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Accueil » Agriculture Biologique » Des assises pas très stables pour la Bio

Aujourd?hui, l’Agence Bio va-t-elle confirmer le plan de neutralisation de la Bio annoncé par Michel Barnier le 12 septembre dernier ?Depuis 40 ans, la bio souffre d’une distorsion de concurrence inacceptable qui renchérit le prix de ses produits au consommateur. Elle assume en effet elle-même, en les évitant, les coûts environnementaux, sanitaires et sociaux que l’agriculture conventionnelle fait peser sur les contribuables : pollutions des eaux, destruction des sols, maladies liées aux pesticides, disparition des petites fermes… De plus, la politique agricole la pénalise systématiquement au profit des agricultures les plus nocives pour l’environnement. Vouloir développer la bio française uniquement par le marché sans corriger ces distorsions relève d’incantations qui n’auront pas plus d’effet que les précédents plans gouvernementaux, lesquels l’ont laissée végéter à 2% de la production agricole française.

Annoncer le développement de la restauration collective bio sans débourser le moindre crédit nouveau, qui pourrait pourtant être pris sur les aides directes les plus grosses et les plus injustifiées, n’aura pas plus d’effet. Au contraire, avec une telle politique, la demande croissante des consommateurs sera toujours freinée par des prix trop élevés et ne renforcera que l’appel aux importations venant des pays qui soutiennent réellement leur agriculture bio.

Michel Barnier n’ose pas remettre en cause le peu de soutien déjà accordé aux organisations professionnelles bio, ni le crédit d’impôt, seule et très modeste mesure corrective déjà existante, qu’il envisage du reste (et comme par hasard) d’étendre à l’agriculture raisonnée. Mais, alors que ces deux mesures sont nettement insuffisantes, il n’annonce que leur simple reconduction. Il promet par contre un million d’euros aux organisations professionnelles conventionnelles pour qu’elles enseignent leur conception de la bio (qu’elles n’ont jamais soutenue !) à des professionnels qui la pratiquent depuis de nombreuses années ! Et 3 millions d’euros pour l’industrie agro-alimentaire et la grande distribution.

Concernant la recherche, il ignore totalement les innovations permanentes des réseaux professionnels bio, coordonnées par l’ITAB (Institut technique d?agriculture biologique), mais veut les soumettre à la tutelle des instituts techniques et de recherche conventionnels (ACTA et INRA). Alors qu’une concertation avec les professionnels concernés s’est engagée au sujet des préparations naturelles peu préoccupantes utilisées en bio, il promet de l’arrêter? pour la confier à une commission de l’INAO dominée par les organisations conventionnelles et l’administration !

Enfin, concernant les risques de destruction de la bio par les OGM, il n’annonce… rien de concret !

Ceux qui ont applaudi l’annonce de ce plan l’ont-ils bien lu ? Vont-ils demain construire les outils de sa réalisation ? Nature et Progrès continuera, pour sa part, à demander que les services environnementaux, sanitaires et sociaux rendus par la bio à l’ensemble des citoyens soient compensés par la politique agricole et non par une augmentation du prix de ses produits, ce qui bloque son expansion. Pour N&P, le développement de la bio doit rester sous la responsabilité des consommateurs et des professionnels bio, et non sous celle du lobby de l’agriculture polluante, quand bien même se dirait-elle raisonnée?

Contact : Nature & Progrès, tél : >?XML:NAMESPACE PREFIX =" ""SKYPE" />04 66 91 21 94

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