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Accueil » Energie / Habitation » Lancement du 1er appel d'offres sur les éoliennes en mer, en France

Eoliennes en merLe premier appel d’offres pour l’installation de 600 éoliennes en mer sur cinq sites retenus au large des côtes de la Manche et de l’Atlantique, a été lancé aujourd’hui, lundi 11 juillet 2011. L’objectif de ce projet qui devrait être opérationnel en 2015, est une production de 6.000 mégawatts en 2020, avec plus de 10.000 emplois attendus.

Les cinq sites couvrent une surface de 533 km2 : Le Tréport (Seine-Maritime, Somme) avec 110 km2 et une puissance maximale de 750 MW, Fécamp (Seine-Maritime) avec 88 km2 et une puissance de 500 MW, Courseulles-sur-Mer (Calvados) avec 77 km2 et 500 MW, Saint-Brieuc (Côtes d’Armor) avec 180 km2 et 500 MW et Saint-Nazaire (Loire-Atlantique) avec 78 km2 pour 750 MW. Les industriels intéressés ont jusqu’au 11 janvier 2012 pour déposer leur dossier de candidature auprès de la Commission de régulation de l’énergie (CRE) pour l’un ou plusieurs des cinq sites sélectionnés. Déjà, le lancement d’un second appel d’offres pour la 2ème tranche du projet est prévu début 2012.

L’objectif, fixé par le Grenelle de l’environnement, de consacrer 23% de l’énergie consommée en 2020 aux sources renouvelables avance ainsi à tous petits pas : les installations en mer devraient assurer 3,5% de l’électricité consommée en France. Aujourd’hui, l’éolien terrestre fournit moins de 2% de la consommation française.

Ce programme vise à rattraper le retard de l’Hexagone : malgré ses 5 800 kilomètres de côtes pour la seule métropole, la France ne compte aucune éolienne offshore, quand on en dénombrait, fin juin, quelque 950 chez nos voisins européens. Bien sûr, la ministre de l’écologie, Nathalie Kosciusko-Morizet, s’en défend : "Il n’y a pas de retard… ce n’est pas une filière sur laquelle on est en retard. On a, au contraire, une filière en pleine constitution et on peut espérer faire partie des acteurs mondiaux".

Il y aura peu de surprises sur les heureux élus de cet appel d’offres puisque le gouvernement veut réserver ce nouveau métier aux industriels du nucléaire, les géants du CAC40, le plus souvent à capitaux d’Etat, soit les mêmes que dans le photovoltaïque ou l’éolien terrestre : GDF-Suez et EDF Energies Nouvelles. Un premier groupe a pris forme autour de GDF-Suez : Areva, via sa filiale allemande Multibrid, spécialisée dans la fabrication d’éoliennes offshore, l’espagnol Iberdola, exploitant de ce type de matériel, et le n° 1 mondial du BTP, le français Vinci. Un deuxième groupe a été créé autour d’EDF Energies Nouvelles : Alstom via sa filiale espagnole Electrotechnica, le n° 2 mondial du BTP Bouygues et le danois Dong Energy qui gère onze fermes éoliennes offshore en Europe.

L’installation d’une éolienne terrestre de 3 MW demande 4,5 millions d’euros d’investissement, contre 15 millions pour une éolienne offshore de 5 MW. Evidemment, ça laisse peu de places aux PME françaises… sauf en sous-traitance. Cependant, dans la perspective de cet appel d’offres, les principaux acteurs industriels, publics et scientifiques de la région Nantes-Saint-Nazaire ont déjà mis en place une filière complète, appelée Energies marines renouvelables (EMR), pour le futur parc d’éoliennes en mer. Elle regroupe plus de 200 entreprises et 27 partenaires institutionnels. D’autres initiatives semblables sont en cours en Basse-Normandie autour des Ports Normands Associés et en Bretagne avec le regroupement d’entreprises Bretagne Pôle Naval qui pilote, selon le syndicat des énergies renouvelables, le développement d’une fillière industrielles spécialisées dans les énergies marines renouvelables.

1 Commentaire

  1. Oulrich dit :

    GDF-Suez quoi que grand groupe du CAC40 à l’habitude de travailler en collaboration avec les entreprises locales. Franchement, en parallèle avec EDF, j’espère sincèrement que GDF va remporter le gros du marché. D’une part parce qu’ils ont un savoir faire et une expertise dans le domaine du renouvelable, et d’autre part parce qu’il faudrait arrêter de croire en EDF et sa politique de rentabilité.