Le purin d'ortie autorisé, mais…

Purin d'ortieUn arrêté du ministre de l’Agriculture, paru le 28 avril au Journal officiel autorise le purin d’ortie, en suivant les recommandations du rapport du député UMP du Bas-Rhin Antoine Herth, portant sur le "développement des méthodes de bio-contrôle pour la protection des cultures", c’est à dire l’utilisation de mécanismes naturels, alternatives aux pesticides chimiques, pour protéger les plantes de leurs agresseurs (insectes, champignons…).

"Les préparations dites purins d’ortie, obtenues à partir de feuilles fraîches ou séchées d’orties, sont autorisées à être mises sur le marché en tant que substance de base à usage phytopharmaceutique." Cette autorisation vaut donc pour la "recette du purin d’ortie" produite en annexe du texte et ajoute que la mention "emploi autorisé dans les jardins" est accordée.

Le purin d’ortie faisait partie des 12 propositions du rapport Herth, dont l’une concernait les "préparations naturelles peu préoccupantes" (PNPP). Il en est même le symbole.

Mais le président national de l’Association pour la promotion des préparations naturelles peu préoccupantes (Aspro PNPP), l’horticulteur périgourdin Jean-François Lyphout, n’est pas satisfait du tout, comme beaucoup d’écologistes, représentants de syndicats et associations tels que la Confédération paysanne, les Amis de la terre, Nature et progrès, Kokopelli, Agro-bio… Pour lui, la seule avancée positive réside dans le fait que "les paysans ne seront plus poursuivis s’ils en utilisent". Auparavant, la sanction pouvait aller du simple avertissement à la suspension des aides de la PAC de l’exploitant.

Outre le purin d’ortie, beaucoup d’autres purins, macérations et préparations naturelles attendent : presle, fougère, consoude, savon noir, argile… Pour vendre un produit, il faut une autorisation de mise en marché, qui demande des études de toxicité et d’impact sur l’environnement ou la faune auxiliaire, pour un coût de l’ordre de 40 000 euros par dossier. C’est bien sûr hors de portée des promoteurs des PNPP, qui représentent le plus souvent de toutes petites structures.

Disparition des abeilles, la fin d’un mystère, de Natacha Calestrémé : DVD le 7 juin 2011

Disparition des abeilles, la fin d'un mystèreDisparition des abeilles, la fin d’un mystère, le documentaire de Natacha Calestrémé, réalisé en 2008, sortira en DVD le 7 juin 2011 (15 €).

Qui est responsable de cette disparition : insecticides ? Monocultures ? Ondes radio ? Varroa destructor (acarien parasite de l’abeille) ? Le Nosema (un champignon) ou un virus ? Une enquête qui s’intéresse de près à ces véritables alliées de l’économie mondiale (l’économie de l’agriculture dépendant de ces butineuses représente pas moins de 153 milliards d’euros).

Natacha Calestrémé interroge de nombreux spécialistes du sujet : Jean-Daniel Charrière, chercheur au centre Agroscope Liebefeld-Posieux ; le professer Hans-Hinrich Kaatz de l’université de Halle en Allemagne ; le docteur Luc Belzunces de l’Institut national de la recherche agronomique (INRA) ; Marc-Édouard Colin, chercheur chez SupAgro ; ou encore Jean-Marc Bonmatin, chercheur au CNRS…

Les abeilles disparaissent massivement depuis août 2007. Ce désastre touche particulièrement l’Europe, les États-Unis, la Chine… Les pertes atteignent parfois 80% des colonies. L’industrie agro-alimentaire réalise soudain que les abeilles, en pollinisant les fleurs, sont les garantes d’une bonne récolte : l’agriculture dépendant de ces formidables pollinisatrices, représente 153 milliards d’euros dans le monde. Tout à coup, le monde a pris peur. Partant de la scène d’une disparition massive d’abeilles dans un rucher, le film déroule l’enquête, comme pour une énigme criminelle, à la recherche des différentes hypothèses sur la mortalité des abeilles.

Ce que révèle ce documentaire est stupéfiant. La disparition des abeilles n’est pas due à une multitude de causes mais à un coupable bien précis. Et le phénomène s’accroît d’années en année. L’environnement des abeilles est aussi le nôtre. Il est grand temps de s’en préoccuper.

