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Accueil » Energie / Habitation » La filière photovoltaïque cassée par l'Etat

Energie solaire à développerUn décret du 9 décembre 2010 prévoit la suspension durant trois mois de l’obligation pour EDF de racheter l’énergie solaire aux conditions tarifaires actuelles, pour les installations produisant plus de 3kW, à l’exclusion des particuliers ayant des panneaux sur leur toit. Ce moratoire de trois mois sur les aides publiques à l’énergie solaire plonge les professionnels de la filière photovoltaïque dans "une cessation d’activité forcée", qui les motive à déposer un recours devant le Conseil d’Etat. En effet, au bout de trois mois il faudra refaire tous les dossiers, donc il faut bien une annulation du décret et non une suspension.

L’association de professionnels de la filière solaire Enerplan, mais aussi l’Apesi des producteurs d’électricité solaire indépendants, et celle des producteurs-exploitants agricoles se sont jointes à la démarche. Leur discours est clair : "Ce n’est pas en changeant sans cesse les règles du jeu que la France attirera les investisseurs qui lui permettront de rattraper son retard en matière d’énergies renouvelables".

Cette décision met en danger la viabilité de nombreuses PME (20.000 emplois menacés). La société américaine First Solar, méfiante par rapport aux revirements du gouvernement, vient d’annoncer le gel de la construction de son usine de panneaux photovoltaïques, à Blanquefort (33), qui prévoyait des embauches et une centaine de millions d’euros d’investissements. Malgré les beaux discours du Grenelle de l’environnement sur le développement de l’énergie solaire, le gouvernement confirme ainsi sa volonté de mettre des bâtons dans les roues de cette filière : déjà, en janvier 2010, l’Etat avait annoncé une baisse de 30% des prix de rachat de l’énergie fournie, suivie d’une nouvelle chute des tarifs de 12% en août dernier. Par ailleurs, en septembre, le crédit d’impôt accordé aux ménages pour l’achat de panneaux solaires avait aussi été réduit de moitié.

Un récent rapport de l’Inspection générale des finances évoque "un effet d’aubaine" avec la revente d’électricité solaire, puisque le tarif d’achat évolue "entre 414 et 580 euros par MW", tandis que le prix du marché tourne autour "de 56 euros par MW". La différence est payée par le contribuable certes, mais combien paye-t-on pour le nucléaire ?

2 Commentaires

  1. lhommedelabaie dit :

    le prix du marché pour le particulier ( et non le contribuable ) est plutôt de l’ordre de 130 euros le MWh abonnement compris ( et non le MW qui est une unité de puissance ) les 56 euros correspond au marché de gros.
    La CRE fait donc payé aux particuliers une différence anormale, je considère qu’il y a là un effet d’aubaine qui bénéficie directement à EDF.

  2. panneaux solaires dit :

    La concertation devrait reprendre en janvier pour tenter de parvenir à un consensus avec les professionnels. La filière est d’ores et déjà bouleversée et freinée en pleine expansion.