Visitez notre nouveau site : Autourdubio.com

Accueil » Alimentation Bio » Pas d'accord européen pour interdire la viande clonée

La législation actuelle dans l’Union Européenne qui autorise la viande clonée va rester en vigueur, après 3 ans de négociations et malgré les préventions des consommateurs, en raison de l’incapacité des gouvernements et du Parlement européens à trouver un compromis aujourd’hui sur la manière de la proscrire.

La proposition de législation européenne concernant ce sujet très sensible allait dans le sens d’une interdiction, mais les tractations "ont pris fin sans accord" entre les États de l’UE et le Parlement, a annoncé la présidence hongroise de l’UE dans un communiqué. Cela signifie concrètement que les règles actuellement en vigueur, qui ne prévoient aucun encadrement spécifique de la commercialisation de la viande clonée en Europe et datent de 1997, restent en place.

La proposition d’interdiction est abandonnée. La Commission européenne, qui a l’initiative législative dans l’UE, peut certes proposer un nouveau texte, mais "cela pourrait prendre des années" pour qu’un nouveau projet se concrétise, a prévenu la présidence hongroise.

Un consensus existait en vue de proscrire la viande d’animaux directement clonés. De toute façon, les animaux d’élevage clonés, tels que les taureaux et les porcs, ne sont pas destinés à finir en steaks ou en tranches de jambon car ils coûtent trop chers (jusqu’à 100.000 euros pour un taureau) : ils servent à la reproduction. La controverse portait sur l’encadrement de la commercialisation de la viande de leur descendance.

Les députés européens ont d’abord demandé que l’interdiction de la commercialisation porte jusqu’à la cinquième génération de descendance d’un animal cloné. Ils ont ensuite proposé un système de traçabilité avec étiquetage obligatoire pour la viande de tous les animaux procréés par des bêtes clonées, afin de le signaler aux consommateurs. Les Etats ont jugé cette option irréaliste. Ils n’étaient disposés à introduire un tel étiquetage que pour la viande bovine. Un accord n’a pu être trouvé.

Le Parlement a tenté d’obtenir une solution "trompeuse" qui aurait abouti dans les faits à l’obligation d’établir "un arbre généalogique pour chaque tranche de fromage ou de salami", a déclaré le ministre hongrois du Développement rural, Sandor Fazekas. "Cela aurait donné un sentiment erroné de sécurité aux consommateurs" car une traçabilité totale et sur plusieurs générations de la descendance de tous les animaux clonés importés est aujourd’hui impossible, a-t-il ajouté.

L’Europe aurait été contrainte de facto pour l’imposer d’interdire les importations de viande d’Argentine, du Brésil ou d’Amérique du Nord, "risquant de nous entraîner dans une guerre commerciale totale", a-t-il estimé. Ce n’est pas l’avis du Parlement européen. Ses négociateurs ont accusé les gouvernements de "ne pas écouter l’opinion publique" et les consommateurs. "Dans la mesure où l’opinion publique est très largement opposée au clonage à but alimentaire, un engagement à étiqueter tous les produits issus de bêtes clonées était un minimum", ont déploré Gianni Pittella et Kartika Liotard dans un communiqué.

"Une partie des Etats ont joué la rupture, comme les Britanniques, car ça les arrange de pouvoir importer des semences clonées sans contrôle", a quant à elle accusé l’eurodéputée française Corine Lepage dans un entretien avec l’AFP. "Tout cela va avoir pour conséquence une méfiance des consommateurs à l’égard de la viande", a-t-elle averti.

Billets relatifs

Commentaires fermés