Le Gers débouté sur l'annulation des autorisations de maïs transgéniques

Gers bioLe Gers est un département rural qui veut miser sur l’agriculture biologique. Déjà en juin 2010, le Conseil général avait adopté un texte selon lequel il s’opposait aux essais de cultures OGM en plein champ dans son département.

En octobre 2010, ce département avait engagé plusieurs actions, afin d’obtenir l’annulation de 6 autorisations de mise sur le marché de variétés de maïs GM données en juillet 2010 par la Commission européenne. Mais selon le Tribunal, le département du Gers ne réunit pas toutes les conditions nécessaires pour présenter une telle demande. Invoquant l’irrecevabilité, ils n’ont pas étudié le fond de la demande du Gers et les arguments en faveur de l’annulation des autorisations. Ainsi, le 11 avril 2011, le Tribunal de la Cour de Justice de l’Union européenne (CJUE) a rendu une ordonnance dans laquelle il conclut à la non recevabilité du recours du Gers.

OGM j'en veux pasDans cette affaire, le Gers, rejoint dans son recours par quatorze autres régions et départements français et soutenu par quelques autres, demandait l’annulation de ces autorisations invoquant notamment les effets négatifs affectant ses efforts pour soutenir sur son territoire une agriculture biologique et de qualité.

Pour attaquer une décision, les "entités régionales ou locales" qui font la demande de l’annulation doivent remplir deux conditions simultanées : être directement et individuellement concernées par cette décision. Or, les arguments présentés par le Gers ne permettent pas de l’individualiser par rapport à l’État français. Par ailleurs, l’autorisation attaquée ne concerne que la mise sur le marché de maïs GM et non une autorisation de culture. Pour le Tribunal, le risque de dissémination involontaire n’est donc pas avéré et ne serait de toute façon pas plus particulièrement dommageable pour le territoire de ce département, que pour l’ensemble de la France : le Tribunal ne reconnaît donc pas ici une spécificité locale.

Le Gers ne souhaite pas en rester là et envisage les différentes voies qui lui sont ouvertes. Il a a deux mois pour faire appel de cette ordonnance devant la CJUE, et pourrait aussi saisir, en France, le Conseil d’État sur la légalité des autorisations. Devant cette instance, le Gers a en effet plus de chance d’être jugé recevable, sa spécificité agricole ayant déjà été reconnue. Dans un tel cas, le Conseil d’État devrait donc ensuite poser une question préjudicielle à la CJUE sur la légalité des six décisions de la Commission européenne. Et le fond de cette affaire pourrait alors être enfin examiné.

En savoir plus sur Inf’OGM.

Le Printemps Bio du 1er au 15 juin 2011

Printemps Bio 2011Comme chaque année, le Printemps Bio est de retour : du 1er au 15 juin 2011, dans toute la France, les acteurs de l’agriculture biologique invitent tous les publics à s’informer sur ce mode de production et de transformation spécifique et à déguster des produits bio. Cet événement est l’occasion, pour tous les consommateurs, de (re)découvrir principes, valeurs et pratiques de l’agriculture biologique et pour les professionnels de l’agriculture de s’informer sur les techniques et les perspectives de cette agriculture respectueuse de l’environnement, en plein développement.

Cette année, les Français pourront notamment se retrouver autour d’Apéros Bio pour savourer des boissons et accompagnements bio, en particulier lors de temps forts organisés les vendredi 10 et samedi 11 juin dans toute la France : vins issus de raisins bio, cidres, bières, jus de fruits et sirops bio. Ils pourront également savourer la multitude de produits bio disponibles pour accompagner l’apéritif : fruits et légumes de saison, viandes et charcuterie, produits laitiers, céréaliers et oléagineux. Les boissons bio sont l’un des marchés bio les plus dynamiques, affichant des ventes en croissance de 42% pour les jus de fruits bio et de 17% pour les vins issus de raisins bio entre 2008 et 2009. La filière viticole est même l’une des filières végétales les plus dynamiques de France. Depuis 2006, les surfaces viticoles conduites en bio augmentent chaque année de +20 à +25%. En 2009, cette croissance a atteint un record de +39% par rapport à 2008.

