 et 100 nanomètres ou milliardième de mètre). Du coup, "le principe de précaution s’impose", selon son directeur général, Martin Guespéreau, qui recommande un étiquetage clair, voire des interdictions. Il présentait hier un rapport sur les risques liés aux nanomatériaux pour la population et pour l’environnement.

Plus de mille produits de consommation courante – raquettes de tennis, crèmes solaires, sel de cuisine, emballages alimentaires, vêtements – peuvent contenir des nanomatériaux. Dans la moitié des cas, il s’agit des nanoparticules d’argent dont les propriétés antimicrobiennes sont exploitées pour des applications très diverses : chaussettes sans odeur, ustensiles de cuisine, pansements, tissus pour les grands brûlés, produits d’hygiène…

A l’échelle des nanoparticule, la matière acquiert des propriétés nouvelles, et la petite taille peut suffire à "changer l’effet" d’une matière, mais trop d’inconnues demeurent sachant que seulement 2% des études publiées sur les nanomatériaux concernent leurs risques éventuels, alors que tout le reste est consacré à leur développement. L’Afsset annonce qu’elle devrait, d’ici deux ans, établir une "grille d’évaluation" permettant un premier classement en fonction des risques.

L’Afsset a passé au crible 4 des 246 produits de consommation avec nanos identifiés sur le marché français : chaussettes "antibactériennes", lait solaire contenant des nanoparticules de dioxyde de titane (Ti02) pour mieux protéger contre les UV, ciment auto-nettoyant au Ti02 pouvant présenter des risques pour les bricoleurs ou professionnels, silice alimentaire nanométrique pour éviter que sel ou sucre en poudre s’agglomère.

Le jugement final est "plutôt sévère pour les chaussettes" qui peuvent avoir "un impact sur l’environnement absolument majeur" à cause du nanoargent disparaissant dans l’eau de lavage et risquant de perturber les stations d’épuration ou certains poissons, selon M. Guespéreau, qui recommande leur interdiction.

"Ne revivons pas le scandale de l’amiante", lance le directeur de l’Afsset en pensant aux salariés exposés.

Billets relatifs

Commentaires fermés