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Accueil » Agriculture Biologique » Monsanto tente de profiter du séisme en Haïti

OGM j'en veux pasMonsanto veut profiter de la destruction d’Haïti pour y imposer "gentiment" ses semences génétiquement modifiées… Le gouvernement haïtien a accepté l’aide de Monsanto et son don de 475 tonnes de maïs à Haïti dans le cadre du projet Winner, une initiative de l’agence publique américaine d’aide au développement. Pas très scrupuleuses ces pratiques…

Début juin, entre 8.000 et 12.000 paysans haïtiens avaient manifesté contre le gouvernement qui distribuaient des semences OGM Monsanto. Les paysans craignent, à juste titre, que les semences reçues soient une menace pour les variétés locales. Avec les hybrides F1 de Monsanto, les paysans ne peuvent pas utiliser la récolte comme semence. Ils sont donc obligés d’utiliser des engrais et des produits phytosanitaires pour les cultiver, et de racheter les semences chaque année : la souveraineté alimentaire de Haïti risque bien de disparaitre ainsi. C’est ce que dénonce la Confédération Paysanne.

Chez Monsanto, on tente de minimiser en indiquant que les semences données aux Haïtiens n’étaient pas génétiquement modifiées mais qu’il s’agissait de "semences hybrides conventionnelles, déjà utilisées en République dominicaine".

Le Mouvman Peyizan Papay (MPP) à la tête de la lutte en Haïti contre les semences hybrides de Monsanto, n’entend pas se laisser faire. "Le gouvernement haïtien utilise le séisme pour vendre le pays aux multinationales", a dénoncé Jean-Baptiste Chavannes, coordinateur du MPP. Pour lui, les dons de Monsanto constituent "une attaque contre l’agriculture paysanne, contre les fermiers, contre la biodiversité, contre les semences locales, contre ce qui reste de notre environnement en Haïti".

2 Commentaires

  1. Paul HOLLY dit :

    SEMENCES MOSANTO ET HAÏTI

    Les réactions (feed-back) de certains membres de mes groupes de contact, dont plusieurs confrères, m’ont incité à faire des ajouts à mon premier texte. Cependant, malgré tout, j’ai essayé d’écrire un texte simple.

    Mille excuses pour le quasi doublon!

    Je n’ai matériellement pas le temps de faire un développement "scientifiquement complet", d’aller en profondeur, d’entrer dans les détails. Concédez-moi alors une approche "simpliste", disons non exhaustive.

    Cet article m’est parvenu à un moment inopportun, durant mes vacances estivales.

    Ainsi, quasi en style télégraphique, juste quelques informations pour les novices et des rappels pour les autres sur le Maïs, et principalement sur les semences de Maïs!

    A) Origine:
    Le Maïs (nom scientifique Zea mays) est une plante herbacée annuelle de la famille des Poacées, les Graminées, largement cultivée comme céréale pour ses grains riches en amidon, mais aussi comme plante fourragère. On n’abordera pas ici un développement sur les deux (2) tribus (Maydae et Andropogonae), les sept (7) genres (Coix, Zea, Tripsacum, …), les espèces (mays, les téosintes, …), et les sous-espèces (mays, mexicana, …).

    Le terme lui-même, désignant aussi le grain de Maïs, vient de l’espagnol Maíz, emprunté lui-même à la langue des Taínos de Haïti qui le cultivaient. Il est originaire d’Amérique Centrale, d’Amérique du Sud et d’Amérique du Nord, et constituait la base de l’alimentation des Amérindiens avant l’arrivée en Amérique de Christophe Colomb.

    Introduite en Europe au XVIe siècle, elle est aujourd’hui cultivée mondialement et est devenue une des trois (3) céréales mondiales avec le riz et le blé. Avec l’avènement des semences Hybrides dans la première moitié du XXe siècle, puis des semences transgéniques (OGM) tout récemment, le Maïs est le symbole de l’agriculture intensive.

    Très important à signaler:
    Haïti étant un des pays d’origine du Maïs, la plante locale haïtienne possède une base spécifique de génomes originaux et originels d’une extrême importance dans les domaines de la bio-diversité mondiale et de la recherche agronomique locale et internationale. Ce sont des génomes à conserver, à ne pas perdre.