Des centaines d’actions vont être menées dans toutes les régions de France : • portes ouvertes dans des exploitations bio, des vignobles et dans des entreprises (pique‐niques chez les vignerons, petits‐déjeuners et goûters à la ferme, randos bio, marchés de producteurs à la ferme,…) ; • expositions, conférences (sur l’agriculture biologique, le développement durable, l’alimentation, le jardinage bio, …) ; • marchés bio, foires, « Fêtes de la Bio », regroupant de nombreuses activités, pour petits et grands ; • animations en magasins spécialisés avec des dégustations, des échanges avec les producteurs, des ateliers culinaires, etc. ; • animations‐dégustations en grandes et moyennes surfaces et mises en avant de produits bio ; • de nombreux repas bio (en restauration collective et commerciale, notamment les restaurants scolaires) ; • des animations dans les classes ; • des actions tournées vers les professionnels (démonstrations techniques, tables rondes, portes ouvertes dans des fermes de référence…).

A l’occasion de Printemps Bio, l’Agence Bio organise les Rencontres nationales de la Bio, le 8 juin 2011. Ce grand rendez‐vous destiné aux professionnels se tiendra au Ministère de l’Agriculture, de l’Alimentation, de la Pêche, de la Ruralité et de l’Aménagement du Territoire, 78, rue de Varenne, Paris 7ème.

Voir le programme complet du Printemps Bio 2011.

Qui a tué l'écologie ? de Fabrice Nicolino

Qui a tué l'écologie de Fabrice NicolinoFabrice Nicolino a sorti récemment un livre qui fait grand bruit dans le microcosme politico-écolo : "Qui a tué l’écologie ?" (Editions Les liens qui libèrent -février 2011). Ce journaliste, notamment auteur de Pesticides, révélations sur un scandale français et de  »Bidoche, l’industrie de la viande menace le monde », est un écologiste engagé depuis des décennies dans le combat pour la vie sur terre. Il appelle à un sursaut historique, seul capable de nous aider à faire face à la crise écologique qui arrive, qui est déjà là. Il signe là un pamphlet vif et brillant contre cette nouvelle écologie douce c’est à dire molle et sirupeuse inaugurée par le Grenelle de l’environnement. Eteindre la lumière derrière soi, fermer l’eau du robinet, trier ses poubelles, c’est très bien mais ce n’est pas avec ça que l’on va résoudre les immenses problèmes environnementaux… Osons parler d’un avachissement de la pensée critique et des ses principaux hérauts associatifs, osons parler d’une véritable mystification ou d’une mascarade alors que la destruction du monde continue et s’accélère…

Ce livre déplait, parce qu’il décrit ce qu’est devenu le mouvement écologiste, celui des salons dorés, des petits-fours, des photos de groupe devant les palais officiels. Il révèle pour la première fois l’histoire, les histoires, les coulisses. On peut donc le lire comme un roman vrai, un polar implacable, rempli de personnages aussi étonnants qu’Anton Rupert, l’un des véritables fondateurs du WWF International. Mais, bien au-delà, l’acte d’accusation vise la "bande des quatre" qui s’est laissé abuser par les ruses et les risettes de l’Etat français, Nicolas Sarkozy, Jean-Louis Borloo et Nathalie Kosciuski-Morizet en tête. Certes, il existes de nombreuses différences entre le WWF, Greenpeace, la Fondation Hulot et France Nature Environnement (FNE). Mais au total, le bilan est désastreux. Alors que les mêmes clament que la planète est en perdition – et elle l’est -, ils préfèrent compromis, tapes dans le dos et décorations. Qui a tué l’écologie ? ne se contente pas de poser une question, mais y répond. C’est donc un cri d’espoir. Et un appel majeur.

Nos enfants nous accuseront, le livre

Nos enfants nous accuseront, le livreNos enfants nous accuseront, est sorti en livre en février 2011 (Editions alternatives – février 2011), après le succès du film de Jean-Paul Jaud, égalemnt disponible en DVD.

Revenant sur les constats alarmants mis au jour dans son film éponyme, Jean-Paul Jaud dresse ici un tableau saisissant des dangers multiples qu’entraînent pour notre santé et notre environnement les modes actuels de culture et de production alimentaire : augmentation des cancers, du diabète, de la stérilité, pollution des sols, des nappes phréatiques, de l’air, disparition d’espèces végétales, animales, d’écosystème dans leur intégralité… Mais au-delà de ce catalogue terrifiant et nauséeux, il nous invite, au travers de l’expérience menée et filmée dans la cantine bio d’un village du Gard, à refuser tout défaitisme et à s’engager au quotidien pour faire que l’irréparable n’advienne pas.

