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Accueil » Agriculture Biologique » Le Haut conseil des Biotechnologies : oui à la coexistence des cultures conventionnelles et OGM, mais…

L’actualité des OGM est dense ces derniers jours : les ministères de l’écologie et de l’agriculture français ont annoncé, vendredi 13 janvier 2012, que la culture du maïs transgénique Monsanto 810 restera interdite en France en 2012, malgré la décision du Conseil d’Etat d’annuler la clause de sauvegarde prise en 2008 à son encontre.

OGM j'en veux pasPar ailleurs, le numéro un mondial de la chimie, l’allemand BASF, a annoncé, lundi 16 janvier 2012, qu’il renonçait au développement et à la commercialisation de nouveaux produits transgéniques destinés à l’Union européenne, face aux réserves « la majorité des consommateurs, des agriculteurs et des responsables politiques » de certains pays vis-à-vis de cette technologie : la culture d’Amflora, la pomme de terre OGM destinée à l’industrie, renforcée en amidon, qui contient un gène de résistance à des antibiotiques, qui avait été autorisée en Europe en 2010, va être arrêtée.

Aujourd’hui, le Haut conseil des Biotechnologies (HBC) a rendu un avis public, requis en septembre 2010 par le ministère de l’Agriculture, dans lequel il estime que la coexistence de cultures de plantes conventionnelles avec celles génétiquement modifiées (OGM) est possible à condition d’instaurer une distance de sécurité et une rotation des cultures. Mais, si l’on veut réduire le taux de transgène dans les cultures non OGM à 0,1%, des « mesures contraignantes » comme notamment l’obligation de respecter des distances entre les types de cultures, vont s’imposer.

En effet, le niveau toléré de présence fortuite d’OGM dans les productions conventionnelles doit être, soit inférieur à 0,9%, selon la réglementation européenne de 2003, sinon il doit être estampillé « avec OGM », soit inférieur à 0,1%, bientôt pour les filières françaises « sans OGM », bio notamment. Le HCB considère « qu’il est possible de respecter » le seuil de 0,9%, quelles que soient les cultures étudiées (maïs, soja, pomme de terre ou betterave sucrière) « par la mise en œuvre de mesures techniques à l’échelle de l’agriculteur », lesquelles « ne diffèrent pas ou peu des conditions actuelles de production ».

Mais pour respecter le taux maximum d’OGM toléré de 0,1%, il conviendra de « réviser les normes et les conditions de production de semences et plants » afin que ces derniers soient « exempts d’OGM » : une mise en œuvre des conditions techniques qui « serait extrêmement contraignante pour tous les opérateurs ». Cette future norme française du »sans-OGM » risque de coûter très cher aux agriculteurs bio et par ricochet aux consommateurs. On peut se demander pourquoi le ministère de l’Agriculture a saisi le HCB sur cette question délicate de la coexistence OGM et non-OGM alors que le gouvernement essaye de bannir la culture d’OGM sur le territoire national… L’actualité OGM n’est pas terminée !

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