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Accueil » Environnement » Des frites OGM bientôt dans nos assiettes ?

Fortuna pourrait bien devenir la première pomme de terre génétiquement modifiée (OGM) destinée avant tout à l’alimentation humaine, si le numéro un européen de la chimie, l’allemand BASF, obtient l’autorisation européenne de la cultiver à des fins commerciales.

Ce dérivé des pommes de terres Fontane, l’une des variétés les plus utilisées pour la fabrication de frites, pourrait donc être introduit sur le marché en 2014 ou 2015, selon BASF. C’est sans doute un peu optimiste de leur part – on l’espère, du moins – car il s’était écoulé près de 14 ans entre la demande d’autorisation déposée par BASF en 1996, et la réponse favorable des autorités européennes (2010) pour la pomme de terre Amflora.

L’autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) devra en tester la sécurité pour les humains, les animaux et l’environnement, mais elle n’a pas encore reçu la demande de BASF, qui doit lui être transmise par la Commission européenne. Elle rendra ensuite son avis scientifique mais n’a pas de délai limite. La décision d’autorisation revient ensuite à la Commission européenne et aux Etats membres.

Fortuna résiste au Mildiou, un parasite très dévastateur pour les cultures de pomme de terre qui fut notamment l’une des causes de la grande famine irlandaise au XIXe siècle, et détruit encore jusqu’à 20% des récoltes annuelles de pommes de terre dans le monde, selon le groupe allemand. BASF explique être parvenu à utiliser deux gènes de résistance au mildiou prélevés sur une variété sauvage de pomme de terre sud-américaine. Si l’Union européenne l’autorisait, il s’agirait de la première pomme de terre OGM à pouvoir se retrouver dans nos assiettes.

En termes de culture à des fins commerciales, seuls deux OGM sont déjà autorisés en Europe : le maïs MON810 de la multinationale américaine Monsanto et la pomme de terre Amflora, de BASF. Cette dernière est avant tout destinée aux usages industriels (amidon pour la pâte à papier et engrais pour le jus), et à l’alimentation animale (pulpe).

Stephanie Töwe, spécialiste des OGM chez Greenpeace Allemagne a réagi : « Il ne faut pas produire de produits alimentaires de base génétiquement modifiés », pointant les risques de dissémination des modifications génétiques aux cultures traditionnelles. « Une production non-OGM durable n’est ensuite plus possible ».

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