Jean-Paul Jaud est né en 1946. Après des études de cinéma, il travaille pour la télévision où, dit-il, il attrape le virus du direct. Il met notamment cette passion au service du sport, inventant un nouveau concept de tournage pour les retransmissions sportives (football, rugby), et de la mode. À partir de 1992, il réalise en parallèle des documentaires sur le terroir, dans les collections Quatre saisons en France. Il se consacre au cinéma depuis 2005 et dirige la société J+B Séquences avec son épouse Béatrice Jaud.

Anne-Laure Murier est journaliste depuis plus de quinze ans, elle cultive un éclectisme rédactionnel de la presse à l’édition. Société, voyage, santé ou environnement, ses collaborations traversent un large pannel de la presse française. Elle a aussi été la rédactrice en chef d’un bimestriel pour le compte de l’Association française contre les myopathies (AFM/Téléthon) et a cosigné La Génétique humaine et vous (2001), Mieux vivre grâce à la médecine chinoise (2007), 1000 questions-réponses pour comprendre le monde (2007), Combien ça coûte (2009) et Les Derniers hommes libres (2009).

La Semaine du développement durable 2011 du 1er au 7 avril 2011

Semaine du développement durableLa Semaine du développement durable 2011 se tiendra du 1er au 7 avril 2011, dans toute la France, à l’initiative du ministère du Développement durable pour qui c’est l’occasion d’inviter les entreprises, les associations, les services publics, les collectivités et les établissements scolaires à promouvoir les principes du développement durable.

Le thème de 2011 est clair : "Changeons nos comportements !". Les changements de comportements mis en œuvre par tous et dans tous les domaines seront mis à l’honneur, et il faudra inciter chacun à adopter des comportements plus responsables. En 2010, près de 3 700 participants ont répondu à l’appel à projets.

Consultez le programme de la Semaine du développement durable qui auront lieu près de chez vous.

Pas d'accord européen pour interdire la viande clonée

La législation actuelle dans l’Union Européenne qui autorise la viande clonée va rester en vigueur, après 3 ans de négociations et malgré les préventions des consommateurs, en raison de l’incapacité des gouvernements et du Parlement européens à trouver un compromis aujourd’hui sur la manière de la proscrire.

La proposition de législation européenne concernant ce sujet très sensible allait dans le sens d’une interdiction, mais les tractations "ont pris fin sans accord" entre les États de l’UE et le Parlement, a annoncé la présidence hongroise de l’UE dans un communiqué. Cela signifie concrètement que les règles actuellement en vigueur, qui ne prévoient aucun encadrement spécifique de la commercialisation de la viande clonée en Europe et datent de 1997, restent en place.

La proposition d’interdiction est abandonnée. La Commission européenne, qui a l’initiative législative dans l’UE, peut certes proposer un nouveau texte, mais "cela pourrait prendre des années" pour qu’un nouveau projet se concrétise, a prévenu la présidence hongroise.

Un consensus existait en vue de proscrire la viande d’animaux directement clonés. De toute façon, les animaux d’élevage clonés, tels que les taureaux et les porcs, ne sont pas destinés à finir en steaks ou en tranches de jambon car ils coûtent trop chers (jusqu’à 100.000 euros pour un taureau) : ils servent à la reproduction. La controverse portait sur l’encadrement de la commercialisation de la viande de leur descendance.

Les députés européens ont d’abord demandé que l’interdiction de la commercialisation porte jusqu’à la cinquième génération de descendance d’un animal cloné. Ils ont ensuite proposé un système de traçabilité avec étiquetage obligatoire pour la viande de tous les animaux procréés par des bêtes clonées, afin de le signaler aux consommateurs. Les Etats ont jugé cette option irréaliste. Ils n’étaient disposés à introduire un tel étiquetage que pour la viande bovine. Un accord n’a pu être trouvé.

Le Parlement a tenté d’obtenir une solution "trompeuse" qui aurait abouti dans les faits à l’obligation d’établir "un arbre généalogique pour chaque tranche de fromage ou de salami", a déclaré le ministre hongrois du Développement rural, Sandor Fazekas. "Cela aurait donné un sentiment erroné de sécurité aux consommateurs" car une traçabilité totale et sur plusieurs générations de la descendance de tous les animaux clonés importés est aujourd’hui impossible, a-t-il ajouté.

