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Accueil » Alimentation Bio » Deux études démontrent l'abondance des pesticides dans l'alimentation

Deux études montrent l’importance de l’exposition aux pesticides par voie alimentaire. La direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF) a publié fin avril une étude montrant que 6 % des fruits et légumes testés présentaient des teneurs en pesticides dépassant la limite maximale de résidus (LMR). L’Institut national de l’environnement industriel et des risques (Ineris), a elle publié le 7 mai 2008, une étude concluant que "les enfants franciliens sont exposés à des pesticides variés, dont certains interdits depuis plusieurs années, alors que leurs parents ne sont pas professionnellement exposés".

Pesticides dans l'alimentationLes légumes testés par la DGCCRF : 6,3 % des échantillons sont non conformes, car excédant la LMR. Les fruits sont encore plus empreints de pesticides : 58,6 % des échantillons comportaient des résidus à des teneurs inférieures au maximum autorisé et 5,5 % étaient non conformes.

François Veillerette, président du Mouvement pour les droits et le respect des générations futures (MDRGF), indique que ces chiffres "montrent l’urgence de mettre en application la mesure de réduction de l’usage des pesticides prise dans le cadre du Grenelle".

L’étude de l’Ineris, réalisée avec l’université Paris-V, a évalué l’exposition aux pesticides de 130 enfants répartis dans l’Ile-de-France, 73 vivant en pavillon et 57 en appartement. Un total de 31 composés (insecticides, herbicides et fongicides) a été pris en compte et les prélèvements ont été effectués dans l’air, sur les poussières au sol et sur les mains des enfants. Les produits du métabolisme des insecticides ont été recherchés dans les urines.

Au moins un produit de type pesticide se trouvait dans 94 % des logements : insecticide dans 93 % des cas, fongicide pour les plantes dans 30 % des cas et herbicide dans 32 %. Le lindane, un insecticide désormais interdit en France, était le pesticide le plus fréquemment retrouvé dans l’air (88 % des logements).

Le fait le plus marquant porte sur les pesticides organophosphorés : 70 % des enfants excrétaient au moins l’un des six métabolites urinaires des organophosphorés, alors que ceux-ci étaient détectés moins fréquemment dans l’environnement intérieur.

"Cela peut signifier qu’il existe une autre source d’exposition que celles que nous avons recherchées. Cela pourrait être la voie alimentaire, indique Olivier Blanchard, responsable de l’étude. Des prélèvements alimentaires seraient donc indispensables pour passer au stade des certitudes sur la voie alimentaire d’exposition aux pesticides."

Inquiétant, non ?

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