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Accueil » Développement Durable » Le méthane, gaz à effet de serre, dont on oublie la dangérosité…

le méthane et les gaz à effet de serreUn article de La Recherche rappelle, à juste titre que la lutte contre le réchauffement climatique ne doit pas se limiter à la réduction des émissions de dioxyde de carbone, et que l’impact du méthane, autre gaz à effet de serre, est crucial.

L’Union Européeenne souhaite que les émissions de gaz à effet de serre devront atteindre leur maximum dans les dix ou quinze ans qui viennent pour atteindre un niveau inférieur d’au moins 50 % à celui de 1990 d’ici 2050. Selon les auteurs de l’article, la dénomination d’"équivalent CO2", indifféremment appliquée aux concentrations et aux émissions de gaz à effet de serre, peut être source d’erreurs si sa définition et ses implications ne sont pas bien comprises des experts, conseillers des décideurs politiques.

Le dioxyde de carbone est le principal gaz à effet de serre d’origine anthropique, mais il en existe de nombreux autres dont les émissions sont tout autant dangereuses : protoxyde d’azote, ozone troposphérique, chlorofluorocarbones, mais aussi le méthane (CH4), émis par les zones humides, l’extraction du charbon, l’industrie gazière et pétrolière, les ruminants, sans compter les décharges à ciel ouvert lors de la décomposition de la matière organique.

Une réduction par deux des émissions de CO2 ne permettra pas d’atteindre à elle seule la cible de 450 ppmv d’équivalent CO2, ce qui est l’ordre de grandeur nécessaire pour limiter le réchauffement à 2 degrés. Il faut un effort concomitant sur les autres gaz. Pourtant il n’est toujours question que des efforts de réduction du CO2.

"Il est donc important, au moment où le dernier rapport du GIEC met en évidence les conséquences d’une dérive climatique à moyen terme, que des politiques de réduction des émissions de méthane et des autres gaz à effet de serre soient définies sur la base de leurs émissions réelles, en accord avec les scénarios du GIEC et en fonction des objectifs de concentrations qu’il recommande d’atteindre à des horizons donnés. En particulier, en plus de l’indispensable effort de réduction des émissions de CO2, une plus grande attention doit être donnée à la réduction à court terme des émissions de méthane, dont les effets sont élevés à l’horizon de quelques décennies. La période de deux ans de négociation sur l’après 2012, décidée à la récente Conférence de Bali, devrait donc être mise à profit pour engager une nouvelle réflexion sur ce sujet."

Benjamin Dessus, ingénieur et économiste, président de l’association Global Chance, Hervé Le Treut, directeur du laboratoire de météorologie dynamique du CNRS et Bernard Laponche, ancien directeur de l’agence française de la maîtrise de l’énergie et expert en politiques énergétiques donnent de très nombreux détails dans leur article à lire sur le site de La Recherche.

2 Commentaires

  1. alexandre dit :

    Il existe cependant une solution en cours de développement. Elle pourrait nous venir d’Australie où des chercheurs se sont intéressés aux pouvoirs écologiques du kangourou!!!

    Pour plus d’infos, le lien ci-dessous:

    .

  2. EUGENE dit :

    Lorsque le rayonnement solaire atteint l’atmosphère terrestre, une partie (environ 28,3%) est directement réfléchie, par l’air, les nuages blancs et la surface claire de la terre (en particulier régions blanches et glacées comme l’arctique et l’antarctique), c’est l’albédo. Les rayons incidents qui n’ont pas été réfléchies vers l’espace sont absorbés par l’atmosphère (20,7%) et/ou la surface terrestre (51%). Cette dernière partie du rayonnement absorbé par la surface du sol lui apporte de la chaleur, qu’elle restitue à son tour, le jour comme la nuit, en direction de l’atmosphère sous forme de rayons infrarouges. C’est le "rayonnement du corps noir". Ce rayonnement est alors absorbé en partie par les gaz à effet de serre, ce qui réchauffe l’atmosphère puis dans un troisième temps, cette chaleur est remise dans toutes les directions, notamment vers la terre. C’est ce rayonnement, qui retourne vers la terre, constitue l’effet de serre. Il est à l’origine d ‘un apport supplémentaire de la chaleur à la surface terrestre. Sans ce phénomène la température moyenne sur terre chuterait d’abord à moins de -18°C. Puis, la glace s’étendant sur le globe, l’albédo terrestre augmenterait et la température se stabiliserait vraisemblablement à moins -100°C.
    On peut considérer l’atmosphère comme un réserve d’énergie. Si l’effet de serre en plus efficace pour retenir l’énergie, ce réservoir se remplit et l’énergie emmagasinée par la surface terrestre augmente.
    En moyenne, l’énergie venue de l’espace et reçue par la terre et l’énergie de la terre émise vers l’espace sont quasiment égales. Si ce n’était pas le cas, la température de surface de la terre augmenterait sans cesse ou diminuerait sans cesse. En effet, si les échanges moyens d’énergie avec l’espace ne sont pas équilibrés, il y aura un stockage ou un déstockage d’énergie par la terre. Ce déséquilibre provoque alors un changement de la température de l’atmosphère.
    L’effet de serre doit son nom à l’analogie entre une serre destinée à abriter des plantes et l’atmosphère terrestre. Le verre de la serre joue le même rôle que celui de l’atmosphère qui contient les gaz à effet de serre.
    Les différents gaz ne contribuent pas tous à la même hauteur à l’effet de serre. En effet, certain ont un pouvoir de réchauffement plus important que d’autre et/ou une durée de vie plus longue. La contribution à l’effet de serre de gaz se mesure grâce au pouvoir de réchauffement global (PRG). Le PRG se définit comme le forçage radiatif (c’est-à-dire la puissance radiative que le gaz à effet de serre renvoie vers le sol), cumulé sur une durée de 100 ans. Cette valeur se mesure relativement au CO2.

    GES
    PRG par rapport au CO2
    Dioxyde de carbone CO2 1
    Méthane CH4 21
    Protoxyde d’azote N2O 310
    Perfluoro carbone PFC 6500 à 9200
    Hydrofluorocarbone HFC 140 à 11700
    Hexafluorure de soufre SF6 23900

    Ainsi émettre 1 kg CH4 dans l’atmosphère produit le même effet que l’émission de 21 kg de CO2 durant un siècle. L’émission de 1 kg de SF6 produit aussi le même effet sur un siècle que l’émission de 23900kg de CO2.