Visitez notre nouveau site : Autourdubio.com

Accueil » Agriculture Biologique » Un agriculteur poursuit Monsanto en justice

Paul François, agriculteur du nord de la Charente, âgé de 47 ans, poursuit la firme Monsanto devant le tribunal de grande instance de Lyon qu’il accuse d’avoir commercialisé l’herbicide Lasso, malgré sa dangerosité, jusqu’en 2007.  A l’issue de l’audience d’hier, le tribunal a mis sa décision en délibéré au 13 février 2012.

« Nous attendons du tribunal qu’il déclare Monsanto responsable du préjudice et que l’obligation d’information sur le produit n’était pas respectée sur l’étiquette », a déclaré devant le tribunal son avocat, François Lafforgue.

A l’origine, en avril 2004, Paul François a inhalé du Lasso, en nettoyant sa cuve : cinq mois de malaises et de troubles neurologiques s’en suivent, ainsi que des pertes de mémoire. L’agriculteur ignorait que ce produit qu’il utilisait depuis 15 ans pouvait être aussi toxique. Selon les experts, il a été victime d’une inhalation aiguë venue s’ajouter à une exposition chronique depuis 15 ans.

Monsanto avance « qu’il n’est pas possible scientifiquement de retrouver des traces du produit sept mois après l’inhalation » et reproche à l’agriculteur, qui ne portait pas de masque, de ne pas s’être protégé suffisamment.

Le tribunal des affaires sociales et sanitaires a reconnu le lien entre son accident du travail et sa maladie en 2008. Paul François espère donc démontrer la responsabilité du géant de agroalimentaire mondial et obtenir des dommages et intérêts : « Nous apportons la preuve que Monsanto savait depuis les années 80 car dans d’autres pays des collèges d’experts avaient mis en avant la dangerosité du produit et avait posé de réelles questions à la firme ».

C’est une première cette action en justice et l’agriculteur n’attend pas spécialement l’indemnisation, mais plutôt montrer l’exemple : « J’espère, à travers le procès, qu’une firme comme Monsanto prenne sa part de responsabilité. On montre souvent la responsabilité des agriculteurs dans cette pollution. Ils vont être les premières victimes parce que les maladies apparaissent maintenant. J’ai un collègue de 42 ans qui est décédé. Il avait deux enfants de cinq ans. Les médecins ont mis en avant son métier ».

Commentaires fermés