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Accueil » Agriculture Biologique » Les poulets bio industriels de Duc

La création d’une filière de poulet bio chez Duc montre que le marché de la bio et les évolutions réglementaires suscitent des opportunités que les industriels s’empressent de saisir, en s’appuyant sur des lacunes ou imprécisions de la réglementation bio. Malheureusement, ces industriels détruisent la bonne image de la bio auprès du consommateur, en reproduisant à l’identique les mécanismes de l’agriculture intensive, ceux là même qui mettent à mal le monde agricole d’aujourd’hui.

Premier producteur européen de volailles certifiées, le groupe Duc a inauguré, le 25 octobre 2011 à Tannerre-en-Puisaye (Yonne), deux premiers bâtiments et parcours d’élevage destinés à la production de poulets bio. Onze autres bâtiments affectés à la filière bio viendront s’ajouter d’ici à la fin du 1er semestre de 2012. Le groupe Duc propose aux éleveurs locaux un contrat d’exclusivité par lequel Duc s’engage à fournir les poussins, leur alimentation et la logistique d’élevage, ainsi que ses compétences sur l’optimisation de la production.

Comme le souligne la FNAB (Fédération Nationale d’Agriculture Biologique) dans son communiqué du 26 octobre, les méthodes de production de ces poulets bio (abattage à 71 jours, pas de lien au sol, bâtiment d’élevage bio dans des fermes conventionnelles) ne sont pas favorables aux producteurs qui tirent « un plus faible revenu d’un poulet abattu jeune ». La FNAB critique le raccourcissement du cycle d’élevage (71 jours au lieu de 81 – ce qu’autorise certes la réglementation nationale) et la « quasi-absence de lien au sol alimentaire » : les bâtiments sont « posés dans des fermes qui resteront conventionnelles pour leurs autres productions, et ne pourront donc pas nourrir leur élevage avec leurs propres céréales ». Il s’agit d’un « détournement des choix de la société civile, exprimés à l’occasion du Grenelle » et elle appelle à une « modification des textes réglementaires bio pour éviter toute reproduction de ce type de schéma ».

Malgré tout, les acteurs de la bio avaient anticipé ce phénomène avec le lancement il y a un an de la marque Bio Cohérence qui apporte un repère et un véritable critère de différenciation face à ces dérives. La démarche est globale tant au point technique, social et économique, par exemple :
– Ferme 100% Biologique
– Abattage des poulets à 81 jours minimum
– Lien au sol obligatoire d’au minimum 50%
– Alimentation 100% bio des volailles
– Élevages à taille humaine
– Intégration de critères sociaux et économiques

Aujourd’hui, il faut donc boycotter les produits bio proposés par les industriels de l’agroalimentaire !

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