    B) Les catégories de semences de Maïs:
    1) semences naturelles, traditionnelles, locales haïtiennes;

    2) semences sélectionnées: a) on choisit les meilleurs grains sur les meilleurs épis (gros grains au centre de l’épi); b) stade suivant, on fait des travaux de recherches mélioratives en laboratoire et en champ. Ceci se fait par des croisements d’espèces, de genres, de sous-espèces, de variétés, …;

    3) semences Hybrides: certains types de croisement ont donné des semences à haut potentiel. Un hybride F1 est la première génération d’un croisement végétal (ou d’un animal), entre deux (2) variétés distinctes ou races de lignées pures (donc homozygotes). La variété ainsi créée bénéficie de la vigueur hybride ou Hétérosis.

    Pour obtenir en champ ce potentiel au stade optimal il faut des intrants (engrais, pesticides, …). Ce haut potentiel n’est extériorisé que pour la première descendance des croisements (les enfants) que l’on nomme F1. A cause des investissements énormes pour ces travaux de recherches ces semences coûtent cher. Ainsi pour obtenir un gain (un rendement gagnant), il faut que le montant récolté par la production soit significativement supérieur au montant des dépenses de campagne. Pour cette finalité il faut utiliser des F1 et surtout tout le paquet technologique (coût supplémentaire);

    4) semences Mosanto, OGM:
    Mosanto a poussé la recherche agronomique pour obtenir des semences Hybrides dont on a modifié en plus (je souligne et mets en gras en plus) certains gènes pour obtenir des caractéristiques avantageuses, des résistances spécifiques, pour ne pas devoir utiliser certains intrants, surtout les pesticides. Par exemple le Maïs OGM-Mosanto peut résister sans insecticides à l’attaque de la chenille foreuse du Maïs, la Pyrale. Le Maïs produit lui-même un insecticide contre cette chenille. Il y a aussi un Maïs OGM qui résiste à l’herbicide "Rondup"; il y a un autre qui résiste à la verse. On peut combiner les multiples avantages dans un seul plant.

    Toujours pour l’obtention du potentiel élevé (produire plus, productivité élevée, rendements élevés, revenus plus importants) les semences OGM sont obtenues dans la majorité des cas à partir d’Hybrides. Autre formulation: on part de semences Hybrides pour les amener à des semences OGM. Conclusion: les semences OGM de Mosanto sont des semences Hybrides, mais améliorées par mutation génétique.

    A signaler: le terme OGM, donc découlant de mutation transgénique induite, est utilisé quand on provoque la mutation par la recherche, mais de telles mutations arrivent sporadiquement dans la nature sans intervention humaine.

    Dans la race humaine il vient d’y avoir récemment un tel cas: un (1) couple de Blacks (politiquement correct) vient de mettre au monde un bébé Blanc. Ils n’ont pas d’ascendants de race blanche et on a vérifié et éliminé tous les événements susceptibles que ce fait arrive. C’est apparu dans la presse britannique. Si ce fait est avéré (pas utilisation de fécondation in vitro, etc.), alors la cause est inéluctablement une mutation génique. Et ce bébé n’est pas le premier Humain OGM. Il faut penser à Australopithèque, Homo Erectus, Cro-Magnon, Néanderthal, Homo Sapiens, …

    Depuis l’apparition de la vie jusqu’à nos jours les plants, les animaux, …que nous cultivons, élevons et consommons, et ce avant les OGM proprement-dits, ont subi naturellement des mutagenèses.

    C) Mosanto et Haïti:
    1) les semences fournies sont "certainement" des OGM, ou au minimum des semences Hybrides;

    2) et Mosanto a fourni aussi les intrants nécessaires en même temps;

    3) utiliser uniquement (donc en abandonnant les semences locales haïtiennes) ces semences données par Mosanto entrainent que l’agriculteur sera obligé d’acheter tous les ans des semences à Mosanto, la fameuse génération F1, que seule Mosanto produit dans des champs "semenciers" multiplicateurs. Ces champs fournissent la génération F1 (les enfants). Ainsi l’agriculteur est incapable de garder une partie de sa récolte pour les semis de sa future campagne agricole.

    Il peut le faire encore en F2 (les petits-enfants; seconde génération), mais le rendement sera faible. En F3 (petits-petits-enfants; 3ème génération), F4, …le résultat sera très faible, quasi nul, même avec apport d’intrants de plus en plus importants. Pourquoi?

    Il n’est pas intéressant de ressemer les grains récoltés. En effet, les plantes qui en résulteraient seraient différentes de la variété homogène F1, car il se produit à la deuxième (2ème) génération une disjonction des caractères (en vertu de la troisième loi de Mendel). Il est donc nécessaire de racheter des semences chaque année car la production de semences F1 n’est pas à la portée de l’agriculteur moyen.

