Visitez notre nouveau site : Autourdubio.com

Accueil » Agriculture Biologique » Nicolas Sarkozy ne dit pas un mot sur l'agriculture biologique

Après le discours de Nicolas Sarkozy dans lequel il préconise une nouvelle Politique Agricole Commune, et à quelques semaines du Grenelle de l’environnement, l’agriculture biologique doit-t-elle encore rester marginale ? L’Institut national de la recherche agronomique (Inra) vient d’achever son programme Agribio 2004 à 2007 sur un bilan mitigé. Les chercheurs en agriculture biologique ont du mal à trouver leur place au sein des 1.800 chercheurs de l’institut.
La filière bio soutient à bout de bras son Institut technique de l’agriculture biologique (Itab) et ses 7 employés seulement. Son rôle est de coordonner les études menées dans quelques organismes impliqués au niveau national et régional.

Les moyens de recherche ont été multiplié par 10 entre 1990 et 2005 mais aucun pays européen n’y attribue plus de 1 % de son budget de recherche. Seule l’Allemagne y consacre des sommes significatives avec 20 millions d’euros par an. La France arrive derrière les Pays-Bas, la Suisse et le Danemark malgré une forte agriculture. Côté organisation, c’est la Suisse et son centre FiBL et ses 120 chercheurs qui font le mieux. Le FiBL ouvre d’ailleurs des antennes en Allemagne.

L’agronomie biologique doit donc faire avec les moyens du bord alors qu’elle doit relever plus de paris que son homologue chimique. La saison 2007 l’a mise particulièrement à rude épreuve avec des attaques de mildiou ravageuses et la carie du blé qui a fait son retour.

La protection passe aussi par la création de variétés plus résistantes. A l’Inra Rennes, une équipe a étudié 60 variétés classiques ou rustiques de pomme de terre pour en sélectionner 9 mieux adaptées à la bio. Pourtant aucune n’évite totalement les attaques de mildiou. La meilleure solution serait d’en créer une spécialisée, une opération qui demande presque une décennie.
En grande culture, l’agronomie biologique a également beaucoup de retard. « La variété de blé la plus utilisée en bio est la Rénan qui a plus de trente ans. On pourrait en créer une plus performante mais cela exige des moyens. Nous n’avons pas de personnel pour suivre les essais », s’agace un chercheur.

La recherche devrait aussi concerner le désherbage des parcelles qui impose beaucoup de main-d’oeuvre. L’agriculture biologique doit donc rattraper le niveau de connaissance de son homologue chimique alors même qu’elle doit se préparer tout autant aux nouvelles problématiques comme l’augmentation des rendements, le réchauffement climatique et les maladies émergentes.

Lire l’article complet dans Les Echos

Commentaires fermés