L’Europe aurait été contrainte de facto pour l’imposer d’interdire les importations de viande d’Argentine, du Brésil ou d’Amérique du Nord, "risquant de nous entraîner dans une guerre commerciale totale", a-t-il estimé. Ce n’est pas l’avis du Parlement européen. Ses négociateurs ont accusé les gouvernements de "ne pas écouter l’opinion publique" et les consommateurs. "Dans la mesure où l’opinion publique est très largement opposée au clonage à but alimentaire, un engagement à étiqueter tous les produits issus de bêtes clonées était un minimum", ont déploré Gianni Pittella et Kartika Liotard dans un communiqué.

"Une partie des Etats ont joué la rupture, comme les Britanniques, car ça les arrange de pouvoir importer des semences clonées sans contrôle", a quant à elle accusé l’eurodéputée française Corine Lepage dans un entretien avec l’AFP. "Tout cela va avoir pour conséquence une méfiance des consommateurs à l’égard de la viande", a-t-elle averti.

Des écologistes en politique de Erwan Lecoeur

Des écologistes en politique de Erwan LecoeurCes jours ci sort le livre d’Erwan Lecoeur "Des écologistes en politique" (Lignes de Repères Éditions – mars 2011) autour de la question ancienne : faut-il politiser l’écologie ou écologiser la politique ?

Question ancienne, mais réponses nouvelles, nous dit Erwan Lecoeur, dans son ouvrage écrit avec la participation des leaders écologistes José Bové, Daniel Cohn-Bendit, Cécile Duflot et Corinne Lepage. Car le paysage politique a radicalement changé, pour au moins trois grandes raisons : • Les écologistes ne sont plus des "nains politiques" : ils ont su rassembler trois millions de voix en juin 2009, faisant la preuve de leur force de frappe électorale potentielle. • La montée du populisme, partout en Europe et notamment en France avec le FN de Marine Le Pen, oblige à reconsidérer l’approche de la présidentielle de 2012, mais aussi le face-à-face entre ces deux “challengers” en politique. • Enfin, les projecteurs de l’actualité la plus chaude sont braqués – entre autres – sur la question du nucléaire, emblématique des combats écologistes.

Replongeant dans la genèse de l’écologie politique depuis 40 ans en la replaçant dans son contexte et s’appuyant sur la participation de grands leaders écologistes, l’auteur montre à quelles conditions l’écologie politique peut, cette fois, concrétiser les espoirs suscités dans l’opinion. Et la question d’une candidature écolo à la présidentielle, qui focalise aujourd’hui toutes les attentions, n’est peut être pas l’alpha et l’oméga de l’écologie politique de demain…

Erwan Lecoeur est sociologue et politologue. Ses activités professionnelles d’études et de conseils dans le domaine de la communication politique et de la sociologie se font en parallèle d’une activité de recherches sur l’extrême droite, la communication et les médias, ou l’écologie politique.

Souscription de Greenpeace pour son futur navire, le Rainbow Warrior III

Rainbow Warrior 3Greenpeace lance une souscription pour financer une partie de son futur navire, le Rainbow Warrior III. Ainsi, les internautes peuvent mettre de 1 à 7.000 € en acquérant symboliquement l’une des 400.000 pièces mises en vente (valeur globale de près de 7 millions d’€) : d’un simple écrou (1 €) à un mètre carré de voile (20 €), un hublot (300 €) ou un désalinisateur, la pièce la plus chère (7.000 €). Le nom des souscripteurs sera inscrit dans la salle de conférence du bateau.

Ce nouveau "Rainbow Warrior" sera "le premier bateau construit sur mesure" pour Greenpeace : il est actuellement assemblé sur un chantier naval de Brême (Allemagne) pour une mise à flot prévue à l’automne 2011. Ce navire "100% écologique" et "taillé pour l’action" coûtera 22 millions d’euros.

Un site internet pour la souscription du Rainbow Warrior III a été mis en ligne. Déjà plus de 30% des éléments mis en vente ont trouvé acquéreurs.

Il est bon de rappeler, comme l’a fait Greenpeace que : "Lancé en 1978, le premier Rainbow Warrior a été coulé par les services secrets français le 10 juillet 1985 dans le port d’Auckland, en Nouvelle-Zélande" ; "son successeur, le Rainbow Warrior II, après plus de trente ans de bons et loyaux services, a droit à un repos bien mérité".

