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Logo européen bioLe "logo biologique" européen a été présenté aujourd’hui par la Commission Européenne : il doit s’inscrire comme un signe de reconnaissance officiel figurant sur les produits alimentaires bio préemballés produits dans l’Union européenne à partir du 1er juillet 2010.

Chacun d’entre nous pouvait voter pour choisir le logo qu’il voulait parmi les projets des trois finalistes : 130.000 personnes, en tout, ont voté pour ce logo bio européen.

Le gagnant des 6000 € du prix est donc Dusan Milenkovic, jeune graphiste allemand d’origine serbe, auteur du logo "eurofeuille", représentant les étoiles de l’Union européenne réparties en forme de feuille sur un fond vert. "Je suis parti du drapeau européen, j’ai changé la couleur et j’ai déformé le cercle d’étoiles jusqu’à en faire une feuille. J’ai aussi arrondi la forme des étoiles, pour qu’elle soit plus souple, comme si la feuille bougeait dans le vent", a-t-il expliqué, en ajoutant "je voulais qu’on reconnaisse l’origine européenne du logo, et qu’il soit très facilement identifiable".

A compter du 1er juillet 2010, le logo biologique de l’Union européenne devra obligatoirement figurer sur tous les produits biologiques préemballés élaborés dans les Etats membres de l’Union et répondant aux normes requises. Pour les produits importés, il sera facultatif. L’apposition, à côté du logo de l’UE, d’autres logos à caractère privé, régional ou national sera autorisée.

2 Commentaires

  1. Piron dit :

    Bio, non bio, vrai bio, faux bio… Aujourd’hui l’agriculture biologique est devenue tellement un phénomène de mode que l’on ne sait même plus quels produits nous assurent une alimentation saine. Tout le monde cherche le profit et qu’importe la méthode, pourvu que celle-ci rapporte de l’argent.
    Je voudrais tenter ici d’aider les consommateurs à mieux comprendre ce « bio » que l’on construit en masse et que l’on veut absolument voir sur toutes nos tables en vous racontant mon histoire. C’est en tant que producteur, mais aussi comme technicien arbo, que je vais essayer de vous éclairer…

    Installé depuis 2003 comme Arboriculteur Biologique sur un verger déjà en bio depuis plus de 10 ans, seul producteur de fruits bio de la région, j’avais le sentiment d’être au départ un peu « le phénomène écolo » que les autres arboriculteurs regardaient en rigolant.

    Aujourd’hui, ces derniers reconvertissent une partie de leur verger en bio ou plantent de nouveaux vergers. Quand cela a commencé, j’étais plutôt satisfait, c’était pour moi la clef de la réussite : un message enfin compris.

    Erreur ou naïveté de ma part : ces arboriculteurs convertis en partie n’ont que faire de la bio, seule la niche commerciale les intéresse. Pour cela, ils se regroupent auprès de centres techniques de productions et plantent des hectares de vergers bio intensifs. Ces vergers bio comptent entre 2.000 et 3.000 arbres par hectare dans le but d’obtenir des rendements 3 fois plus élevés (60 t/ha) qu’un verger bio traditionnel (20 t/ha) : le symbole même de la spéculation et du business financier ! Qu’importe l’éthique, le principal est de faire du bio à n’importe quel prix, quelles que soient les méthodes employées. Ces vergers subiront 60 à 80 interventions phytosanitaires (autorisées au cahier des charges bio), soit en moyenne 2 traitements par semaine. Sachez également que, malgré leur autorisation, de nombreux produits sont nocifs pour la santé humaine et font mourir un grand nombre d’auxiliaires utiles aux cultures, notamment nos abeilles. Il est évident qu’en densifiant les populations, les arbres seront plus sensibles aux facteurs extérieurs et, comme la production de fruits est très technique, ces traitements sont quasi obligatoires.

    Ma question est alors la suivante : avec de telles méthodes et de telles autorisations, la production de fruits biologique ne serait-t-elle pas plus dangereuse pour l’homme et notre environnement que la production fruitière du conventionnel qui utilise des insecticides spécifiques (acaricides, aphicides…) et avec un cahier des charges relativement homogène entre tous les pays, contrairement à celui de la bio ? Il est quand même triste qu’en tant que producteur bio, je puisse me poser une telle question. Ainsi, vous verrez donc des vergers palissés avec de grands poteaux, des filets nylon au-dessus des pommiers pour lutter contre la grêle, des systèmes d’arrosage très performants et intempestifs comme dans les vergers conventionnels.

    Mais je ne jette pas la pierre à ces producteurs qui subissent aujourd’hui une crise très grave et pour qui le bio est une vraie opportunité et un bel échappatoire. On leur tend la perche, alors ne les accusons pas de s’engouffrer dans la brèche. Où allons-nous ? Quel est ce bio « chimique » que l’on nous impose ? Est-ce vraiment la bio que l’on souhaite ? Production intensive, diminution de nos ressources en eau… Avons-nous perdu notre éthique et nos convictions en l’agriculture biologique ? AB ne veut plus dire agriculture biologique mais plutôt Agro-business, non ?

    Heureusement, depuis le 1er juillet, la Fédération Nationale de l’Agriculture Biologique a sorti un nouveau logo : « Bio Cohérence ». Sans cette nouvelle appellation, je pense que je ne serais pas resté en AB et me serais orienté vers la « Biodynamie » afin de me différencier de ces arboriculteurs bios intensifs. Je veux croire que ce nouvel agrément nous aidera, les vrais arbos bio, à nous défendre et surtout à garder notre image, notre philosophie et notre éthique. Mon seul regret est juste de devoir une nouvelle fois me justifier en payant pour simplement dire « je suis plus bio que le bio ».

    Les consommateurs vont peut-être encore une nouvelle fois être perdus avec ce nouveau label, mais ils doivent comprendre que je ne peux vendre mes fruits sous la même étiquette que les producteurs intensifs. Nous ne produisons pas les mêmes fruits, et nous n’avons surtout pas la même approche de l’agriculture biologique…

    Choisir « Biocoherence » c’est aujourd’hui être certain d’avoir un produit 100% BIO.

    Benoît Piron, EARL Les Vergers de Pirouette, 79310 St Pardoux.

    http://arbo-bio-conseils.e-monsite.com

  2. Nath dit :

    Sur ce sujet, il faut lire les billets :
    – sur les poulets bio industriels de Duc, qui reprennent les mêmes arguments sur la dérive du bio,
    – sur la marque Bio Cohérence.