    A noter que des recherches sont en cours pour produire du Maïs "apomictique" qui permettrait la reproduction des semences à l’identique (ce qui n’est évidemment pas l’intérêt des entreprises semencières, ni peut-être à long terme celui des agriculteurs car les premières ne seraient plus en mesure d’améliorer les variétés offertes sur le marché).

    4) ainsi l’agriculteur devient dépendant, "esclave" de Mosanto pour ses semences. Mosanto a alors un monopole. (Une remarque: Mosanto n’est pas la seule entreprise à produire du Maïs OGM. Il y a Pioneer, etc.) Cette entreprise fixe alors le prix de ses semences à sa guise car sans concurrence. Et malgré tout, l’agriculteur doit acheter ces semences, à n’importe quel prix. Il a les mains et pieds liés à Mosanto. A vie! Jusqu’à la mort!

    D) Action qui aurait dû être menée en Haïti (action idéale):
    Si Haïti avait un service de formation-vulgarisation agricole digne de ce nom, si les paysans étaient bien organisés en associations, si les agriculteurs avaient une compétence et une expérience en utilisation d’innovations technologiques, alors il fallait agir ainsi:
    1) demander aux paysans de semer leurs champs avec leurs semences locales;

    2) comme c’est un don de Mosanto, demander aux agriculteurs qui le souhaitent de semer aussi (je mets en gras et je souligne aussi) des champs (éloignés des premiers) avec des semences Mosanto;

    3) utiliser les intrants donnés par Mosanto à 80% sur les semences Mosanto et à 20% sur les semences locales (le paysan très souvent n’apporte pas d’intrants dans ses champs traditionnels, manque de sous ou de disponibilité des intrants "bord champ");

    4) à la récolte veiller à ne pas mélanger les 2 types d’épis récoltés;

    5) ainsi le paysan aurait 2 récoltes (une récolte tombée du ciel = don de Mosanto). Il se servirait du Maïs des champs OGM pour son auto-consommation, pour la consommation de son bétail, etc.;

    6) le surplus du Maïs pourrait être commercialisé uniquement pour la consommation (homme, animaux, …) ou servir à des fins industrielles (bio-carburant, …). Ils seraient colorés par un colorant alimentaire distinctif. Et ainsi ces grains colorés ne devraient pas être utilisés pour ensemencer des champs. Ne point oublier que les semences, elles, sont soumises à des colorants qui leur donnent une teinte variant de l’orange au mauve car impropres à la consommation à cause de certains additifs et adjuvants toxiques surtout fongiques;

    7) réserver pour la prochaine campagne uniquement les épis provenant des champs emblavés par les semences locales.

    8) et le tour est joué, bien joué, "finement et scientifiquement" joué.

    E) Décision finale:
    1) Comme Haïti est un pays "inorganisé", alors mieux vaut interdire l’utilisation des semences Mosanto auprès de la quasi majorité des agriculteurs locaux.

    2) On perd le don, et surtout on perd la production additionnelle.

    3) Mieux que ce soit ainsi, que d’avoir un mélange de semences, entrainant une pollution des semences locales par les OGM!

    4) Mieux que ce soit ainsi, que d’avoir pire: les paysans ne conservent pas des épis locaux pour que les grains leur servent de semences à la prochaine campagne. Et ainsi devenir "esclaves" de Mosanto.

    5) Cependant elles pourraient être diffusées auprès des agriculteurs "progressifs-progressistes" ou des "gentlemen-farmers".

    F) Utopie peut-être
    Le don de Mosanto dans le domaine des semences qui serait profitable, bénéfique à l’agriculture haïtienne est que Mosanto permette à la communauté agricole haïtienne de pouvoir créer en champs semenciers multiplicateurs des semences F1 et de pouvoir les mettre disponibles "bord champ" pour les agriculteurs.

    Rêve! Utopie!

    G) Une information qui fait peur:
    Il s’agit en fait d’un "système de protection technologique", breveté par la société Delta & Pine Land et le ministère américain de l’Agriculture. Cette technologie permet la modification génétique de semences pour empêcher la germination de la génération suivante de semences. Il ne s’agit pas de stérilité au sens strict du terme puisque les plantes sont capables de produire des graines, c’est la germination de celle-ci qui est inhibée. Cette technologie a été surnommée "Terminator" par ses opposants.
    Source: Wikipédia.

    Paul HOLLY
    Bio Ir Agro

  2. jean charles dit :

    Pourriez vous me donner le nom d’une variété de maïs en lignée inscrit au catalogue français?
    Merci