Notre poison quotidien de Marie-Monique Robin – Arte le 15 mars 2010

Notre poison quotidien de Marie-Monique RobinFort du succès du livre Le monde selon Monsanto, (100 000 exemplaires vendus et 16 éditions internationales), Marie Monique Robin sort son nouveau livre : Notre poison quotidien (ARTE éditions / La Découverte) le 10 mars 2011. Notre poison quotidien est une démonstration minutieuse, ardue parfois, mais implacable.

Parallèlement, le DVD sortira le 16 mars 2011, mais sera diffusé en avant-première sur ARTE, mardi 15 mars 2011 à 20 h 40.

Selon l’Organisation mondiale de la santé, l’incidence du taux de cancer a doublé au cours des trente dernières années (déduction faite du facteur de vieillissement de la population). Durant cette période, la progression des leucémies et des tumeurs cérébrales chez l’enfant a été d’environ 2 % par an. Et l’OMS constate une évolution similaire pour les maladies neurologiques (Parkinson et Alzheimer) et auto-immunes, ou pour les dysfonctionnements de la reproduction. Comment expliquer cette inquiétante épidémie, qui frappe particulièrement les pays dits "développés" ?

C’est à cette question que répond Marie-Monique Robin dans ce nouveau livre choc, fruit d’une enquête de deux ans en Amérique du Nord, en Asie et en Europe. S’appuyant sur de nombreuses études scientifiques, mais aussi sur les témoignages de représentants des agences de réglementation – comme la Food and Drug Administration (FDA) américaine ou l’Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) -, elle montre que la cause principale de l’épidémie est d’origine environnementale : elle est due aux quelque 100 000 molécules chimiques qui ont envahi notre environnement, et principalement notre alimentation, depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale. Pour cela, l’auteure retrace le mode de production des aliments, depuis le champ du paysan (pesticides) jusqu’à notre assiette (additifs et plastiques alimentaires). Elle décortique le système d’évaluation et d’homologation des produits chimiques, à travers les exemples des pesticides, de l’aspartame et du Bisphenol A, et montre qu’il est totalement défaillant et inadapté. Surtout, elle raconte les pressions et les manipulations de l’industrie chimique pour maintenir sur le marché des produits hautement toxiques. Et elle explore les pistes permettant de se protéger en soutenant ses mécanismes immunitaires par… la nourriture, ainsi que le démontrent de nombreuses études scientifiques (décriées par l’industrie pharmaceutique).

Marie-Monique Robin, journaliste et réalisatrice, est lauréate du Prix Albert-Londres (1995). Elle a réalisé de nombreux documentaires – couronnés par une trentaine de prix internationaux – et reportages tournés en Amérique latine, Afrique, Europe et Asie. Elle est aussi l’auteure de plusieurs ouvrages, dont Voleurs d’organes, enquête sur un trafic (Bayard), Les 100 photos du siècle (Le Chêne/Taschen) et Le Sixième Sens, science et paranormal (Le Chêne). À La Découverte, elle a déjà publié : Escadrons de la mort, l’école française (2004, 2008), L’École du soupçon (2006) et, en coédition avec Arte-Éditions, le best-seller Le monde selon Monsanto (2008, 2009).

Cri d'alarme pour préserver l'avenir de la filière photovoltaïque

Energie solaire à développerSeize organisations environnementales, de la Fondation Nicolas Hulot au Syndicat des énergies renouvelables (SER) en passant par le WWF, Enerplan (filière des entreprises du photovoltaïque), ou encore le Comité de liaison des énergies renouvelables (Cler), ont lancé un cri d’alarme lundi au sujet de l’avenir de la filière photovoltaïque, avertissant que "la France ne doit pas devenir le pays du soleil couchant".

"Dans quinze jours au plus tard, si rien ne change, 25.000 emplois, créés dans la foulée d’une rupture écologique et économique majeure – le Grenelle de l’Environnement- seront mis en péril, plusieurs milliers seront supprimés à très court terme". "Le gouvernement souhaitait légitimement réguler et encadrer le coût pour la collectivité du développement du solaire photovoltaïque. Mais le projet actuel met en grave danger une filière naissante dont la crise de croissance, réelle, méritait un traitement adapté". "Le manque de vision de l’extraordinaire potentiel énergétique et industriel du photovoltaïque pour notre pays risque de conduire à des décisions lourdes de conséquences". "Nous demandons solennellement au gouvernement de réaffirmer son ambition pour la filière en amendant dans un sens constructif le projet de texte lors de son examen par le Conseil supérieur de l’énergie le 2 mars prochain, et en ouvrant rapidement, dans l’esprit du Grenelle de l’Environnement, le chantier d’un "plan solaire photovoltaïque" ambitieux et bénéfique pour tous".

