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Accueil » Transport » Aéroport Notre-Dame des Landes : pourquoi le combattre ?

Le Premier Ministre actuel, qui a été maire de Nantes de 1989 à 2012, Jean-Marc Ayrault, semble s’arc-bouter sur ce projet de Notre-Dame-des-Landes ou « aéroport du Grand-Ouest » avec le soutien de l’UMP locale, le conseil général et régional, la chambre de commerce et bien sûr Vinci le concessionnaire, comme un gosse qui ne veut pas lâcher son jouet, alors que ce projet est vieux de plus de quarante ans et qu’il ne répond plus aux besoins actuels.

On parle parfois de jusqu’au-boutistes défendant leur pré carré, d’écolos radicaux, de décroissants altermondialistes squatteurs de tous les combats, mais en réalité, il s’agit surtout de citoyens de tous horizons politiques, soucieux d’une bonne gestion des deniers publics (360 millions d’euros minimum d’investissement public) et farouchement opposés à laisser le lobby des géants du BTP défendre leurs intérêts économiques.

L’Acipa, l’Association Citoyenne Intercommunale des Populations concernées par le projet d’Aéroport de Notre Dame des Landes, s’attache à monter que ce projet est un cas d’école de ce qu’il ne faut plus faire. Le site des occupants de la ZAD (Zone d’Aménagement Différé ou Zone À Défendre) territoire prévu pour la construction du futur aéroport de Notre-Dame-des-Landes, propose également une actualité très riche contre le projet.

Le CEDPA (Collectif d’élus doutant de la pertinence de l’aéroport) regroupant écologistes, Front de Gauche, NPA, MoDem, une moitié de locaux, une moitié de nationaux, est mené par Françoise Verchère, ancienne maire de Bouguenais, commune où est situé l’actuel aéroport de Nantes-Atlantique, conseillère générale Front de Gauche. Leur credo est : « ni ici ni ailleurs, c’est un projet inutile ». Ces élus ont fait faire une analyse indépendante par le cabinet hollandais CE Delft, connu pour ses études d’impact économique des grands projets et il s’avère qu’en 50 pages, la Déclaration d’utilité publique (décret du 9 février 2008) du projet d’aéroport est démontée, concluant : « L’optimisation de Nantes-Atlantique apparaît plus génératrice de richesses pour la France que la construction d’un nouvel aéroport à Notre-Dame-des-Landes. C’est de la spoliation. »

2000 ha de terres agricoles bocagères d’une biodiversité exceptionnelle sont menacées pour construire un aéroport sur des zones humides !… Les actes d’expropriation que reçoivent les agriculteurs sont attaqués : les indemnités proposées aux propriétaires sont de 16 centimes par m2, alors que l’un d’eux a acheté son terrain 24 centimes par m2 en 1977 !! Michel Tarin, agriculteur à la retraite, engagé depuis le début contre l’aéroport, réaffirme que Nantes a vocation à rester une plateforme régionale, comme Toulouse, Lyon ou Marseille. La France, compte déjà 147 aéroports dont 14 dans le Grand-Ouest, pourquoi un quinzième alors que l’aéroport d’Angers flambant neuf est quasi désert, que des compagnies aériennes stoppent progressivement leurs dessertes régionales déficitaires pour se recentrer sur Paris ?

Certains disent que le survol de Nantes est dangereux actuellement ; certes, mais si on veut interdire les survols, il faudra fermer Toulouse, Marseille, Paris… Des pilotes de ligne fournissent des arguments aux opposants : ni relief ni météo particulièrement sensibles à Nantes-Atlantique ; La capacité de la piste : l’actuelle permet d’absorber 35 avions par heure, alors qu’il n’y en a que 10 à 12 actuellement ; La capacité du terminal peut aller jusqu’à 4,1 millions de passagers, il y en a pour l’instant 3,2 millions par an ; Les parkings : il y a un manque à Nantes-Atlantique, mais il pourrait en être construit en extension de bâtiment ; Le réseau reliant à l’aéroport : les voies de chemin de fer s’arrêtant à 150 mètres de Nantes-Atlantique, et le terminus du tram à 1 km, pourraient être prolongés.

Bien évidemment, la libération de terrains dans la partie sud-ouest de l’agglomération (aéroport actuel) répond surtout à une logique de spéculation immobilière puisque c’est notamment le groupe Vinci, qui aura le droit de construire de nouveaux quartiers sur les terrains libérés…

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