Il y a une semaine, le Premier ministre François Fillon a présenté les nouvelles règles du jeu devant régir le développement du photovoltaïque en France avant même le 9 mars, fin du moratoire décidé début décembre. Ce dernier avait été lancé pour calmer l’emballement autour de cette nouvelle énergie développée, selon lui, grâce à des "panneaux de piètre qualité" importés de Chine, "dans des conditions environnementales et urbanistiques très rudimentaires".

Pour la suite, Fillon s’est engagé à au moins tripler, d’ici à la fin 2012, la capacité de production du parc français de panneaux photovoltaïques tout en annonçant une baisse de 20% du tarif de rachat de l’électricité solaire.

Les fondations Hulot et Arthus-Bertrand manquent de transparence

Un rapport parlementaire sur la gouvernance et le financement des associations et des fondations pour la protection de la nature pointe du doigt les fondations environnementales, notamment celles de Nicolas Hulot ou de Yann Arthus-Bertrand, qui manquent de transparence : en effet, "des liens troubles" existent avec "les grandes entreprises qui les financent".

Les deux députés, Geneviève Gaillard (PS) et Jean-Marie Sermier (UMP) n’ont relevé "aucun dysfonctionnement ni aucune faute" mais "s’interrogent" sur le statut de ces fondations, présentées comme des "associations sans adhérents". Ils écrivent : "Des liens troubles existent avec les grandes entreprises qui les financent, voire qui siègent à leur conseil d’administration – certaines directement concernées par les politiques publiques en matière d’environnement".

"Dans une fondation comme celle de Nicolas Hulot, L’Oréal et EDF sont des financeurs importants. Est-ce que, quand on a un financement important à travers une société éminente, on a toute la liberté pour prendre position dans l’intérêt général ?", s’est interrogé M. Sermier lors de la présentation du rapport à la presse. EDF est une entreprise de pointe dans le secteur nucléaire. Dès lors, comment interpréter, par exemple, la position très mesurée de Nicolas Hulot sur l’énergie nucléaire ? Quant à L’Oréal, elle est classée parmi les groupes de cosmétiques dont les produits font l’objet de test sur les animaux. De la même façon, comment expliquer le soutien de Yann Arthus-Bertrand, président de la Fondation GoodPlanet, à la candidature du Qatar pour le Mondial-2022 de football alors que le pays a payé la traduction en arabe de de son film Home. Les députés se disent aussi interpellés par la présence, au conseil d’administration de la fondation GoodPlanet, d‘"un membre du gouvernement en exercice" en la personne du ministre de la Défense Alain Juppé, qui y avait été nommé avant son retour au gouvernement à l’automne.

"Il est extrêmement important que les contours des actions soient clairement définies entre les uns et les autres", souligne M. Sermier. Les deux députés formulent 18 recommandations visant principalement à garantir l’indépendance et la transparence des organisations de défense de l’environnement, tout en estimant qu’elles "fonctionnent bien, sont transparentes et extrêmement contrôlées".

Manger peut-il nuire à la santé ? – 16 février 2011 à 22h55 sur France 3

"Manger peut-il nuire à la santé ?", c’est le documentaire réalisé par Eric Guéret, proposé mercredi 16 février 2011 à 22h55 sur France 3. Il s’agit d’une enquête, à la fois scientifique et de terrain, qui s’intéresse à la fabrique alimentaire, et plus particulièrement à cinq filières d’aliments parmi les plus consommés en France : porc, saumon, pomme, tomate et pain. Sur les différents sites de production, la journaliste Isabelle Saporta a glané les preuves de la malbouffe : des molécules chimiques, adjuvants, vitamines de synthèse chinoises, colorants, pesticides, antibiotiques, dioxines, se retrouvent dans notre assiette. Malgré ces conclusions inquiétantes, Isabelle Saporta propose aussi des conseils pour mieux consommer et dresse le portrait d’éleveurs ou d’artisans boulangers qui offrent des produits de qualité. Ouf !

A ne pas rater non plus le 16 février 2011, mais à 20 h 40 : The Age of the Stupid diffusé sur Planète ! En attendant, regardez le préambule de cette enquête…

L'écologie en bas de chez moi de Iégor Gran

L'écologie en bas de chez moiIegor Gran sort un livre intitulé "L’écologie en bas de chez moi" (éditions POL – février 2011), qui pourrait bien faire grincer des dents, par son cynisme, son côté absurde voire grotesque. Il dénonce ainsi les dérives dogmatiques et commerciales du "tout écolo". Rien d’étonnant, puisque ce provocateur avait obtenu, le grand prix de l’humour noir pour son livre ONG ! en 2003, sur les milieux associatifs, les universitaires et l’humanitaire. Déjà, son premier roman sur la bureaucratie, "Ipso facto", était gratiné…

Voici résumé en quelques mots ce livre qui veut dénoncer "l’intégrisme écolo" : Un voisin durable, c’est un voisin qui trie ses déchets et me surveille pour que j’en fasse autant. Une amitié durable, c’est une amitié où l’on ne met pas en danger l’avenir de la planète, même en paroles. On évite d’aborder les sujets qui fâchent. On gobe le discours moralisateur avec le sourire. On accepte l’opportunisme marchand en ouvrant son portefeuille. On se garde de penser sans gourou, sans nounou. On se retient. Ce livre raconte comment je ne me suis pas retenu.

On l’aura compris, Iegor Gran n’est pas un écolo et fustige les écolo-responsables qui lui gâchent son quotidien : il ne trie pas ses déchets, n’a que faire de la compensation carbone, n’est ami ni avec Yann Arthus-Bertrand ni avec le commandant Cousteau.

Ceci étant, le fait de mettre le doigt sur l’aubaine qu’ont vu les politiques dans la défense de l’écologie, la poule aux oeufs d’or que sont devenus les films et photos de Yann Arthus-Bertrand, ou le greenwashing que les grosses sociétés ont développé en matière de communication, c’est un bon point. En effet, il faut aussi savoir raison garder, des fois, et remettre les pendules à l’heure, notamment quand on voit comment, au travers d’une pub, Areva tente de nous faire croire que le nucléaire est propre !

Une campagne choc de France Nature Environnement

Campagne pub FNEDès aujourd’hui, la campagne du FNE (France Nature Environnement) s’étendra sur les murs du métro parisien, l’occasion pour l’association, à quelques jours du salon de l’agriculture, d’alerter les citoyens sur les dégâts provoqués par cette agriculture intensive peu respectueuse de notre environnement, notamment au travers de trois fléaux majeurs que sont les importations d’OGM, les algues vertes et les pesticides.

Au delà d’un coup de poing médiatique, c’est aussi l’occasion de proposer des solutions et d’ouvrir un dialogue. Notre agriculture est malade. Nous importons des OGM pour alimenter notre bétail alors que nous nous interdisons d’en cultiver et que le consommateur n’en veut pas. Des tonnes de lisier, issues des déjections des élevages industriels , provoquent, en augmentant le taux de nitrates dans l’eau, des marées d’algues vertes. L’emploi massif de pesticides dangereux contribue au déclin des abeilles et des autres pollinisateurs. La France est le 1er consommateur européen de produits phytosanitaires.

Depuis l’impulsion du Grenelle, la situation se dégrade. Il paraît que "l’environnement, ça commence à bien faire." Le rôle du FNE est d’alerter l’opinion.

Six visuels ont été réalisés dont un homme pointant un épi de maïs sur sa tempe, afin de rappeler que le pari sur les OGM, a priori inoffensifs, s’apparente à une partie de roulette russe. Un steak étiqueté "100% naturel" barré des deux mots "Gros Menteur" ou l’expression "Arrêtez Vos salades" figurant sur la carte postale, déprimante, d’une plage recouverte d’algues vertes. Les deux autres affiches évoqueront les dangers que représentent certains pesticides pour les abeilles….

16/02/2011 : La RATP a refusé de mettre en place trois affiches devant la pression de certaines fédérations – semble-t-il la FNSEA – qui ont menacé de troubler l’ordre public en arrachant ces affiches. Déjà, avant le lancement de la campagne, les fédérations interprofessionnelles porcine et bovine avaient saisi la justice pour empêcher l’affichage de deux visuels.